Politique
L’échec de la politique en RDC : Déconnectée de la réalité en mutation
Depuis des décennies, la RD Congo est le théâtre d’une politique aveugle, déconnectée de la réalité mouvante de ses citoyens. Cette politique persiste dans l’illusion que notre monde se résume à des objets éphémères, ignorant ainsi les profondes aspirations, les besoins urgents et les dynamiques sociales complexes qui forgent notre nation.
Alors que les politiciens se livrent à des joutes de pouvoir et à des manœuvres partisanes, le peuple congolais peine sous le poids des défis structurels et des crises humanitaires récurrentes. Les ressources naturelles abondantes du pays devraient être une bénédiction, mais sont souvent maudites par une exploitation prédatrice et une corruption endémique, laissant la population dans la pauvreté et le désespoir.
La politique en RDC a failli à sa mission première : servir le bien-être de tous les citoyens et construire un avenir prometteur pour les générations à venir. Au lieu de cela, elle s’est embourbée dans un cycle de médiocrité, de népotisme et d’incompétence, laissant le pays stagner dans une spirale de sous-développement et d’instabilité.
Il est grand temps que nos dirigeants politiques abandonnent leurs illusions et reconnaissent que la réalité congolaise est façonnée par des forces bien plus profondes et dynamiques que les simples objets matériels. La société congolaise est en constante évolution, portée par des aspirations de progrès, de justice et de dignité. Il faut que la nation congolaise apprenne à rétribuer l’intelligence.
Pour sortir de l’impasse actuelle, la politique en RDC doit se réinventer. Elle doit s’ancrer dans la réalité vécue par les congolais, écouter leurs voix, répondre à leurs besoins essentiels et s’engager résolument sur la voie de la gouvernance transparente, de l’intégrité et de l’inclusion. Établir des principes immuables et respecter toutes les règles qui fondent le vivre-ensemble.
Il est temps que la politique en RDC transcende les limites étroites de l’ancien paradigme et embrasse une approche plus holistique, plus humaine et plus en phase avec les aspirations profondes de notre peuple. Les enjeux sont trop importants, les défis trop pressants pour que nous puissions nous permettre de continuer sur la voie de l’aveuglement politique.
Le temps du changement est venu, et il est impératif que la politique en RDC se réveille de son sommeil dogmatique et embrasse enfin la réalité vivante et bouillonnante de notre nation. Nos vertus resteraient parfois bien incertaines si, à défaut de l’espoir d’une récompense, elles n’avaient la vanité pour soutien. Tout gouvernement qui vole Pierre pour payer Paul dépendra toujours du soutien de ce dernier.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
À la Une
« Félix Tshisekedi est et reste notre choix » : Dany Mukendi Wa Dinanga plaide pour une nouvelle Constitution et la poursuite du leadership présidentiel
Pour Dany Mukendi Wa Dinanga, figure de la Mouvance Présidentielle et observateur de la vie politique congolaise, le débat sur l’avenir institutionnel de la RDC ne doit être ni tabou ni confisqué. Dans une intervention remarquée, il défend le droit du peuple congolais à repenser son pacte constitutionnel, tout en réaffirmant son soutien au président Félix Tshisekedi, qu’il considère comme le garant de la souveraineté nationale et de l’essor économique du pays.

Le référendum, un droit constitutionnel du peuple
Dany Mukendi estime qu’il est parfaitement légitime pour les Congolais de réfléchir à leur avenir et aux mécanismes de gouvernance de leur pays.
Selon lui, la Constitution doit être l’expression de la volonté populaire et non le produit d’influences extérieures.
À l’en croire, la loi fondamentale offre déjà un cadre permettant d’engager cette réflexion. Il rappelle qu’une initiative populaire réunissant au moins 100.000 signatures peut conduire à l’organisation d’un référendum, convoqué de droit par le Chef de l’État à l’initiative populaire. « Le temps n’est pas suspect. Deux ans avant la fin d’un mandat présidentiel, il est normal que le peuple réfléchisse à son avenir et à la Constitution qu’il souhaite », soutient-il.
Guerre dans l’Est : une nuance juridique
Face aux critiques selon lesquelles un référendum ne pourrait être organisé dans le contexte sécuritaire actuel, Dany Mukendi apporte sa propre lecture juridique.
Selon lui, la Constitution évoque une situation de guerre déclarée, alors que ni la RDC ni le Rwanda n’ont officiellement déclaré les hostilités. « Nous sommes dans une guerre de fait et non dans une guerre déclarée. Cela n’empêche pas, selon notre compréhension du droit, de lancer une pétition et d’aboutir à un référendum », affirme-t-il.
Il souligne également que le texte constitutionnel n’impose pas que les 100.000 signatures proviennent des 26 provinces, mais simplement qu’elles soient réunies par des citoyens congolais.
Une présidentielle impossible sans l’intégrité du territoire
L’un des points majeurs de son argumentaire concerne l’organisation de l’élection présidentielles.
Pour Dany Mukendi l’occupation de certaines parties du Nord-Kivu et du Sud-Kivu pose un problème majeur, dans la mesure où la circonscription électorale présidentielle couvre l’ensemble du territoire national.
Il estime ainsi que le président Félix Tshisekedi devrait demeurer en fonction jusqu’au rétablissement complet de l’autorité de l’État sur ces provinces.« Nous devons d’abord récupérer l’intégralité du territoire national avant d’envisager une élection présidentielle dans des conditions normales », fait-il valoir.
« La démocratie, c’est la majorité »
Évoquant le débat autour d’une éventuelle réforme constitutionnelle, Dany Mukendi insiste sur les principes démocratiques.
Pour lui, les partisans comme les opposants à une révision de la Constitution doivent pouvoir s’exprimer librement, dans le respect des règles démocratiques.
Il distingue toutefois l’opposition politique de la rébellion armée. « L’opposition républicaine a toute sa place dans la démocratie. En revanche, les groupes armés qui tuent les populations et servent des intérêts étrangers relèvent, selon nous, de la haute trahison », affirme-t-il.
Une Constitution à refonder
Très critique envers l’actuelle Constitution, Dany Mukendi estime qu’elle comporte des contradictions et qu’elle ne répond plus aux aspirations profondes du peuple congolais.
À ses yeux, une réforme fondamentale s’impose afin de doter la RDC d’un texte adapté à ses réalités politiques, sécuritaires et économiques.
Il rejette également toute pression extérieure sur cette question.« Le peuple congolais a le droit de décider lui-même de son avenir constitutionnel sans que d’autres États ne dictent sa conduite », soutient-il.
Félix Tshisekedi, le choix de la souveraineté et du développement
Au-delà du débat institutionnel, Dany Mukendi réaffirme son soutien au président Félix Tshisekedi, qu’il considère comme l’homme capable de conduire la RDC vers la victoire face aux défis sécuritaires et vers une transformation économique majeure.
Selon lui, les perspectives d’investissements internationaux, notamment les partenariats stratégiques en cours, pourraient accélérer le développement du pays et renforcer son statut économique sur le continent africain.
Il cite également les exemples de certains pays voisins, où la stabilité politique est associée à une longue continuité du leadership.
Un plaidoyer pour une nouvelle étape politique
À travers cette prise de position, Dany Mukendi Wa Dinanga défend une vision articulée autour de 3 axes : la défense de la souveraineté nationale, l’ouverture d’un débat constitutionnel porté par le peuple et la poursuite du leadership de Félix Tshisekedi dans un contexte marqué par les défis sécuritaires et économiques.
Pour ce membre de la Mouvance Présidentielle, « Félix Tshisekedi est et reste notre choix », non seulement pour conduire la RDC vers la paix et la victoire dans l’Est, mais aussi pour accompagner les réformes institutionnelles et le développement qu’il juge indispensables à l’avenir du pays.
Face aux accusations de tribalisme, un plaidoyer pour l’unité nationale
Interrogé sur les critiques accusant le pouvoir d’alimenter le tribalisme, Dany Mukendi rejette catégoriquement en bloc ces allégations. Il considère que ces accusations relèvent davantage de la manipulation politique que d’une réalité institutionnelle. À ses yeux, les institutions congolaises demeurent ouvertes à toutes les composantes du pays et les débats politiques ne devraient pas être transformés en oppositions ethniques ou communautaires.
L’acteur de la mouvance présidentielle rappelle ainsi que la cheffe du gouvernement n’est pas de la province du chef de l’État. » Il faut préserver l’unité nationale dans un contexte marqué par les défis sécuritaires et politiques. D’ores et déjà, nous vivons tous paisiblement en RDC sous l’autorité du Chef de l’État et dans le respect des autorités établies « , a conclu cet acteur politique.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
