Analyses et points de vue
L’assassinat de Magloire Paluku Kavunga : le prix de l’éveil et le piège de l’illusion
Ceci est un appel urgent à nos frères égarés et un miroir tendu aux artisans du mensonge. Mercredi 10 décembre 2025, jour consacré aux droits humains, la barbarie a choisi son symbole : l’assassinat ciblé du journaliste Magloire Paluku Kavunga par des terroristes rwandais. Cet acte n’est pas un fait divers sanglant. C’est un message.
Un message adressé à tous les Congolais, et surtout à ceux qui, croyant servir une cause juste, se retrouvent aujourd’hui instrumentalisés contre leur propre nation. La nation congolaise, dans sa grandeur et sa dignité, refuse l’indifférence. Quel qu’ait pu être le récent parcours de Magloire Paluku, sa mort violente nous interpelle tous sur une logique implacable : celle du maître de Kigali qui élimine toute contradiction, surtout lorsqu’elle émane de ceux qui ont commencé à voir clair.
Beaucoup de nos frères, dans l’Est ou ailleurs, ont mordu à l’hameçon. On leur a vendu des rêves de libération, d’équité, de revanche. On leur a présenté un voisin expansionniste comme un sauveur. C’est le “poison rwandais” : un mélange de mensonges stratégiques, de promesses fallacieuses et d’instrumentalisation ethnique. Mais dès que l’illusion se fissure, dès que l’esprit critique s’éveille et questionne les vrais desseins – l’accaparement des ressources, l’affaiblissement de l’État congolais, la balkanisation –, on devient un problème.
Et les problèmes, dans ce jeu macabre, sont éliminés. Magloire Paluku rejoint une longue et tragique liste. André Kisasu Ngandu, exigeant une rébellion “congolaise”. Mzee Laurent-Désiré Kabila, opposé à la cession du territoire. Les intellectuels du RCD tentant de “congoliser” le mouvement. Les militaires ralliés, promus puis liquidés, comme le général Célestin Ilunga Shamamvu ou la trentaine d’officiers exécutés à Kavumu. L’histoire se répète, sinistre et méthodique.
Regardez le sort des “anciens fidèles” : Laurent Nkunda en isolation, d’autres en errance, devenus des fardeaux encombrants une fois leur utilité épuisée. Où sont les promesses ? Où est la libération ? Il ne reste que le silence imposé par la balle ou l’exil. Cet assassinat met aussi en lumière le rôle funeste de certains “journalistes et communicateurs” qui, sciemment, pratiquent la désinformation. Ils deviennent les courroies de transmission du poison, les paravents verbaux de l’agression.
Ils travestissent une ambition étrangère en lutte juste, diabolisent la patrie et glorifient ses bourreaux. Ils créent l’éco-sème médiatique qui endort la conscience et pousse nos jeunes dans le gouffre. À ces artisans du mensonge, l’histoire sera impitoyable. Le sang de Magloire Paluku, et de tant d’autres, crie aussi contre leur trahison. Un vrai journaliste éclaire, il n’aveugle pas. Il construit la nation, il ne participe pas à sa démolition. Leur information est un assassinat prémédité de la vérité, qui prépare le terrain aux assassinats physiques.
À vous, nos frères égarés dans les maquis de l’illusion, coincés dans les rangs d’une rébellion dont vous ne contrôlez plus les objectifs, cet assassinat doit être un électrochoc. Demain, ce sera votre tour. C’est la règle inexorable. Quand vous cesserez d’être utiles, quand vous poserez une question de trop, vous serez du “côté encombrant” de la liste. Le Rwanda de Paul Kagame n’a jamais eu de projet pour le Congo, sinon son pillage et son affaiblissement.
