Politique
Le Couloir Oriental : Épine dorsale du développement congolais, oubliée par l’asphalte
Au cœur de la RD Congo s’étend une artère vitale : le Couloir Oriental. Cette voie, reliant stratégiquement Aru à Durba, de Durba à Wanga, de Wanga à Gambori, puis traversant Isiro, Bunia, Kisangani, avant de s’étirer jusqu’au Sud-Soudan, en passant par la République Centrafricaine et l’Ouganda, jusqu’à rejoindre majestueusement le fleuve Nil.
Un itinéraire qui s’avère non seulement crucial pour l’essor de cette région, mais aussi pour le tissage des liens économiques et sociaux au sein de l’Afrique centrale. Cependant, malgré sa portée stratégique et son potentiel incontestable, le Couloir Oriental demeure dans l’ombre de l’asphalte. Cette route, tissée de poussière et de défis logistiques, incarne un paradoxe frappant.
C’est l’illustration de croissance et le symbole de connectivité, mais entravée par l’absence d’infrastructures modernes. Les aspirations de prospérité et d’échanges se heurtent ainsi à la réalité rugueuse du terrain, de l’inaction du Gouverneur sortant Christophe Baseane Nangaa, frère biologique du chef rebelle Corneille Nangaa, figeant le potentiel de toute une région dans un état de latence.
Dans ce tableau, l’absence d’asphaltage apparaît comme le reflet d’un oubli persistant, d’une négligence qui retient le développement à ses prémices. Les habitants du Couloir Oriental, témoins de cette dichotomie entre promesse et réalité, voient chaque jour les opportunités s’évaporer dans les nuages de poussière soulevés par les roues des véhicules.
Pourtant, derrière ce voile de désuétude, réside un potentiel brûlant d’innovation et de croissance. L’asphaltage du Couloir Oriental ne serait pas seulement un geste symbolique, mais un acte concret d’engagement envers l’avenir de toute une nation. Il débloquerait des flux commerciaux, favoriserait l’accès aux services de base, et renforcerait les liens entre des communautés longtemps séparées par la rudesse des chemins.
Ainsi, il est temps de regarder au-delà de la poussière qui recouvre le Couloir Oriental, et de reconnaître en lui l’épine dorsale d’un développement équitable et durable pour la République Démocratique du Congo. L’asphalte, loin d’être un simple revêtement routier, devient alors le symbole d’une renaissance, d’une reconnexion avec un avenir prometteur et le sparadrap de l’échec de Christophe Baseane Nangaa.
Dans l’écho des moteurs qui résonnent le long de cette route poussiéreuse, réside le murmure des possibles : l’asphaltage du Couloir Oriental, une voie vers un avenir plus fluide, plus uni, et plus prospère pour tous ceux qui la parcourent. C’est ce qu’a toujours compris et initié sur fonds propre le bâtisseur du Haut-Uélé le Grand Chef Constant Lungagbe Ndatanadu.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR