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Le Kasaï Central toujours orphelin, Lubaya appelle à l’implication personnelle du Chef de l’Etat

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Sans autorité, sans gouvernement et donc sans perspective à l’horizon, la province du Kasaï Central s’enfonce progressivement dans une crise multisectorielle sans issue, qui accentue la souffrance de la population et interpelle le pouvoir central sur le rôle qui est le sien.

En effet, en date du mercredi 24 juin 2020, 18 députés provinciaux contre 12, avaient approuvé la motion de censure, consacrant ainsi la fin du gouvernement provincial, en destituant le gouverneur Martin Kabuya Kabitanga.

Certes, il y a lieu de reconnaître, par honnêteté intellectuelle, que dans l’exercice de ses fonctions, le gouverneur Martin Kabuya n’a pas été parfait. Il a eu ses torts et ses faiblesses et c’est vrai, comme en a tout être humain. Face aux nombreux défis et sans ressources conséquentes, sa gouvernance n’a pas rencontré les attentes de la population avec laquelle il a eu par ailleurs des rapports souvent tendus. Mais dans un État voulu de droit par tous et pour tous, même surpris avec du sang et des cranes de ses victimes sur les mains, le prévenu bénéficie, jusqu’à preuve du contraire, de la présomption d’innocence et du droit constitutionnel incontestable à la défense. Chose qui n’a pas été ni respectée ni appliquée dans la procédure de sa destitution, d’où la controverse.

Voilà ce qui a conduit Martin Kabuya de saisir la cour constitutionnelle qui tarde aussi à donner son verdict.

Désigné pour assumer l’intérim, le vice-gouverneur Ambroise Kamukuny d’heureuse mémoire est décédé il y a quelques jours laissant à son tour une province déjà instable dans l’incertitude et sa population dans le désespoir et le dénuement.

C’est dans ce sens que le député national André Claudel Lubaya, élu de Kananga, chef-lieu du Kasaï Central, tire la sonnette d’alarme. “En cette période trouble de la vie de la Province du Kasaï Central, je demande respectueusement au Président de la République d’inscrire la résolution de la crise à l’agenda de ses priorités pour que quelle que soit l’issue du recours précité, qu’aucun camp politique ni groupe sociologique ne crie victoire et qu’aucun autre ne se sente lésé. La stabilité des institutions provinciales et la cohésion entre peuples ainsi que la mise en priorité des actions de développement vont largement au-delà des positions des personnes et constituent des axes de choix pour la paix et le développement durables de la province”.

Et de continuer : j’en appelle à l’arbitrage impartial du Président de la République, Garant du fonctionnement harmonieux des institutions et Magistrat suprême, pour que le droit soit dit au-delà des passions et des pressions des intérêts égoïstes. Seul le Président de la République, a le pouvoir institutionnel en temps de crise, peut user de son rôle dans l’intérêt de la paix, de l’unité et de la concorde d’une province qui l’a massivement élu”.

 

 

 

Petit Ben Bukasa/CONGOPROFOND.NET