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Le 16 mai sera férié : souvenons-nous du 17 mai 1997, une journée qui a marqué l’histoire
Le gouvernement de la République démocratique du Congo a annoncé que le vendredi 16 mai 2025 sera un jour férié chômé et payé sur toute l’étendue du territoire national.
Cette mesure intervient dans le cadre de la célébration de la Journée des Forces armées congolaises, qui a traditionnellement lieu chaque 17 mai.
Cette année, le 17 mai tombe un samedi, jour déjà non ouvrable dans les services publics. Conformément aux usages administratifs, le jour férié est anticipé au vendredi, afin de permettre aux Congolais de bénéficier pleinement de cette commémoration nationale.

Mais que commémore-t-on réellement chaque 17 mai ? Pourquoi cette date est-elle devenue un repère historique dans la mémoire collective du pays ?
17 mai 1997 : la chute du régime Mobutu et la fin du Zaira
Le 17 mai 1997 reste gravé dans l’histoire du pays comme le jour où le régime de Mobutu Sese Seko, après 32 ans au pouvoir, a été renversé. Ce jour-là, les troupes de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL), menées par Laurent-Désiré Kabila, font leur entrée triomphale dans Kinshasa, sans rencontrer de véritable résistance militaire.
Depuis octobre 1996, l’AFDL avait lancé une offensive militaire depuis l’est du pays, profitant de l’affaiblissement de l’État zaïrois, de la crise économique, et du contexte régional troublé par le génocide rwandais. En l’espace de quelques mois, la rébellion progresse rapidement, soutenue notamment par le Rwanda et l’Ouganda.
La veille, Mobutu avait quitté la capitale, affaibli et isolé, pour se replier à Gbadolite, puis s’exiler au Maroc. Son départ signe la fin du régime zaïrois.
Un changement sans grande effusion de sang
Le 16 mai, le général Donatien Mahele Lieko Bokungu, dernier chef d’état-major loyaliste, tente de négocier une reddition pacifique avec les rebelles pour éviter un bain de sang à Kinshasa. Mais il est assassiné par des éléments incontrôlés de la Division spéciale présidentielle (DSP), dans un ultime acte de violence du régime déchu.
Le lendemain, la capitale tombe sans affrontement majeur. Le peuple, las de décennies de dictature, accueille favorablement ce changement.

Naissance de la République démocratique du Congo
À son arrivée au pouvoir, Laurent-Désiré Kabila abolit le nom “Zaïre”, hérité du régime Mobutu, et rétablit l’appellation “République démocratique du Congo”. Il promet de restaurer la dignité du peuple et de relancer un État en ruine. Le 17 mai devient alors un symbole de libération nationale, inscrit dans le calendrier comme Journée des Forces armées congolaises.
Un héritage complexe
Si l’entrée de l’AFDL au pouvoir avait suscité de grands espoirs, le régime de Kabila père devient rapidement autoritaire. La presse est muselée, les partis politiques réduits au silence, et les tensions persistent dans l’est du pays. Laurent-Désiré Kabila sera assassiné en janvier 2001, et remplacé par son fils, Joseph Kabila, qui dirigera le pays jusqu’en 2019.
Commémorer pour ne pas oublier
En célébrant le 17 mai, le peuple congolais se souvient à la fois d’un moment de rupture historique et d’un tournant politique majeur. Ce jour est à la fois un rappel du renversement d’une dictature et le début d’une ère nouvelle, encore pleine de défis.
C’est donc en hommage à cette mémoire collective que le gouvernement a décidé de chômer le vendredi 16 mai 2025, pour permettre à tous de marquer cette date si importante dans l’histoire nationale.
Dorcas Mwavita/CongoProfond.net