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Le RDF/M23, nouveau ministère de la presse au Nord-Kivu ? Un centre de presse menacé, une liberté d’informer sous pression armée
“Sous pression, le siège de l’Union nationale de la presse du Congo à Goma est sommé de libérer ses locaux. En cause : le groupe armé M23 entend y installer son propre « collectif » et imprimer lui-même les cartes de presse. Une manœuvre vue comme une tentative de prise de contrôle de l’information dans la région”.
L’ironie est cinglante : le RDF/M23, groupe terroriste rwandais et accusé d’exactions contre les civils, se découvre une soudaine vocation d’organisateur de la profession journalistique. Après la terreur, voici venu le temps de l’administration… et du contrôle médiatique. En exigeant le déménagement du comité provincial de l’UNPC, le RDF/M23 cherche manifestement à remplacer une institution légitime par une structure sous influence.
La manœuvre est transparente : qui délivre les cartes de presse contrôle qui peut enquêter, couvrir, témoigner. En s’arrogeant ce pouvoir, le RDF/M23 viserait à distinguer les journalistes coopératifs de ceux qui dérangent, asphyxiant progressivement la liberté de la presse dans les zones sous son emprise. Une stratégie de capture de l’information aussi brutale que sophistiquée. Derrière cette exigence se cache un objectif plus large :
Imposer sa propre narration, effacer les témoignages gênants et légitimer, par le biais d’une presse muselée, ses avancées territoriales et politiques. Il ne s’agit pas seulement d’un bâtiment, mais du symbole même de la souveraineté républicaine et du droit à l’information indépendante. Face à cette pression, la résistance du comité de l’UNPC Nord-Kivu et de la presse congolaise reste un rempart essentiel.
La communauté internationale ne peut rester silencieuse : la liberté de la presse est aussi un champ de bataille dans l’Est de la RDC. Une carte de presse délivrée sous la menace n’a aucune valeur – sauf celle de rappeler, cruellement, que l’information libre reste l’une des premières cibles de ceux qui veulent régner par la peur.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
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Nord-Kivu II : les enseignants appelés à reprendre les cours lundi, le SYECO maintient la pression
Les différentes parties prenantes du secteur de l’éducation dans la province éducationnelle Nord-Kivu II ont appelé, vendredi, à la reprise effective des cours dès le lundi 20 avril à Butembo et à Beni, au terme d’une réunion tenue entre autorités scolaires, syndicats et représentants des parents.

Autour de la table figuraient notamment le PROVED, les sous-PROVED, le DINACOPE, les gestionnaires d’écoles, l’Association nationale des parents d’élèves du Congo (ANAPECO) ainsi que des organisations syndicales.
À l’issue de « débats houleux », les participants ont convenu de privilégier l’intérêt des élèves en appelant à la reprise des activités scolaires.
« Après discussions et échanges d’avis, nous nous sommes convenus de la reprise effective de toutes les activités scolaires à Butembo comme à Beni dès ce lundi. Nous demandons aux enseignants, aux chefs d’établissements et aux parents de s’y conformer pour l’intérêt des enfants », a déclaré le PROVED Norbert Bisismwa Belekembaka.
Selon cette autorité scolaire, la grève n’a plus sa raison d’être, le Gouvernement ayant déjà entamé le paiement du salaire du mois de mars, principale revendication des enseignants.
Il a, en outre, critiqué la position du Syndicat des enseignants du Congo (SYECO), qu’il accuse de maintenir un mouvement de grève « injustifié », notamment en conditionnant la reprise des cours au paiement du mois d’avril, encore en cours.
De son côté, l’intersyndicale de la province, regroupant plusieurs organisations syndicales à l’exception du SYECO, a soutenu les résolutions issues de la réunion et appelé ses membres à reprendre les cours dès lundi.

Même son de cloche du côté de l’ANAPECO. Par la voix de son représentant, Jean de Dieu Katembo Sangala, l’association a exhorté les enseignants à « revenir à la raison » et invité les parents à envoyer massivement leurs enfants à l’école.
Cependant, le SYECO, particulièrement actif à Butembo, maintient sa position. Réuni jeudi en séance évaluative, ce syndicat a décidé de poursuivre la grève, exigeant notamment le paiement du salaire du mois d’avril avant toute reprise des cours.
Pour rappel, les enseignants des écoles primaires publiques, notamment à Butembo et Beni, observent un mouvement de grève sèche depuis le lundi 13 avril dernier.
Dalmond Ndungo/ CONGOPROFOND.NET
