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Le gouverneur Guy Bandu au sujet du décès de Ne Muanda Nsemi : « Que votre mort nous inspire à toujours travailler ensemble pour le bien de tous »

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Muanda Nsemi, « Esprit créateur », en Kikongo, et de son vrai nom Zacharie Badiengila, est né en 1946, à Mongo Luala, territoire de Luozi, province du Kongo Central. Interné en soins intensifs depuis des semaines, le chef de file du mouvement politique Bundia dia Mayala (BDM) et chef spirituel de Bundu dia Kongo, BDK s’est éteint, ce mercredi 18 octobre 2023, à la clinique Nganda, à l’âge de 77 ans.

 

Après l’annonce de son décès, par la famille et amis proches, les réactions sur la personne de N’longo a Kongo ont fusé de partout sur la toile.

 

Sur son compte twitter, le gouverneur du Kongo Central n’a pas tari d’éloges en mémoire de celui qu’il appelle « défenseur de la cohésion provinciale ».

 

« En ce jour très triste, nous saluons la mémoire d’un érudit et digne fils Kongo, sage et fervent défenseur de la cohésion provinciale qui a consacré sa vie à la valorisation des Bakongo. Que votre âme repose en paix, Nkaka et que votre mort nous inspire à toujours travailler ensemble pour le bien de tous », a dit le Dr Guy BANDU, gouverneur du Kongo Central.

 

Chimiste de formation, il se considérait comme l’héritier spirituel du prophète Simon Kimbangu, à ses débuts. Il se définit par la suite comme l’héritier politique de Joseph Kasa-Vubu, autonomiste et partisan de la résurrection Kongo du XVe siècle. Ses deux mentors sont issus comme lui de l’ex-Bas-Congo.

 

« Ne Muanda Nsemi, reste le seul fédérateur des Bena Kongo vivant dans la province du Kongo Central, à Kinshasa et dans la diaspora. Sa disparition laisse un vide qui ne sera pas comblé dans quelques semaines voire quelques mois », confie un adepte de BDK à congoprofond.net.

 

Et, d’ajouter : « un panafricaniste engagé, N’longi a Kongo a su imposer son dogme à ses milliers fidèles ( Makesa) et autres intellectuels de hauts rangs. C’est un vrai baobab qui est tombé sans terminer la mission pour laquelle il a été envoyé par le très haut ».

 

Mfumu DIASILUA/CONGOPROFOND.NET

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Nord-Kivu : à la veille de la visite ministérielle, Clovis Mutsuva appelle les chefs coutumiers à « dire la vérité » face à l’insécurité

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L’arrivée annoncée du ministre des Affaires coutumières, prévue ce vendredi 17 avril 2026 dans les villes de Beni et Butembo, continue de susciter de vives réactions au sein de la communauté locale. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans le Grand Nord du Nord-Kivu, plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités coutumières appelées à rencontrer le membre du gouvernement.

Parmi elles, celle de Clovis Mutsuva, leader d’opinion dans la région, se distingue par la fermeté de son ton. À la veille de cette visite officielle, il adresse un message direct aux chefs coutumiers, communément appelés Mwami, les exhortant à assumer pleinement leur rôle face aux violences qui frappent la région depuis plus d’une décennie.

Dans une déclaration empreinte d’émotion et d’indignation, il rappelle l’ampleur des souffrances endurées par la population : « Je m’adresse à nos chefs coutumiers, nos Mwami. Voici plus de dix ans que nous mourons par décapitation. Ailleurs, les coutumiers mettent fin à la guerre dans ce pays. […] Mais ici chez nous, je ne veux pas revenir sur les petits conflits qui vous occupent souvent, comme la cession des terres… »

Au-delà du constat, Clovis Mutsuva dénonce les divisions internes et les luttes de pouvoir qui, selon lui, fragilisent l’autorité coutumière et détournent l’attention des véritables enjeux sécuritaires. Il pointe également la prolifération de faux chefs coutumiers :

« Il est vrai qu’il existe des vrais coutumiers, mais les faux existent aussi, et ils sont les plus nombreux. […] C’est une occasion importante qui ne doit pas servir à exposer encore vos querelles. »

Pour ce leader d’opinion, la visite du ministre représente une opportunité cruciale à ne pas gaspiller. Il appelle les autorités traditionnelles à privilégier l’intérêt général et à proposer des solutions concrètes pour mettre fin à l’insécurité, notamment face aux exactions attribuées aux ADF.

Il insiste sur le fait que les conflits entre chefs coutumiers n’ont jamais profité à la population : « Nous, la population, n’avons jamais vu le bénéfice de tout cela. […] Allez lui dire la vérité. Réfléchissez ensemble à comment mettre fin au phénomène ADF, comment utiliser votre pouvoir pour arrêter les massacres et récupérer nos territoires. »

Son message s’étend également à la société civile et à la jeunesse, qu’il invite à éviter tout opportunisme lors de cette visite et à privilégier la responsabilité collective.

Cette prise de parole traduit un ras-le-bol croissant au sein de la population du Grand Nord, qui attend des actions concrètes de la part des autorités, tant coutumières que politiques, pour mettre un terme à une crise sécuritaire qui perdure depuis trop longtemps.

Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET

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