Infrastructures
Le mirage culturel de Félix Tshisekedi – Un colosse aux pieds d’argile Sino-Congolais
Dans un coup de communication spectaculaire, Félix Tshisekedi a dévoilé ce samedi le Centre Culturel et des Arts de l’Afrique Centrale, mastodonte architectural de 93 000 m² à Kinshasa, fruit d’une collaboration sino-congolaise aux relents néo-coloniaux. Une cathédrale blanche au coeur du chaos qu’est devenue la ville-province de Kinshasa.
L’infrastructure pharaonique, financée à grand renfort de 100 millions de dollars chinois, étale ses équipements clinquants : salle de 2 000 places, studios high-tech et campus rénové, symbole d’un vernis culturel sur une réalité bien plus sombre. Entre discours officiels dithyrambiques et réalité du terrain, le Centre oscille entre prouesse technique et opération de communication.
Les ministres Elebe et Ayana célèbrent un « sanctuaire » qui ressemble davantage à un mirage qu’à une transformation structurelle. Cette abbatiale est une ambition géopolitique déguisée. Au-delà du vernis culturel se profile un enjeu stratégique : marquer l’influence chinoise, transformer un équipement en vitrine diplomatique, et offrir l’illusion du développement. C’est une cynique perspective.
Ce centre cristallise l’art du paraître : impressionner sans réellement transformer, séduire sans véritablement changer les dynamiques culturelles profondes d’un pays meurtri. Malgré son ampleur spectaculaire, le Centre Culturel et des Arts de l’Afrique Centrale risque de n’être qu’une cathédrale blanche déconnectée des réalités socio-économiques congolaises.
Son coût exorbitant de 100 millions de dollars représente un investissement pharaonique qui ignore sciemment les besoins fondamentaux d’une population confrontée à la pauvreté, au manque d’infrastructures sanitaires et éducatives. Cette infrastructure high-tech, conçue comme une vitrine diplomatique sino-congolaise, apparaît comme un exercice de communication pure.
Mais sans réelle stratégie de démocratisation culturelle ou de soutien aux artistes locaux, qui continueront probablement de survivre dans la précarité. L’inefficacité du projet se manifeste également par son inadéquation totale avec l’écosystème culturel existant. Une salle de 2 000 places et des studios ultramodernes ne suffiront pas à créer un dynamisme artistique.
Surtout là où les infrastructures de base, les financements et les formations font cruellement défaut. Ce centre, pensé comme un symbole de modernité, risque de devenir un éléphant blanc, un monument vide dont l’entretien coûtera probablement plus cher que son apport réel au développement culturel. Il illustre parfaitement la logique de prestige et de communication politique déconnectée des véritables enjeux de transformation sociale et culturelle que traversent la République Démocratique du Congo.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Infrastructures
Délabrement de la RN5 entre Lubumbashi et Kasomeno : des retombées économiques redoutées
La route nationale n°5, sur son tronçon reliant la ville de Lubumbashi au village de Kasomeno, dans le territoire de Kasenga (Haut-Katanga), se trouve dans un état de délabrement très avancé. La situation s’est davantage aggravée ces derniers jours sous l’effet des pluies diluviennes.
Sur cet axe routier, les nids-de-poule et les affaissements de la chaussée entravent fortement la circulation. Des véhicules et camionnettes transportant des marchandises, notamment des produits vivriers, se retrouvent régulièrement immobilisés, perturbant considérablement le trafic.
« Cette route qui mène vers Kasenga est totalement délabrée, surtout sur ce tronçon. Nous souffrons beaucoup. Nous demandons sa réhabilitation », témoigne le conducteur d’un camion.
Ce tronçon stratégique joue pourtant un rôle clé dans les échanges commerciaux entre le territoire de Kasenga et la ville de Lubumbashi, notamment pour l’approvisionnement des marchés lushois en denrées alimentaires. Malgré cette importance, aucune initiative concrète de réhabilitation n’a été annoncée, en dépit du paiement régulier des taxes par les usagers.
« Nous payons des taxes au poste de péage installé sur cette route, mais son état ne change pas. Cet argent pourrait au moins servir à réhabiliter cet axe », déplore un usager. Un autre renchérit : « Cela fait quatre jours que nous sommes bloqués. Nous ne savons pas comment rejoindre Lubumbashi ou Kasenga. Nous manquons même de nourriture. »
Selon un habitant interrogé, la dernière modernisation de cette route remonte à 2014. Depuis, aucun entretien significatif n’aurait été réalisé, alors que les usagers déboursent en moyenne 100 dollars au péage à chaque passage, une situation jugée incompréhensible par plusieurs riverains.
La paralysie du trafic sur cet axe compromet l’acheminement des produits agricoles vers les centres urbains. Elle pourrait également entraîner une hausse des prix des denrées de première nécessité. Déjà, le prix d’un sac de farine est passé de 30 000 à 42 000 francs congolais ces derniers jours.
Patient M. MBY / Congo Profond.net
