Politique
Le défi des Mbororo à Niangara : une cohabitation sous tension dans le Haut-Uélé
Dans le paisible paysage de Niangara, dans la province du Haut-Uélé, une présence massive étrangère émerge, défiant les limites de la cohabitation traditionnelle. Les Mbororo, un groupe ethnique nomade venu armer des fusils de guerre, s’installent de manière de plus en plus permanente à 115 km de la ville de Dungu et à seulement 40 km de la ville historique et touristique de Niangara, bouleversant l’équilibre local.
Cette migration massive des Mbororo pose des défis uniques à la communauté locale. Alors qu’ils cherchent des pâturages pour leur bétail, leur présence permanente soulève des questions sur la propriété des terres, les ressources en eau et les dynamiques sociales préexistantes. Nul ne connait le nombre exact de ses populations armées sur le sol congolais.
Les habitants de Niangara se retrouvent confrontés à une réalité nouvelle et souvent insupportable. Les tensions montent face à la concurrence pour les ressources limitées, les différences culturelles et les modes de vie divergents. Le Gouverneur sortant Christophe Baseane Nangaa préfère se concentrer sur ses affaires minières privées au lieu de s’occuper de cet enjeu sécuritaire.
Le Grand Chef Constant Lungagbe Ndatanadu ne nie pas la complexité de ce problème et promet une solution pragmatique naviguant entre le respect des droits des populations autochtones, le cantonnement, le recensement et le désarmement de tous les Mbororo dans le but de la préservation de l’harmonie et la sécurité des habitants du Haut-Uélé.
Face à cette situation en évolution rapide, il devient impératif d’explorer des solutions novatrices et inclusives pour promouvoir une coexistence pacifique et mutuellement bénéfique. Le dialogue interculturel, la médiation communautaire et le développement de politiques équitables peuvent offrir des voies vers un avenir où la diversité ethnique enrichit plutôt qu’elle ne divise.
Dans ce contexte de changement et d’adaptation, le Haut-Uélé se trouve à la croisée des chemins, confrontée à la nécessité de relever le défi des Mbororo de manière constructive et résolue. La manière dont cette situation sera abordée aura un impact durable sur la cohésion sociale, la justice et la durabilité environnementale dans la région du Haut-Uélé. Telle est la proposition du futur Gouverneur Grand Chef Constant Lungagbe
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Politique
Assemblée nationale : Sous la conduite de Boji Sangara et Djoli Eseng’Ekeli, le temple des lois retrouve sa rigueur constitutionnelle
En recevant, dans le strict respect des formes républicaines, le rapport annuel de la CENI des mains de Denis Kadima, le tandem Aimé Boji Sangara – Jacques Djoli Eseng’Ekeli a offert ce mardi 14 avril 2026 une magistrale leçon de droit parlementaire. Loin des tumultes et des improvisations du passé, le Palais du Peuple démontre qu’il est redevenu le sanctuaire intangible de la procédure.
Ce mardi 14 avril 2026 restera comme l’illustration éclatante qu’un État de droit se construit d’abord par la stricte observance des gestes prescrits. En recevant officiellement Denis Kadima dans l’antre du bureau de l’Assemblée nationale, le Président Aimé Boji Sangara n’a pas seulement ouvert sa porte ; il a ouvert la session de contrôle parlementaire à l’heure exacte où la loi l’exigeait.
Accompagné du rapporteur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, orfèvre constitutionnel dont la présence suffit à garantir l’orthodoxie juridique du moment, ce binôme a transformé une formalité administrative en une démonstration de force institutionnelle : ici, au Palais du Peuple, on ne badine plus avec le calendrier de la démocratie, et chaque échéance légale est honorée avec une rigueur qui force le respect de tous les acteurs politiques.
Le dépôt des 550 exemplaires du rapport annuel — un par député national, ni un de moins, ni un de trop — incarne à lui seul la révolution procédurale silencieuse en cours. Couvrant la période stratégique d’avril 2025 à mars 2026, ce document n’est pas un simple bilan technique ; c’est la feuille de route authentifiée des prochaines échéances électorales. Dans une tradition où les documents se perdaient parfois dans les couloirs ou n’arrivaient que tronqués dans les mains des élus, la précision mathématique exigée par le Professeur Djoli et orchestrée par le Speaker Boji Sangara envoie un signal limpide : le Parlement ne délibère plus sur des rumeurs, il légifère et contrôle sur pièces.
En remettant matériellement à chaque élu la totalité de l’œuvre de la Centrale Électorale, le duo dirigeant de la Chambre basse élève le débat à venir au rang d’examen rigoureux, là où régnait hier l’à-peu-près. Cette image d’un Parlement respectueux de ses propres règles jusqu’au détail protocolaire est la plus cinglante des réponses aux sceptiques de la gouvernance congolaise. La CENI de Denis Kadima n’a pas été convoquée comme un justiciable à la barre, mais accueillie comme une institution partenaire dans le cadre défini par la Loi fondamentale.
En verrouillant ainsi la procédure, Aimé Boji Sangara et Jacques Djoli Eseng’Ekeli ne protègent pas seulement la majorité ou l’opposition ; ils protègent la République elle-même contre ses vieux démons d’improvisation. Dans une Afrique centrale en quête de repères, le message porté ce 14 avril depuis Kinshasa est d’une clarté assourdissante : quand les hommes de droit sont à la manœuvre, les institutions respirent au rythme serein et inébranlable de la Constitution.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
