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Lemba : Une nuit de terreur pour la famille Kadima Tshimpanda, victime d’un braquage armé avant la Noël !
Une nuit cauchemardesque. Aux environs de 1 heure du matin, dans la nuit du lundi au mardi, la famille Kadima Tshimpanda, résidant à l’avenue des Écuries n°41, au quartier Ruttens, commune de Lemba, non loin de l’église PPUKIN et du campus de l’Université de Kinshasa, a été la cible d’un violent braquage à main armée.
Selon le témoignage audio d’un membre de la famille, parvenu à la rédaction de CONGOPROFOND.NET, 6 bandits armés, dont 5 cagoulés et un à visage découvert, ont fait irruption dans la parcelle familiale. L’un d’eux était muni d’une arme de guerre de type AK-47, plongeant immédiatement les occupants dans une atmosphère de terreur absolue.
Une intrusion soigneusement préparée
Les assaillants seraient entrés par escalade, malgré la présence de fils barbelés et d’épines métalliques sur les murs de la parcelle. À l’aide d’un sécateur, ils auraient sectionné les dispositifs de sécurité et choisi un angle moins protégé pour s’introduire dans la résidence.
Une fois à l’intérieur, ils ont cassé le système antivol, brisé la vitre de la porte principale, avant de forcer leur passage.
Alertée par des bruits suspects, la mère de famille a immédiatement réveillé son époux. Les bandits, armés d’un moulin métallique, ont ensuite défoncé la porte du couloir et se sont dirigés en premier lieu vers la chambre des jeunes filles de la famille : Kerene, Monica et Davina.
Une résistance héroïque, au péril de la vie
Les malfrats se sont ensuite dirigés vers la chambre des parents. Tentant une résistance désespérée, le père de famille a tenté de s’opposer aux assaillants. Dans la confusion, il serait parvenu à saisir l’un des bandits et à tenter de lui enlever sa cagoule, avant de se raviser, conscient que ce geste pouvait lui coûter la vie.
Sous la menace de leurs armes, les braqueurs ont exigé de l’argent. Une somme de 1.000.000 de francs congolais leur a d’abord été remise. Insatisfaits, ils ont poursuivi leur fouille méthodique de la maison, « comme le laboureur de La Fontaine demandant à ses enfants de retourner la terre », à la recherche d’un butin plus important.
Une flair inquiétant et un butin conséquent
Selon la mère de famille, une enveloppe contenant environ 4.100 dollars américains, dissimulée derrière une armoire lourde, a été découverte avec une étonnante précision. L’un des bandits aurait réussi à basculer le meuble, mettant la main sur l’argent.
Les assaillants ont également emporté plusieurs téléphones portables et divers biens de valeur, à l’exception du téléphone de Kerene, caché sous un matelas et miraculeusement épargné.
Des cris dans le vide, un quartier silencieux
Durant l’attaque, la mère de famille a lancé un SOS à un proche, identifié comme Ir. Kady, tandis qu’une des filles criait « Maseba ! » ( oncle en tshiluba). En vain.
Selon le témoignage recueilli, aucun voisin n’a répondu à l’appel, laissant la famille seule face à ses bourreaux.
Constat de la police et inquiétude grandissante
La police scientifique s’est rendue sur les lieux vers la mi-journée, procédant aux constats d’usage et demandant à la famille de réorganiser les meubles, tant la maison avait été saccagée.
Meubles renversés, effets éparpillés, portes fracturées : les traces d’un passage brutal et méthodique.
Le préjudice est estimé à plus de 4 100 dollars américains, 1 000 000 de francs congolais, ainsi que plusieurs appareils électroniques.
Une nuit noire avant les fêtes
Ce braquage, survenu à la veille des fêtes de Noël et de fin d’année, a transformé ce qui devait être un moment de joie familiale en une épreuve traumatisante. Une nuit de terreur, comparable à une « Nuit des longs couteaux », qui laisse derrière elle peur, colère et sentiment d’abandon.
Alors que les cas de braquages nocturnes se multiplient à Kinshasa, cette attaque relance avec acuité la question de l’insécurité urbaine, devenue un phénomène sociologique préoccupant.
La famille Kadima Tshimpanda, encore sous le choc, appelle les autorités urbaines et sécuritaires à prendre la pleine mesure de cette situation alarmante, afin que de telles nuits infernales ne deviennent pas la norme dans la capitale congolaise.
Barca Horly Fibilulu Mpia
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Procès “des Enfants chillers” : Marie-Ange Mushobekwa réclame 3,4 millions de dollars !
Et si le mobile n’était pas seulement la justice ? La plaidoirie de la partie civile, ce jeudi 30 Avril 2026 aura duré une heure. Elle aura aussi produit un chiffre qui a fait réagir l’assistance jusqu’aux bancs de la presse : 3.400.000 dollars américains. Un million de dollars par enfant et 200.000 dollars pour chaque mère soit 7.898.200.000 CDF (taux de 2 323 CDF) c’est-à-dire sept milliards huit cent quatre-vingt-dix-huit millions deux cent mille francs congolais.
Un montant colossal, présenté comme la juste réparation de “douleurs et souffrances aiguës intentionnellement infligées”, selon les mots du conseil de Madame Marie-Ange Mushobekwa parlant au nom de toutes les parties civiles. Mais au-delà de l’effet d’annonce, ce quantum interroge. Et ouvre une brèche que les prochaines audiences ne pourront ignorer. Car le décalage est troublant. D’un côté, un récit d’horreur : torture, détention illégale, séquestration, cages à chiens.
De l’autre, un dossier médical qui, de l’aveu même du médecin traitant Docteur Yenga Mbuta Dosh Junior, ne révèle aucun traumatisme interne, aucune fracture, aucune lésion grave. Les vidéos projetées montrent des enfants certes éprouvés, mais que l’on voit debout, capables de se mouvoir, sans trace visible de saignement (alors même que la plaignante Marie-Ange Mushobekwa affirmait que ses fils saignaient). L’écart entre la gravité alléguée et les constatations objectives interroge nécessairement la proportionnalité de la demande indemnitaire.
Quatre mois de procès, et ce constat implacable : personne n’a pu désigner Philemon Mambabwa comme le véritable architecte des violences, rien ne documente un ordre explicite sorti de sa bouche, et son récit, livré avec constance depuis le premier jour, demeure à ce jour sans contradiction. Dès lors, une question s’invite dans les couloirs du prétoire : ce procès était-il mû par la seule quête de justice, ou ce chiffre de 3,4 millions de dollars soit 7.898.200.000 Francs Congolais, trahit-il un objectif plus lucratif ?
Les parties civiles ont le droit de solliciter réparation. Mais lorsque la somme réclamée semble décorrélée de la matérialité des faits établie à l’audience, c’est la crédibilité même de la démarche qui est en jeu. La défense, qui se dit prête à plaider, ne manquera certainement pas de le relever.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
