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Analyses et points de vue

Le consumérisme étatique en RDC : Priorités tordues et déconnexion totale

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Le consumérisme débridé des autorités congolaises est un problème monumental que le pays doit résoudre s’il veut objectivement s’en sortir. Octroyer de luxueux véhicules à des fonctionnaires et officiers supérieurs au détriment des besoins urgents du pays en guerre souligne l’inconscience d’une caste qui vit dans un autre univers que celui de tous les autres congolais.

Des exemples concrets, comme l’allocation de jeeps aux députés et généraux au lieu de soutenir les forces de sécurité en première ligne aux différents fronts dans l’Est de la RDC. Il s’agit d’une flagrante déconnexion entre les priorités des dirigeants et les besoins réels de la population. L’imminence d’une probable balkanisation de notre pays n’émeut personne parmi ces caciques véreux.

En soulignant le manque de vision à long terme des autorités et l’appétence pour le consumérisme débridé, notre critique porte sur l’absence de promotion d’une industrie locale et de la création d’emplois pour la jeunesse au travers de l’assemblage de véhicules sur place par exemple. Il y a une fâcheuse tendance en RD Congo, un fossé entre les autorités et la population, sur la perception des priorités.

Plutôt que de favoriser l’autosuffisance et le développement économique interne, les décideurs privilégient des achats coûteux à l’étranger, gaspillant des millions de dollars sur des biens non essentiels. C’est une dangereuse mentalité où les autorités estiment que leur satisfaction personnelle équivaut à celle de toute la nation, ignorant les besoins urgents du peuple.

Ces actes qui se multiplient dangereusement appellent à une réforme profonde qui inciterait les dirigeants à repenser leurs choix et à se reconnecter avec la réalité du terrain pour réellement servir l’intérêt général de la RD Congo. Un pays en guerre d’agression chronique qui fait le choix délibéré de doter les généraux des jeeps en lieu et place d’une prime pour les services de sécurité qui sont au front.

C’est dire à quel point certaines autorités congolaises considèrent dès lors qu’elles sont contentes, le pays tout entier le serait forcément. C’est confondre militance et compétence. D’aucuns furent des fervents militants ou activistes dans un passé récent. Rien de tout cela n’a eu une quelconque incidence sur la compétence pour la gestion de la chose publique. Leur incompétence est notoirement avérée.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Actualité

Le député Jacques Djoli brandit Tocqueville : la souveraineté populaire foudroie l’imposture

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L’Honorable Jacques Djoli Eseng’Ekeli n’a pas seulement démenti une rumeur : il a donné une magistrale leçon de grandeur. Par un tweet lapidaire convoquant la science, le Rapporteur de l’Assemblée nationale a refusé de descendre dans l’arène fangeuse où certains voulaient l’attirer. Il a choisi la verticale. Face à la manœuvre odieuse qui lui prêtait des propos imaginaires, il ne s’est pas justifié.

Il a surplombé, avec l’autorité souveraine de celui qui manie le droit comme on manie le glaive. Un silence calculé, puis une annonce : l’heure de la vérité sonnera, et elle sera sans appel. Car la riposte, c’est à Tocqueville qu’il la confie, élevant soudain le débat à des hauteurs où la calomnie ne peut plus respirer. Aux “chercheurs du Buzz” qui alimentent l’infamie, il assène la pensée centrale de l’article 5 de la Constitution.

Celle qui brûle toutes les impostures : “Au-dessus de toutes les institutions et en dehors de toutes les formes réside un pouvoir souverain : celui du peuple, qui les détruit ou les modifie à son gré.” Ce n’est plus un tweet, c’est un manifeste. Le pouvoir créateur, le pouvoir constituant originaire, est par essence illimité, inconditionné, indomptable. Placé au-delà des pouvoirs institués (simples créatures ), il détient la faculté sublime de tout refonder.

La faculté de briser les cadres établis et de redessiner, dans sa majesté absolue, le pacte national tout entier. Voilà la souveraineté populaire dans sa vérité nue, que le Professeur Jacques Djoli brandit comme une torche dans la nuit des manigances. Ainsi, en deux phrases et une citation, l’honorable rapporteur vient d’offrir à la nation congolaise bien plus qu’un rétablissement des faits : il lui restitue la puissance de son propre destin.

Là où les manœuvriers espéraient l’enfermer dans une polémique stérile, il leur oppose le granit des principes, rappelant que le peuple est le seul maître, le seul architecte, le seul juge. Par cette riposte éclatante, où Tocqueville éclaire le chemin de la RD Congo, Jacques Djoli Eseng’Ekeli lave son honneur sans une once d’aigreur, et du même geste réarme la démocratie avec une force conceptuelle rare. La calomnie n’a pas été vaincue : elle a été dissoute, dans la lumière d’une vérité plus haute. Magistral.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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