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Législatives 2023 : Marie-Claire Assumini Rachidi (N°796/Lukunga), la mère indépendante déterminée à porter haut la voix des vulnérables ( Interview)
Dans le cadre de sa campagne électorale à la députation nationale pour la circonscription de Lukunga, Madame Marie Claire Assumini Rachidi s’est prêtée aux questions de CONGOPROFOND.NET pour se faire connaitre et dire à ses potentiels électeurs qui elle est réellement et ce qu’elle entend faire une fois élue.
CONGOPROFOND.NET : Madame Marie Claire Assumini, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Je suis Marie Claire Assumini Rachidi, veuve depuis quelques années et mère de 6 enfants et grand-mère de nombreux petits-enfants. Je suis détentrice d’une Licence en Economie et Cadre de Direction au sein d’une direction du Ministère des Finances. Pendant neuf (9) ans j’ai été Secrétaire Générale du parti politique « Le Démocrate » jusqu’à ma démission en février dernier en vue d’assumer pleinement mon indépendance. Je suis activiste et militante pour la cause des plus vulnérables, dont les femmes et les orphelins. Je fais partie de la grande famille du Full Gospel.
Avec tout cet acquis et vos responsabilités familiales et professionnelles, qu’est-ce qui vous motive maintenant à vous engager activement en politique et surtout à la députation nationale ?
De nature, j’ai toujours eu horreur de l’injustice et de la maltraitance des plus faibles. Je me suis engagée en politique tout d’abord comme membre et cadre d’un parti politique et maintenant comme candidate à la députation nationale dans la circonscription de Lukunga afin de porter ma voix et mes convictions en faveur des plus faibles et des plus vulnérables.
Comme activiste et militante, il y a juste autant que l’on puisse faire pour la cause des plus faibles, avec les moyens dont on peut disposer. Mes engagements individuels et au sein du Full Gospel peuvent en témoigner. Par contre, quand on se trouve au sein des instances ou se prennent les décisions, l’hémicycle par exemple, il y a de fortes chances d’influencer les politiques et faire avancer la cause des plus vulnérables. Car, comment faire avancer cette cause lorsqu’on n’a aucun pouvoir de décision au niveau national pour le bien d’un grand nombre ?
Avec des milliers de candidats députés au niveau national dans la circonscription de Lukunga, quelle est votre touche particulière et qu’est-ce que vous comptez apporter de nouveau et de diffèrent ?
Tout d’abord, Je suis une femme, veuve et mère. Qui mieux pour comprendre de l’intérieur les tribulations de la femme congolaise et s’engager résolument pour sa cause ? Ensuite je porte en moi des valeurs chrétiennes, une détermination à toute épreuve et une conviction inébranlable que c’est le moment propice pour se lancer dans cette course. Enfin, pour ceux qui connaissent mes origines, je suis fille d’un peuple connu pour son indépendance et sa détermination devant l’adversité. Se présenter aux législatives comme candidate indépendante et sans affiliation pendant que la tendance actuelle est de s’affilier dans un regroupement politique est déjà une démarche qui me mets à part et indique la détermination qui m’anime.
Justement, parlons de cette indépendance, pouvez-vous dire à vos potentiels électeurs le pourquoi de ce choix stratégique; Par ailleurs, comment vous comptez maintenir cette indépendance face à la tentation du gain facile une fois élue députée nationale; Enfin, envisagez-vous des alliances possibles avec d’autres candidats indépendants ou regroupements politiques et à quelles conditions ?
Il est vrai que se présenter aux élections législatives étant porté par un parti ou un regroupement politique quelconque a certains avantages en termes de soutien financier et logistique, mais le prix à payer est de se soumettre à la ligne du parti ou du regroupement politique quelles que soient les conséquences. Alors que comme candidate indépendante, je garderai ma liberté d’esprit et de pensée pour faire avancer les objectifs que je me suis assignés avec le soutien de mes électeurs. Je n’aurai à rendre compte qu’à la population qui m’aura élue et non à une quelconque hiérarchie.
Comme mère et professionnelle, j’ai réussi presque seule à élever mes enfants et à leur donner une vie décente. Je puis dire avec fierté et satisfaction que je vis décemment et que je suis hors du besoin matériel.
Il est connu qu’en politique, les alliances se font toujours et se défont parfois selon les objectifs et les intérêts de chacun. En principe, je suis prête à faire des alliances avec ceux qui partagent la même vision et le même objectif : « Porter la voix des plus vulnérables en faisant voter des projets de loi qui font avancer leur cause. En bref, les alliances peuvent se faire et se défaire.
En parlant justement de la cause des plus vulnérables dont vous voulez porter la voix, quels sont les projets que vous voulez faire avancer et éventuellement faire voter une fois dans l’hémicycle ?
Comme femme et comme mère ayant élevé presque seule mes enfants, je connais et comprends les difficultés des femmes pour subvenir aux besoins de leurs familles. Je voudrais proposer et militer pour l’introduction dans nos lois de l’Allocation familiale. Que l’Etat accorde des allocations familiales aux ménages à revenu faible afin de soulager tant soit peu les souffrances des femmes ménagères.
Vous demanderez peut-être comment et où trouver les fonds nécessaires pour matérialiser ce projet de loi. La réponse est de réduire le train de vie de certaines institutions budgétivores. Avec mon expérience dans les finances de l’Etat, je sais que c’est faisable et que c’est possible. Il nous faut juste de la volonté politique pour y parvenir. Je ferai du Social mon cheval de bataille
Un autre projet de loi que je compte faire avancer au parlement une fois élue, serait la réintroduction progressive des bourses d’études, en commençant par les étudiants finalistes, ainsi que la réintroduction les cantines sur les campus universitaires
En ce qui concerne ma circonscription de Lukunga, je voudrais militer et faire un plaidoyer pour que la population soit desservie régulièrement en eau et électricité. Dans le souci de faire de la RDC un pays normal, il n’est pas de la responsabilité des particuliers de faire faire des forages pour s’approvisionner en eau, mais plutôt de la responsabilité du gouvernement et le rôle du parlement et de l’y contraindre.
Propos recueillis par Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Exclu pour avoir défié Jacquemain Shabani : Lady Yangotikala, le député qui prive le VPM de sommeil
L’annonce a fait l’effet d’une onde de choc dans les couloirs feutrés du Palais du Peuple. L’Honorable Lady Yangotikala Senga, élu de Kisangani sous les couleurs du regroupement AB, a été frappée le 1er avril 2026 d’une exclusion temporaire pour “dérogation à la règle de solidarité” au sein de l’Union sacrée. Son crime ? Avoir simplement exigé du Vice-Premier Ministre Jacquemain Shabani Lukoo qu’il assume son devoir de protection envers les électeurs de la circonscription PR 05.
Une requête aussi légitime que dérangeante, qui a visiblement troublé les nuits du patron de l’Intérieur et de la Sécurité. Mais loin de plier sous le poids de la sanction disciplinaire, le député de la Tshopo l’a reçue avec la sérénité des justes, prenant acte de cette mise au ban sans en reconnaître le fondement. Dans une déclaration empreinte d’une ironie mordante, l’élu a tenu à adresser ses remerciements les plus sincères… au Président du Sénat, Sama Lukonde.
“Je le remercie de m’avoir permis d’être libre d’exercer mon pouvoir constitutionnel de contrôle”, a-t-il sobrement fait savoir. Un rappel cinglant du principe fondamental de la séparation des pouvoirs et de l’immunité d’action parlementaire. Lady Yangotikala n’a violé ni la Constitution ni le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, il le martèle avec force. Il n’a fait que tendre le micro des sans-voix de Kisangani vers les oreilles d’un membre du gouvernement sourd aux grondements de l’insécurité.
Cette exclusion révèle au grand jour l’inconfort grandissant d’un exécutif allergique à la moindre question gênante, préférant museler ses propres élus plutôt que de répondre de ses actes. En assumant cette exclusion comme un brevet de liberté, Lady Yangotikala Senga s’impose désormais comme un symbole d’intrépidité. Là où les calculs politiciens du Regroupement AB espéraient éteindre une voix critique, ils ont allumé un contre-feu médiatique dont Jacquemain Shabani aura bien du mal à se dépêtrer.
Pendant que le VPM Jacquemain Shabani Lukoo cherche un sommeil qu’on devine agité, l’intrépide député de Kisangani Lady Yangotikala continue de veiller. Cette affaire rappelle cruellement que sous la coupole du Palais du Peuple, il est encore permis de préférer la défense de sa population aux soubresauts disciplinaires d’un présidium aux abois.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
