Santé
Le calvaire médical des congolais dans l’Est de la RDC : Entre guerre et négligence
Dans l’Est de la RD Congo, un tableau alarmant se dessine : la population congolaise, déjà éprouvée par des années de conflit et d’occupation étrangère, est confrontée à un système de santé défaillant qui aggrave sa souffrance. Malgré les besoins criants en soins médicaux, l’accès à des services de qualité demeure un mirage pour de nombreux Congolais, laissant des vies suspendues à un fil.
Les hôpitaux et les centres de santé de la région, censés être des refuges de guérison, se transforment parfois en théâtres de désespoir, où le manque de ressources, le personnel insuffisant et les infrastructures vétustes font des ravages parmi ceux qui cherchent désespérément de l’aide. Les maladies évitables se propagent, les traitements vitaux font défaut, et chaque jour devient un défi pour survivre.
La présence des forces d’occupation étrangère aggrave encore davantage la situation, entravant l’accès aux soins médicaux et compromettant la sécurité des professionnels de santé ainsi que des patients. Dans ce contexte de chaos et d’insécurité, la santé des Congolais devient un enjeu politique, sacrifié sur l’autel des intérêts étrangers par l’inaction du ministre Samuel-Roger Kamba.
Face à cette réalité brutale, il est impératif que la communauté internationale prenne conscience de l’urgence de la situation et agisse de manière concertée pour mettre fin à cette tragédie humaine. Des mesures concrètes doivent être prises pour renforcer le système de santé local, garantir l’accès aux soins pour tous et protéger les civils des ravages de la guerre et de la négligence.
Il est grand temps de briser le silence inadmissible du ministre Kamba en charge de la Santé, de l’Hygiène et de la Prévention, de dénoncer l’injustice de cette réalité inacceptable et d’exiger des actions immédiates pour mettre un terme à ce cycle de désespoir. Les vies de milliers de personnes en dépendent, et l’humanité ne peut rester indifférente face à une telle tragédie.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
À la Une
HGR Kinkole sous tension : Après les violentes échauffourées, les médecins déclenchent une grève dès ce jeudi 16 avril
L’Hôpital Général de Référence de Kinkole a vécu des heures de vive tension dans la nuit du 14 au 15 avril 2026, plongeant le personnel soignant, les malades et leurs gardes dans une situation de panique généralisée. Selon les témoignages recueillis auprès des médecins de garde, des individus venus de Pakadjuma auraient pris le contrôle d’une partie du service de chirurgie, armés notamment de flèches et d’autres instruments jugés agressifs.
D’après les récits du personnel médical, plusieurs portes administratives ont été forcées, notamment celles du secrétariat, du bureau de l’Administrateur Gestionnaire Titulaire (AGT) ainsi que d’autres bureaux centraux. Si les assaillants ne sont pas parvenus à ouvrir certaines pièces, leur présence a suffi à semer la peur dans tout l’établissement. Les malades, les gardes-malades et les soignants ont été pris de panique face à cette intrusion brutale au sein d’un lieu censé être dédié aux soins et à la sécurité.
Le bilan provisoire communiqué par les médecins fait état d’au moins quatre morts alors qu’un premier rapport faisait état de deux décès par balle ainsi que de douze blessés, dont trois cas graves. Plusieurs biens appartenant aux prestataires, patients, stagiaires et accompagnants auraient également été emportés lors des violences. Les blessés ont été transférés à l’hôpital militaire de Kokolo sur décision des autorités communales de N’sele.
Face à cette situation jugée intenable, la quasi-totalité du personnel soignant a quitté l’hôpital et a décrété une grève à compter de ce jeudi 16 avril. Les médecins dénoncent l’absence de garanties sécuritaires et refusent de reprendre le travail tant que leur intégrité physique, celle des patients et celle des infrastructures hospitalières ne seront pas assurées.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