Regardez le Rwanda lui-même : une prison à ciel ouvert où toute opposition est écrasée. Croyez-vous vraiment que l’auteur d’un tel régime chez lui vous apporterait la liberté ici ? La Nation Congolaise, votre vraie mère, vous tend les bras. Elle est une mosaïque, une richesse. Elle a besoin de tous ses enfants. Comme le père de l’enfant prodigue, elle est prête à pardonner vos égarements, à accueillir votre retour. Le salut n’est pas dans la soumission à un projet expansionniste étranger, mais dans l’union pour défendre l’intégrité de notre sol, de nos ressources et de notre destin commun.
Corneille Nangaa et tous ceux qui l’accompagnent dans cette aventure funeste, réveillez-vous ! Votre nom est déjà écrit dans les livres d’histoire. Choisissez le chapitre où vous serez les fils retrouvés, pas celui où vous serez les instruments tragiques et jetables d’une tragédie sans fin. L’assassinat de Magloire Paluku est une clameur : le sang congolais est trop précieux pour couler au service des ambitions d’autrui. Rejoignez le camp de la Patrie. Luttez pour un Congo uni et souverain.
C’est le seul combat qui honore. À Magloire Paluku Kavunga, et à toutes les victimes innocentes de cette machination régionale, puissiez-vous reposer en paix. Que la terre congolaise, pour laquelle vous avez, in fine, payé le prix ultime, vous soit légère. Votre mort ne sera pas vaine si elle ouvre les yeux de nos frères égarés. Venez. Revenez. La Patrie vous attend.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Actualité
Le député Jacques Djoli brandit Tocqueville : la souveraineté populaire foudroie l’imposture
L’Honorable Jacques Djoli Eseng’Ekeli n’a pas seulement démenti une rumeur : il a donné une magistrale leçon de grandeur. Par un tweet lapidaire convoquant la science, le Rapporteur de l’Assemblée nationale a refusé de descendre dans l’arène fangeuse où certains voulaient l’attirer. Il a choisi la verticale. Face à la manœuvre odieuse qui lui prêtait des propos imaginaires, il ne s’est pas justifié.
Il a surplombé, avec l’autorité souveraine de celui qui manie le droit comme on manie le glaive. Un silence calculé, puis une annonce : l’heure de la vérité sonnera, et elle sera sans appel. Car la riposte, c’est à Tocqueville qu’il la confie, élevant soudain le débat à des hauteurs où la calomnie ne peut plus respirer. Aux “chercheurs du Buzz” qui alimentent l’infamie, il assène la pensée centrale de l’article 5 de la Constitution.
Celle qui brûle toutes les impostures : “Au-dessus de toutes les institutions et en dehors de toutes les formes réside un pouvoir souverain : celui du peuple, qui les détruit ou les modifie à son gré.” Ce n’est plus un tweet, c’est un manifeste. Le pouvoir créateur, le pouvoir constituant originaire, est par essence illimité, inconditionné, indomptable. Placé au-delà des pouvoirs institués (simples créatures ), il détient la faculté sublime de tout refonder.
La faculté de briser les cadres établis et de redessiner, dans sa majesté absolue, le pacte national tout entier. Voilà la souveraineté populaire dans sa vérité nue, que le Professeur Jacques Djoli brandit comme une torche dans la nuit des manigances. Ainsi, en deux phrases et une citation, l’honorable rapporteur vient d’offrir à la nation congolaise bien plus qu’un rétablissement des faits : il lui restitue la puissance de son propre destin.
Là où les manœuvriers espéraient l’enfermer dans une polémique stérile, il leur oppose le granit des principes, rappelant que le peuple est le seul maître, le seul architecte, le seul juge. Par cette riposte éclatante, où Tocqueville éclaire le chemin de la RD Congo, Jacques Djoli Eseng’Ekeli lave son honneur sans une once d’aigreur, et du même geste réarme la démocratie avec une force conceptuelle rare. La calomnie n’a pas été vaincue : elle a été dissoute, dans la lumière d’une vérité plus haute. Magistral.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
