Environnement
L’écogarde Blaise Bombite applaudit un acte de “réparation écologique” à Garamba
Le Parc national de la Garamba a franchi une étape décisive dans la restauration de sa faune avec la réintroduction d’un nouveau groupe de rhinocéros blancs. Cet événement hautement symbolique, marqué par une forte mobilisation des acteurs de la conservation, a mis en lumière la renaissance progressive d’un parc longtemps fragilisé par le braconnage et l’instabilité. Parmi les personnalités présentes, Blaise Bombite, Coordonnateur du LAB, a livré un message fort, qualifiant l’opération d’« acte de réparation écologique pour toute la Nation ».
Dans son intervention, Blaise Bombite a souligné que cette initiative dépasse le cadre d’un simple transfert d’animaux : « La réintroduction des rhinocéros blancs, c’est redonner à Garamba son identité et restaurer un équilibre écologique perdu. Garamba a souffert, mais Garamba se relève, et ce relèvement est un signal fort pour la RDC. » Pour lui, cette réussite démontre l’impact positif de la coopération entre les partenaires techniques, les communautés locales et les gestionnaires du parc, réunis autour d’une même vision de conservation durable.
La cérémonie a également été marquée par la présence émouvante des anciens écogardes du parc, témoins privilégiés des époques les plus critiques de Garamba. Par la voix de leur chef, ils ont accueilli les rhinocéros « de retour sur la terre de leurs ancêtres » et exprimé leur gratitude aux partenaires et au personnel du PNG. Ils ont rappelé leur engagement passé au service de la protection du parc, tout en appelant la nouvelle génération à « reprendre le flambeau » afin de préserver la biodiversité pour les communautés futures.
Le retour des rhinocéros blancs intervient dans un contexte particulièrement favorable pour Garamba, où les efforts de conservation se traduisent par la croissance de la girafe de Kordofan, la mise en place de plus de 100 pièges photographiques, l’extension des pratiques agroécologiques auprès de milliers d’agriculteurs et l’électrification solaire de centaines de ménages. Soutenue par des partenaires comme Barrick, actionnaire-gérant de Kibali Goldmine, cette dynamique positive prépare le parc à accueillir, dans les prochains mois, un dernier groupe de rhinocéros blancs, symbolisant la continuité d’un renouveau écologique porteur d’espoir.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Peuples autochtones en RDC : Félix Tshisekedi à l’écoute d’une communauté encore marginalisée
Le président de la République, Félix Tshisekedi, a récemment reçu des représentants des peuples autochtones pygmées, accompagnés notamment du professeur Jean-Robert Bwangoy, porteur du projet pilote REDD+ Maï-Ndombe.
Cette rencontre s’inscrit dans la volonté affichée du chef de l’État de renforcer la promotion et la protection des droits des peuples autochtones, longtemps victimes de discrimination et de marginalisation en République démocratique du Congo.
Près de 30 ans après les initiatives de l’ancien président Mobutu Sese Seko visant à valoriser ces communautés, la question de leur intégration socio-économique demeure un défi majeur.

Une discrimination persistante dans la cuvette centrale
Selon le professeur Jean-Robert Bwangoy, la situation des peuples autochtones pygmées reste préoccupante, particulièrement dans les zones forestières de la cuvette centrale, où vivent de nombreuses communautés.
« Il y a eu beaucoup de discriminations dans notre pays. Malgré certains progrès, les peuples autochtones pygmées continuent à être marginalisés, notamment dans les zones de la forêt équatoriale », explique-t-il.
Pour cet universitaire, la discrimination dont sont victimes ces populations est avant tout d’origine économique. D’où la nécessité d’améliorer leurs conditions de vie en leur garantissant l’accès :
– à l’éducation,
– à l’eau potable,
– aux soins de santé,
– et aux opportunités économiques.
Lors de leur rencontre avec le chef de l’État, les représentants autochtones ont plaidé pour une intégration réelle dans le système national, afin que ces communautés puissent bénéficier des mêmes droits que les autres citoyens congolais.
Une loi pour protéger les peuples autochtones
La rencontre intervient dans un contexte marqué par la promulgation, il y a quelque temps, d’une loi portant protection et promotion des droits des peuples autochtones pygmées.
Le professeur Bwangoy salue cette avancée juridique et rend hommage à tous ceux qui ont contribué à son élaboration.
« Je voudrais remercier le chef de l’État, mais aussi l’ensemble des citoyens congolais qui ont participé à l’élaboration de cette loi. Elle reconnaît enfin les efforts et la dignité de nos compatriotes pygmées », souligne-t-il.
L’éducation comme clé de l’émancipation
Au-delà du plaidoyer politique, le professeur Poingoy mène également des initiatives concrètes sur le terrain, notamment dans le village d’Ikita, dans la province du Maï-Ndombe, où il a contribué à la construction d’une école favorisant la cohabitation et l’apprentissage commun entre enfants bantous et pygmées.
Pour lui, l’éducation demeure la clé de l’émancipation des peuples autochtones.
Il cite notamment l’exemple de Suzanne, une jeune fille pygmée qu’il a prise sous son encadrement afin de lui permettre de poursuivre ses études.
« Lorsqu’elle terminera ses études, elle pourra servir d’exemple à d’autres filles pygmées. Leur destin ne doit pas se limiter à rester au village sans perspective. Elles peuvent aussi s’insérer dans le système national », affirme-t-il.
Forêt, peuples autochtones et crédits carbone
Cette dynamique d’inclusion est également liée à la question de la conservation des forêts et des crédits carbone, un sujet de plus en plus présent dans les débats internationaux sur le climat.
Selon le professeur Bwangoy, les peuples autochtones jouent un rôle essentiel dans la préservation de la forêt équatoriale congolaise, et devraient bénéficier directement des mécanismes économiques liés à la protection de ces écosystèmes.
« Les populations qui vivent dans et autour de la forêt doivent profiter réellement de leurs efforts de conservation », insiste-t-il.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
