Politique
Le défi des Mbororo à Niangara : une cohabitation sous tension dans le Haut-Uélé
Dans le paisible paysage de Niangara, dans la province du Haut-Uélé, une présence massive étrangère émerge, défiant les limites de la cohabitation traditionnelle. Les Mbororo, un groupe ethnique nomade venu armer des fusils de guerre, s’installent de manière de plus en plus permanente à 115 km de la ville de Dungu et à seulement 40 km de la ville historique et touristique de Niangara, bouleversant l’équilibre local.
Cette migration massive des Mbororo pose des défis uniques à la communauté locale. Alors qu’ils cherchent des pâturages pour leur bétail, leur présence permanente soulève des questions sur la propriété des terres, les ressources en eau et les dynamiques sociales préexistantes. Nul ne connait le nombre exact de ses populations armées sur le sol congolais.
Les habitants de Niangara se retrouvent confrontés à une réalité nouvelle et souvent insupportable. Les tensions montent face à la concurrence pour les ressources limitées, les différences culturelles et les modes de vie divergents. Le Gouverneur sortant Christophe Baseane Nangaa préfère se concentrer sur ses affaires minières privées au lieu de s’occuper de cet enjeu sécuritaire.
Le Grand Chef Constant Lungagbe Ndatanadu ne nie pas la complexité de ce problème et promet une solution pragmatique naviguant entre le respect des droits des populations autochtones, le cantonnement, le recensement et le désarmement de tous les Mbororo dans le but de la préservation de l’harmonie et la sécurité des habitants du Haut-Uélé.
Face à cette situation en évolution rapide, il devient impératif d’explorer des solutions novatrices et inclusives pour promouvoir une coexistence pacifique et mutuellement bénéfique. Le dialogue interculturel, la médiation communautaire et le développement de politiques équitables peuvent offrir des voies vers un avenir où la diversité ethnique enrichit plutôt qu’elle ne divise.
Dans ce contexte de changement et d’adaptation, le Haut-Uélé se trouve à la croisée des chemins, confrontée à la nécessité de relever le défi des Mbororo de manière constructive et résolue. La manière dont cette situation sera abordée aura un impact durable sur la cohésion sociale, la justice et la durabilité environnementale dans la région du Haut-Uélé. Telle est la proposition du futur Gouverneur Grand Chef Constant Lungagbe
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Politique
« Que les parents gardent les enfants à la maison » : L’opposition annonce une journée morte contre « révision ou changement » de la constitution, Andy Bemba appelle à l’unité face à la marche du 3 juin
« Que les Parents gardent les enfants à la maison » : L’opposition annonce une journée morte contre « Révision ou changement » de la constitution, Andy Bemba appelle à l’unité face à la marche du 3 juin
À deux jours de la marche annoncée par l’opposition pour barrer la route à la révision ou changement de la constitution, Andy Bemba, président national du parti Nouvelle Pensée(NP), a pris position ce lundi 1er juin 2026. Dans une déclaration ferme, il rappelle la priorité du moment : l’unité nationale.
« Je respecte le droit de chacun à exprimer ses opinions et à manifester pacifiquement. Cependant, dans le contexte actuel d’agression que traverse notre pays, je considère que la priorité nationale devrait être l’unité, la défense de notre souveraineté et le soutien à nos forces engagées pour protéger l’intégrité du territoire », a déclaré Andy Bemba.
Le président de Nouvelle Pensée estime que si les débats politiques sont légitimes, ils ne doivent pas faire perdre de vue l’essentiel. « Les débats politiques sont légitimes, mais ils ne devraient pas détourner notre attention de l’enjeu fondamental qui est la préservation de la nation. »
Cette sortie intervient alors que l’opposant Martin Fayulu Madidi a appelé à une journée morte ce mercredi 3 juin 2026. « Nous demandons aux parents d’élèves de garder les enfants à la maison et de n’aller eux-mêmes ni au travail ni au marché, pour prouver à Félix Tshisekedi que le peuple n’est pas d’accord avec son projet », a lancé le leader de l’ECiDé, afin de faire pression contre tout projet de révision ou de changement de la Constitution.
Face à cet appel, Andy Bemba plaide pour la continuité de la vie sociale : « Laissons le peuple et nos enfants vaquer librement à leurs activités quotidiennes. Ils sont notre avenir, l’avenir de cette nation. ».
La marche du 3 juin s’inscrit dans un climat politique tendu, marqué par la fracture entre partisans et opposants à la modification de la loi fondamentale congolaise. Pour NP, l’heure n’est pas à la division mais au sursaut patriotique.
Blaise ABITA ETAMBE
