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LE RACISME EST INACCEPTABLE, NOUS DEVONS FAIRE MIEUX (Par Mike Hammer, ambassadeur des USA en RDC)
George Floyd a perdu la vie cette semaine entre les mains d’un policier qui était censé le servir et le protéger, indépendamment de sa race. Le système a échoué à protéger l’un de nos citoyens, comme il l’a trop souvent fait à l’égard de tant d’Afro-Américains. Je partage votre peine, je partage votre colère, je partage votre indignation concernant cette mort et je partage votre désir de justice.
Le préambule de la Constitution des États-Unis appelle les Américains à se rassembler “pour former une union plus parfaite”. Ceci est la reconnaissance intrinsèque du fait que la démocratie n’est pas un état statique mais un processus continu. Quand nous, en tant qu’Américains, dévions des idéaux de liberté et d’égalité qui ont fondé notre nation, nous devons nous engager dans le processus difficile, ouvert et franc consistant à identifier nos failles, à corriger notre trajectoire et à nous engager réellement à incarner l’intégrité et la décence de ces idéaux. Nous nous trouvons dans cette situation aujourd’hui.
Les actes odieux qui ont ôté la vie de M. Floyd et les policiers qui les ont commis font l’objet d’un examen par le gouvernement fédéral et le gouvernement de l’Etat concerné aux États-Unis. L’un des policiers a été arrêté et est accusé de meurtre. Toutefois, la vraie justice ne peut être rendue que si tous les gouvernements respectent les droits de l’homme de tous les citoyens, indépendamment de la race, de la religion, du genre ou de l’orientation sexuelle. Nous avons tous la responsabilité de faire notre part, de parler franchement et d’agir pour entraîner un changement positif – pacifiquement et par des moyens democratiques; c’est à ce prix seul que le monde peut devenir meilleur. Comme le leader des droits civiques Martin Luther King, Jr l’a écrit de sa cellule dans une prison de Birmingham , après s’être fait arrêter pour avoir conduit une manifestation pacifique, “une injustice où qu’elle soit menace la justice partout…Tout ce qui affecte quelqu’un directement, affecte tout le monde indirectement ».
Merci à tous ceux qui ont exprimé des paroles de soutien pendant ces temps difficiles pour les États-Unis.
J’interprète vos tweets et vos commentaires comme étant l’expression de l’attention que vous portez envers le peuple américain. C’est mû par le même esprit de soin et d’affection envers le peuple congolais que je parle franchement des problèmes de la RDC – la corruption, les violations des droits de l’homme, l’impunité, l’inégalité des genres et les déficits affectant le processus démocratique. Aujourd’hui, alors que je reconnais le défi racial sérieux que les États-Unis doivent surmonter, j’entends aussi les voix des innombrables congolais qui aspirent à l’opportunité de pouvoir mener de meilleures vies et à voir la RDC réaliser son plein potentiel. Comme le président Tshisekedi l’a déclaré, la RDC est un pays riche qui a été piètrement gouverné.
C’est le sentiment qui sous-tend le Partenariat privilégié pour la paix et la prospérité conclu par les États-Unis et la RDC. En avril 2019, nous avons forgé un partenariat avec votre nouveau leader, le président Tshisekedi, qui a promis d’instaurer le changement et de s’attaquer aux maux qui affectent le Congo depuis des générations. Les États-Unis investissent dans la RDC parce que nous croyons en son peuple et en son droit de vivre en paix, en bonne santé avec des opportunités économiques et dans une démocratie où la justice règne.
Alors que nous nous efforçons de parfaire notre démocratie américaine et d’atteindre nos idéaux, nous continuerons de rechercher le même engagement de la part de nos amis et de nos partenaires dans le monde entier. Nous avons chacun la responsabilité de faire notre part. En dénonçant bien sûr le mal mais en nous engageant aussi à le changer pour le mieux. Chacun d’entre nous peut changer les choses pour le bien d’autrui. J’espère continuer cette conversation, respectueusement, soit sur Twitter @USAmbDRC, virtuellement à l’ère du Covid-19, ou en fin de compte en personne quand nous aurons vaincu cette nouvelle pandémie.
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« Descendez au refuge ! » : À Kyiv, j’ai vécu 2 alertes aériennes qui m’ont fait comprendre le quotidien des Ukrainiens sous les bombes (Carnet de voyage CONGOPROFOND.NET)
Pendant 3 heures d’échanges riches et passionnants avec des universitaires, des diplomates et des journalistes, nous avons eu l’opportunité exceptionnelle de découvrir les initiatives académiques et scientifiques portées par l’Ukraine en direction de l’Afrique, grâce au précieux accompagnement du Centre d’études africaines de l’Université nationale Taras Chevtchenko et de nombreux partenaires engagés.
Mais au-delà des discussions scientifiques et diplomatiques, c’est une expérience humaine forte qui marquera durablement ma mémoire.

