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Le billet vert est né dans une vallée tchèque : L’incroyable secret de Jáchymov

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En 1516, alors que l’Amérique n’est encore qu’un continent lointain à peine exploré, une découverte majeure secoue le cœur de l’Europe. Dans une vallée profonde de Bohême, le comte Hieronymus Schlick met au jour l’un des plus riches gisements d’argent du continent. Il baptise aussitôt la cité minière “Joachimsthal” — la vallée de Joachim.

Très vite, l’argent extrait est si abondant et si pur que le comte obtient le privilège royal de battre monnaie. Le 9 janvier 1520, les premières pièces sortent des ateliers : on les appelle les Joachimsthalers.

Frappées à l’effigie de Saint Joachim et du lion de Bohême, ces pièces de 28 grammes deviennent la référence de stabilité monétaire en Europe, supplantant les monnaies locales par leur qualité inégalée. Le succès de cette monnaie est tel que son nom entame un long voyage linguistique à travers le continent.

Le lourd “Joachimsthaler” se contracte en “Thaler” en allemand, puis en “Daalder” chez les marchands hollandais. Ce sont ces mêmes Néerlandais qui, en s’installant sur l’île de Manhattan dans leur colonie de Nouvelle-Amsterdam, importent avec eux leurs “leeuwendaalders” (daalders au lion). Le terme s’anglicise naturellement en “Dollar”. Ainsi, quand les jeunes États-Unis d’Amérique cherchent à se doter d’une monnaie nationale pour s’émanciper de la livre sterling, le mot est déjà dans toutes les bouches.

Le Coinage Act du 2 avril 1792 officialise la naissance du dollar américain, dont la valeur est indexée sur celle du “dollar espagnol”, héritier direct du Thaler germanique. Aujourd’hui, l’épicentre de la finance mondiale se trouve à Wall Street, mais son étymologie plonge ses racines dans les galeries obscures des monts Métallifères. Jáchymov est redevenue une paisible cité thermale tchèque où, ironie du sort, les commerçants refusent poliment les dollars pour n’accepter que les couronnes et les euros.

Pourtant, en se promenant dans cette ville classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, on foule le sol qui a donné son nom au symbole absolu du capitalisme américain. Une preuve éclatante que l’histoire de l’économie mondiale est faite de ces voyages inattendus, où une pièce d’argent frappée au fin fond de la Bohême devient, quatre siècles plus tard, le maître étalon des échanges planétaires.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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Réhabilitations à répétition des routes de desserte agricole : L’expert Firmin Kiala met en garde contre les solutions improvisées

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L’amélioration durable des routes de desserte agricole en République démocratique du Congo passe impérativement par des études techniques approfondies, adaptées aux réalités géotechniques du pays et accompagnées d’un renforcement des compétences locales. C’est le message central défendu par Firmin KIALA KI-N’SOKI, consultant international et point focal de l’étude sur la qualité et la durabilité des routes de desserte agricole réhabilitées.

S’exprimant lors de l’atelier de synthèse du rapport provisoire de cette enquête nationale organisé du 6 au 7 mai 2026 au Cercle Elais, l’expert a dressé un état des lieux des infrastructures rurales réhabilitées à travers le pays tout en mettant en garde contre une généralisation précipitée de certaines techniques de stabilisation des routes.

« Il faut y aller progressivement », a insisté Firmin Kiala, estimant que plusieurs procédés techniques nécessitent encore des évaluations adaptées aux contextes locaux avant toute application à grande échelle.

Une étude nationale menée dans les 26 provinces

Selon le consultant, cette vaste enquête de terrain a mobilisé des équipes pendant près d’une année dans différentes régions du pays. L’objectif était d’évaluer les routes réhabilitées, d’identifier les forces et faiblesses des interventions réalisées et de capitaliser les meilleures pratiques observées sur le terrain.

L’étude a couvert un échantillon représentatif des 26 provinces de la RDC, réparties à travers sept grandes zones géotechniques. Une approche qui permet aujourd’hui de disposer d’une lecture plus précise des défis liés à la durabilité des infrastructures rurales.

Pour l’expert, il devient urgent de sortir des méthodes classiques afin d’adopter une approche globale et holistique des routes de desserte agricole. Celle-ci doit intégrer des chaussées adaptées aux besoins d’évacuation des produits agricoles en toutes saisons vers les centres de consommation, tout en tenant compte du trafic potentiel attendu.

Drainage, protection et entretien : les clés de la durabilité

Au-delà des travaux de réhabilitation, Firmin KIALA KI-N’SOKI insiste sur la nécessité d’intégrer des mesures de protection efficaces telles que les barrières de pluie, les dispositifs de lutte antiérosive ainsi qu’un système de drainage performant.

Refusant ce qu’il qualifie de « désinvestissement » consistant à revenir régulièrement sur les mêmes axes quelques années après leur réhabilitation, le consultant estime qu’avec une amélioration adéquate des sols de plateforme et un drainage efficace, une route bien exécutée peut tenir au moins dix ans avant l’apparition des premières dégradations majeures.

Dans cette logique, il recommande également la promotion du système d’entretien par Niveaux de Services (GeNis), considéré comme une alternative efficace pour assurer un suivi permanent des infrastructures rurales.

« La sagesse et l’expérience au service de la Nation »

À travers cette démarche, Firmin KIALA KI-N’SOKI confirme sa volonté de mettre son expertise au service du développement des infrastructures rurales congolaises. Une vision qui privilégie la durabilité, l’anticipation technique et la valorisation des solutions adaptées aux réalités du territoire national.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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