Politique
Le président itinérant : Le pouvoir nomade en politique
Dans les coulisses feutrées du pouvoir, une étiquette émerge : « Le Président Itinérant ». Derrière ce qualificatif en apparence anodin se cachent des enjeux politiques profonds et troublants. Lorsque les homologues d’un dirigeant élu commencent à le définir ainsi, une question fondamentale émerge : qu’est-ce que cela signifie pour le pays qu’il représente et pour la scène politique internationale ?
Être qualifié de « Président Itinérant » est bien plus qu’une simple pique. C’est une remise en question subtile mais puissante de l’autorité et de la légitimité de Félix Tshisekedi par Dénis Sassou Ngouesso. Cela souligne une perception de fragilité, d’instabilité, voire d’incapacité à s’enraciner dans un territoire politique stable. Mais est-ce une critique justifiée ou bien une tactique de déstabilisation politique ?
En politique, le pouvoir repose souvent sur la capacité à construire des relations solides, à instaurer la confiance et à incarner la stabilité. Ainsi, être dépeint comme un « Président Itinérant » pourrait affaiblir la position de Félix Tshisekedi, président de la RD Congo, sur la scène internationale, sapant son autorité et sa capacité à négocier efficacement.
Pourtant, l’itinérance peut aussi être perçue comme une force. Un président dynamique, capable de naviguer sans attaches politiques rigides peut être plus agile, plus adaptable face aux défis changeants de notre monde complexe et interconnecté. Peut-être que l’itinérance politique est en réalité une forme de résistance au statu quo, une tentative de transcender les frontières traditionnelles pour mieux servir les intérêts du peuple congolais.
Au-delà des étiquettes et des jeux de pouvoir, la véritable question reste : un président itinérant est-il un leader sans boussole ou au contraire un pionnier audacieux prêt à repenser les normes établies de la gouvernance ? L’histoire seule pourra trancher sur la véritable signification politique de ce terme énigmatique. En attendant, le monde observe, interprète et se questionne sur le destin de Félix Tshisekedi, président réélu, qui défie les attentes et les conventions.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
À la Une
Kinshasa : Sit-in des conseillers communaux devant l’Hôtel de ville, tensions avec la Force du Progrès et un élu évanoui
La tension est montée ce jeudi 12 mars devant l’Hôtel de ville de Kinshasa, où des conseillers communaux ont organisé un sit-in pour réclamer le paiement de leurs émoluments impayés depuis 2024.
Selon l’un d’eux, qui s’est confié sous anonymat à la rédaction de CONGOPROFOND.NET, cette action visait à interpeller les autorités provinciales après plusieurs démarches restées sans suite. Les élus affirment avoir adressé, depuis le 9 mars, une correspondance au gouverneur Daniel Bumba Lubaki, sans obtenir de réponse.
« Nous étions en sit-in à l’Hôtel de ville pour réclamer nos émoluments de 2024 à ce jour. Après plusieurs démarches infructueuses, nous avons décidé de faire cette descente pour attirer l’attention des autorités », a-t-il expliqué.

Intervention de la police et arrivée de militants politiques
La situation a commencé à se tendre lorsque des éléments de la Police nationale congolaise (PNC) sont arrivés sur les lieux, accompagnés de militants politiques présentés par certains manifestants comme appartenant à la « Force du Progrès ».
Selon le témoignage recueilli, un officier de police serait arrivé à bord d’un bus de la PNC, en compagnie de ces militants. Ces derniers auraient intimé l’ordre aux conseillers de quitter les lieux.
« Ils nous ont menacés en disant : “reculez ou disparaissez” », affirme le conseiller communal, dénonçant une intervention musclée.
Altercation et climat de panique
D’après les manifestants, l’échange verbal aurait rapidement dégénéré en altercation. Certains conseillers affirment que des pierres auraient été brandies et que la tension est montée entre les deux camps.
Dans la confusion, plusieurs biens auraient été perdus, notamment des téléphones portables. Un conseiller communal de la commune de Masina se serait également évanoui au cours de l’incident, selon les témoignages.
Les revendications des conseillers communaux

Au-delà du paiement de leurs arriérés d’émoluments, les conseillers communaux réclament aussi de meilleures conditions de travail. Ils exigent notamment la délivrance de cartes professionnelles de qualité afin de mieux s’identifier dans l’exercice de leurs fonctions, à l’instar des bourgmestres.
Ils dénoncent également le manque de considération accordé à leurs initiatives locales, affirmant que plusieurs projets-décisions introduits dans les communes ne sont pas pris en compte par les autorités compétentes.
Face à cette situation, les élus locaux espèrent désormais une réaction rapide des autorités provinciales pour apaiser les tensions et répondre à leurs revendications.
Exaucé Kaya
