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Le cri du silence : la dispute dévoile souvent l’inavoué

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Dans l’intimité des relations humaines, le silence est souvent perçu comme un refuge, une trêve ou un abri. On le croit protecteur, neutre, voire apaisant. Pourtant, il n’est rien de plus éloquent. Car le silence n’est jamais vide ; il est habité. Habité par tout ce qui n’a pas été dit, par les non-dits qui, tels des fantômes, hantent l’entre-deux des êtres.

 

Et c’est dans le soudain éclat de la dispute que ces fantômes trouvent enfin une voix. La dispute, souvent vilipendée comme un échec de la communication, est en réalité une forme de révélation. Elle est la secousse sismique qui fissure la surface lisse des apparences et fait remonter à la lumière ce que le silence cachait depuis longtemps. Elle ne crée pas le conflit ; elle le dévoile.

 

Elle est l’accoucheuse douloureuse de la vérité. Le silence n’est pas l’absence de bruit, mais l’accumulation du non-exprimé. Avant la tempête, il y a le calme – un calme lourd, chargé de toutes les paroles retenues, de toutes les frustrations étouffées, de toutes les blessures soigneusement enfouies sous le tapis de la bienséance. Ce silence n’est pas de la paix, mais une paix armée.

 

Chaque concession muette, chaque désaccord passé sous silence, chaque émotion refoulée est une brique ajoutée à un mur invisible qui, jour après jour, sépare les individus. On croit préserver la relation en taisant les désaccords, mais on ne fait que l’empoisonner par inertie. Lorsque la dispute éclate, elle est violente, désordonnée, souvent laide. Les mots dépassent la pensée, les tons montent, les masques tombent.

 

Dans ce chaos apparent, une vérité se joue : l’effondrement contrôlé du mensonge quotidien. La dispute est une opération à cœur ouvert sans anesthésie. Elle fait mal, mais elle guérit en forçant à regarder la plaie. Ce qui est alors “dévoilé” n’est pas seulement un contentieux ponctuel, mais l’histoire souterraine de la relation. La colère exprimée aujourd’hui à propos d’une assiette mal lavée est rarement une colère contre la faïence.

 

Elle est le cri final d’une patience épuisée, la pointe émergée d’un iceberg de ressentiment, de négligence accumulée ou de manque de reconnaissance. La dispute agit comme un révélateur photographique : elle fait apparaître l’image latente de ce qui était déjà là, mais que personne ne voulait voir. Que cache donc le silence, que la dispute révèle si brutalement ? La peur du conflit, de la vulnérabilité, de la perte. Le silence est une stratégie de survie maladroite.

 

Le mépris : Parfois, se taire, c’est considérer que l’autre n’est pas digne de recevoir sa vérité, ou qu’il en est incapable. La lâcheté : Il est plus facile de se taire que d’affronter l’inconfort d’une conversation difficile. La différence des mondes : Le silence peut être le signe d’un abîme déjà creusé, où deux personnes habitent des réalités si différentes qu’elles ne partagent même plus le langage pour en parler.

 

La dispute, en brisant ce silence, nous confronte à notre authenticité la plus crue. Elle nous montre qui nous sommes lorsque les barrières sociales tombent et que l’animal blessé en nous prend la parole. Elle est humiliante, car elle nous révèle à nous-mêmes dans notre nudité émotionnelle. Le but n’est pas de glorifier la dispute pour elle-même, ni de verser dans une communication violente permanente.

 

Il s’agit plutôt de reconnaître sa fonction de signal d’alarme. Une relation qui ne connaît jamais de conflit est une relation morte, où le silence a déjà gagné. La sagesse ne réside donc pas dans l’évitement systématique de la dispute, mais dans la capacité à écouter ce qu’elle cherche à nous dire. Que révèle-t-elle de nos besoins inassouvis ? De nos blessures non cicatrisées ? De nos attentes non formulées ?

 

En apprenant à décrypter le langage crypté de la colère, nous pouvons transformer la dispute d’un acte destructeur en un acte de création – la création d’une vérité plus profonde et d’une relation plus résiliente. Après l’orage, le paysage est dévasté, mais l’air est lavé. Et ce n’est que dans ce nouvel air, purgé des toxines du silence, qu’une conversation authentique peut enfin recommencer.

 

Le silence cachait la maladie. La dispute, en dévoilant la plaie, offre une chance de guérison. À nous de ne pas laisser passer cette chance sous prétexte que la vérité nous dérange. Car, comme l’écrivait Eugène Ionesco, “Ce n’est pas la réponse qui éclaire, c’est la question.” La dispute est cette question, urgente et cruciale, que le silence nous a trop longtemps empêché de poser.

 

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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Est de la RDC : Human Rights Watch accuse le M23 et l’armée rwandaise de graves exactions à Uvira

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L’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch accuse les rebelles du M23 et des soldats rwandais d’avoir commis de graves violations contre des civils lors de l’occupation de la ville d’Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo. Dans un rapport publié ce jeudi 14 mai, l’ONG évoque notamment des exécutions sommaires, des viols, des disparitions forcées et des enlèvements survenus entre décembre 2025 et janvier 2026.

Des témoignages accablants recueillis sur le terrain

Selon Human Rights Watch, les enquêteurs ont rencontré plus d’une centaine de témoins, survivants et responsables locaux afin de documenter les violences commises après la prise d’Uvira par les combattants de l’AFC/M23 soutenus, selon l’organisation, par des éléments de l’armée rwandaise. L’ONG affirme que plusieurs civils non armés, dont des femmes et des mineurs, auraient été ciblés alors même que les forces gouvernementales congolaises avaient déjà quitté la ville.

Parmi les récits recueillis figure celui d’un père ayant perdu quatre de ses fils, exécutés dans leur maison par des hommes armés accusant les victimes d’être proches des groupes d’autodéfense wazalendo. D’autres témoignages font état de violences sexuelles commises contre des femmes parties chercher de la nourriture dans les zones agricoles autour de la ville.

Human Rights Watch parle de possibles crimes de guerre

Pour l’organisation, la nature des actes documentés pourrait relever de crimes de guerre. Human Rights Watch estime également que le rôle joué par les forces rwandaises dans cette occupation renforce les accusations selon lesquelles Rwanda agirait directement aux côtés du M23 dans l’est congolais, ce que Kigali continue de nier.

L’ONG appelle la communauté internationale à intensifier les enquêtes indépendantes et à sanctionner les responsables présumés des abus. Elle demande aussi une meilleure protection des civils dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, régulièrement secouées par les affrontements armés.

Une situation sécuritaire toujours explosive à Uvira

La ville d’Uvira reste au cœur des tensions dans le Sud-Kivu malgré le retrait annoncé du M23 en janvier dernier. Plusieurs rapports évoquent encore des violences, des déplacements massifs de populations et la découverte de fosses communes après le départ des rebelles. Les autorités congolaises et les groupes armés locaux continuent de s’accuser mutuellement de nouvelles violations contre les civils.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

 

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