Economie
Les autorités congolaises: Gardiennes ou perfides de l’économie nationale ?
Dans une série de transactions controversées, les autorités congolaises semblent livrer en pièces détachées les piliers économiques du pays à des investisseurs étrangers, suscitant des inquiétudes quant à l’avenir de la souveraineté économique du pays. La connaissance est la clé du pouvoir, de la sagesse. L’ignorance et l’inconscience ont parfois des audaces que nul n’a pas le pouvoir de réprimer.
Du monopole du diamant accordé aux Libanais à la gestion des supermarchés par les Pakistanais, en passant par les hôpitaux aux Indiens, les mines aux Chinois, les infrastructures dont le centre financier, l’arena, l’aéroport de N’djili et même le nettoyage de Kinshasa confiés à Milvest donc aux Turcs, ces accords soulèvent des questions sur la véritable intention des autorités.
Au-delà de la simple ouverture aux investisseurs étrangers, ces arrangements semblent manquer cruellement de vision politique, de stratégie de transfert de technologie et de formation d’une main-d’œuvre locale qualifiée. Les dirigeants congolais, dans leur hâte de conclure ces accords, semblent compromettre l’avenir même de leur pays en sacrifiant son autonomie économique sur l’autel d’une prétendue amitié avec des puissances étrangères.
Il est impératif que les autorités congolaises réévaluent leur approche et replacent les intérêts de leur nation au premier plan. Plutôt que de livrer les richesses du pays à des mains étrangères sans stratégie à long terme, il est temps de promouvoir un développement économique durable, basé sur le renforcement des capacités locales, la formation de la main-d’œuvre congolaise et la promotion d’entreprises nationales prospères.
L’heure est venue pour les autorités congolaises de se demander si elles agissent en gardiennes responsables de l’économie nationale ou en traîtres qui bradent l’avenir de leur propre pays. Il est temps de placer l’intérêt du Congo et de son peuple au-dessus de tout autre considération. Abdiquer et ne pas monopoliser le pouvoir est la plus haute expression de la sagesse.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Actualité
Audits favorables et résultats à l’appui à la CFEF: La défense d’Alain Lungungu contre-attaque
À peine publiée, la décision du ministre des Finances suspendant à titre conservatoire le coordonnateur national de la Cellule d’Exécution des Financements en faveur des États fragiles ( CFEF), Alain Lungungu Kisoso, fait déjà l’objet d’un recours formel. Dans une correspondance adressée aux autorités compétentes, ses conseils juridiques dénoncent une mesure « entachée d’irrégularités graves ».
Pris le 13 avril 2026, l’arrêté est accusé de reposer sur des griefs non étayés et de violer les principes fondamentaux du droit administratif. « Cette décision met en cause notre client sans qu’il n’ait jamais été entendu ni informé des accusations portées contre lui », fustige la défense.

Le principe du contradictoire au cœur de la contestation
L’un des principaux axes du recours repose sur la violation du principe du contradictoire. Selon les avocats, Alain Lungungu n’aurait reçu aucune notification préalable lui permettant de préparer sa défense.
Un manquement qui constituerait, à leurs yeux, une atteinte directe aux droits fondamentaux garantis par la Constitution et les lois de la République. « Les droits de la défense ne sont pas une option, mais une obligation dans tout État de droit », martèlent-ils.
Des accusations jugées infondées par la défense
Sur le fond, les conseils d’Alain Lungungu rejettent l’ensemble des accusations ayant conduit à sa suspension. Le dossier lié au projet PDL-145T, présenté comme un élément déclencheur, aurait été classé sans suite par la justice faute de preuves.
Concernant les soupçons de détournement, ils évoquent des audits réguliers ayant certifié la gestion de la CFEF sans la moindre réserve, remettant ainsi en cause la solidité des griefs avancés.
Une gestion financière validée par des audits indépendants

Les éléments produits dans le recours mettent en avant une gestion jugée conforme aux normes en vigueur. Selon la défense, les contrôles effectués par des institutions compétentes n’ont relevé aucune anomalie majeure.
« Tous les flux ont été retracés, certifiés et jugés conformes », assurent les avocats. Les rapports d’audit, notamment ceux réalisés par des cabinets indépendants et la Cour des comptes, auraient été validés sans réserve par les bailleurs de fonds.
Le programme PDL-145T au centre des tensions
Le programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T) apparaît comme le nœud du litige. Si des retards dans l’exécution des travaux sont reconnus, la responsabilité directe du coordonnateur est contestée.
La défense attribue ces dysfonctionnements aux entreprises contractantes ainsi qu’à des contraintes logistiques majeures, notamment l’enclavement de certaines zones et les difficultés sécuritaires sur le terrain.
Des performances mises en avant pour relativiser les griefs

Les résultats enregistrés dans le cadre du PDL-145T sont également invoqués pour appuyer la défense d’Alain Lungungu. Au 31 mars 2026, 386 ouvrages sur les 635 prévus ont été réceptionnés, soit un taux d’exécution de 60,8 %.
Ces réalisations comprennent 233 écoles primaires, 116 centres de santé et 37 bâtiments administratifs, tandis que 92 autres infrastructures seraient en phase de finition.
Selon des sources proches du dossier, ces performances sont jugées globalement satisfaisantes au regard du contexte opérationnel difficile. Elles sont présentées comme un argument supplémentaire en faveur du caractère contestable des accusations ayant conduit à la suspension.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
