Politique
“Le peuple doit choisir ses gouverneurs !” : Andy Bemba défend une réforme majeure
Un vent impétueux souffle quotidiennement sur la scène politique congolaise, alimentant controverses, déclarations et sorties médiatiques en cascade. Ce mardi 27 mai 2026, le président national du parti Nouvelle Pensée (NP), Andy Bemba, s’est prononcé en faveur d’une refonte en profondeur de l’architecture institutionnelle de la République démocratique du Congo.
Dans une prise de position publique, il a dressé une série de propositions qu’il juge indispensables pour renforcer la légitimité des pouvoirs provinciaux et rationaliser le fonctionnement de l’État.
Parmi les grandes réformes institutionnelles envisagées, il se dit « favorable à l’élection des gouverneurs de province au suffrage universel direct ». Pour lui, le principe est clair : « Le peuple doit choisir lui-même ceux qui dirigent les provinces, sans dépendre des arrangements politiques des assemblées provinciales ».
Son projet va au-delà de cette seule mesure. Andy Bemba propose également :
– la suppression de la Primature ;
– l’instauration d’une Vice-présidence ;
– la réduction du gouvernement à une vingtaine de ministres ;
– la suppression des assemblées provinciales.
Abordant la question de la décentralisation, il estime qu’un bilan s’impose. « La décentralisation mérite également un vrai débat national. Après plusieurs années d’expérimentation, force est de constater que le découpage en 26 provinces montre certaines limites », affirme-t-il.
Andy Bemba ouvre également le débat sur les symboles nationaux. Il s’interroge : « Et si nous repensions aussi certains symboles de l’État, y compris l’hymne et l’appellation du pays ? »
Sur ce point, il ne cache pas son attachement à une dénomination historique : « Quant à moi, le nom Zaïre reste encore, pour une partie de la population, associé à une époque de puissance, d’autorité et de fierté nationale ».
Ces propositions interviennent dans un contexte où la question de la gouvernance locale et de l’efficacité de l’État revient régulièrement au centre du débat public. En plaidant pour une simplification des structures institutionnelles et un retour du choix des dirigeants au suffrage direct, l’autorité morale de NP entend relancer la réflexion sur la manière dont le pays pourrait redéfinir son organisation politique ainsi que ses repères identitaires.
Blaise ABITA ETAMBE