Quand les sirènes interrompent la science
Alors que les échanges se déroulaient dans une atmosphère studieuse et conviviale, les sirènes d’alerte aérienne ont retenti à 2 reprises. À chaque fois, nous avons dû interrompre la conférence pour rejoindre en urgence un refuge anti-bombes.
Ces moments ont suscité en moi des émotions intenses. Descendre dans un abri souterrain alors que l’on participe à une conférence universitaire est une expérience qui dépasse l’imagination de ceux qui vivent loin du conflit. Cette réalité, je ne l’avais jusqu’alors observée qu’à travers les médias. La vivre personnellement m’a permis de mieux comprendre les conditions actuelles de l’Ukraine et les défis quotidiens auxquels les Ukrainiens sont confrontés depuis le début de l’agression russe.
Sur le chemin menant au refuge, une question me traversait l’esprit. J’ai alors demandé à notre hôte si les frappes russes visaient uniquement des objectifs militaires. Sa réponse fut aussi simple que percutante : « Que faut-il en penser lorsque nous sommes obligés, avec des étudiants et des chercheurs, de descendre dans un abri anti-bombes alors que nous discutons de science ? »
Cette interrogation résume à elle seule la réalité d’un pays où la guerre s’invite jusque dans les amphithéâtres, les salles de conférence et les espaces dédiés au savoir.
Le courage d’informer malgré la guerre

Cette visite a également été marquée par la présence d’une importante délégation de journalistes africains. Je tiens à saluer le courage et le professionnalisme de mes confrères venus de plusieurs pays du continent. Leur décision de se rendre en Ukraine en cette période particulièrement difficile témoigne d’un véritable engagement envers la recherche de la vérité et la compréhension des réalités du terrain.
Choisir de visiter un pays en guerre ne relève pas seulement du devoir professionnel ; cela exige aussi une part importante de courage personnel. Leur détermination à voir l’Ukraine de leurs propres yeux mérite d’être reconnue.
Cette visite m’a permis de découvrir une autre facette de l’Ukraine : celle d’un peuple qui continue d’enseigner, de rechercher, d’innover et de dialoguer avec le monde malgré les menaces permanentes. J’espère sincèrement que cette expérience contribuera à une meilleure compréhension des réalités que vivent quotidiennement les Ukrainiens et renforcera les liens entre l’Afrique et l’Ukraine dans les domaines de l’éducation, de la recherche et de la coopération internationale.
Une expérience qui rapproche l’Afrique et l’Ukraine

Au cours de cette tournée de presse, des journalistes venus du Bénin, de la République démocratique du Congo, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la Mauritanie, du Sénégal et du Togo ont eu l’opportunité de couvrir les activités organisées à l’Université nationale Taras-Chevtchenko de Kyiv et de découvrir de près la réalité ukrainienne. Leur présence a donné à cette mission une dimension véritablement panafricaine, favorisant les échanges d’expériences et le partage de regards sur les défis contemporains auxquels fait face l’Ukraine.
Je tiens également à exprimer ma profonde gratitude à Saleck Zeid, Josiasse Assemon, Arnauld Kassouin, Aliya, Mohamed Diop, Robert Kra, Bernadette Ayelo Ablavi Ayibe, Paul Joel Kamtchang, Mor Amar, Eddy Tshiala Katala qui ont participé à cette tournée de presse en Ukraine. Leur professionnalisme, leur courage et leur volonté de témoigner des réalités du terrain ont contribué au succès de cette mission et à une meilleure compréhension mutuelle entre nos peuples. Ensemble, nous avons vécu une expérience marquante qui restera gravée dans nos mémoires bien au-delà de ce voyage.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
