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L’art du pouvoir en RDC : Entre vulgarité et éducation

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Dans un pays où le pouvoir politique est une scène théâtrale constamment en mouvement, les hommes politiques de la République démocratique du Congo s’érigent en véritables œuvres d’art vivantes. Tout comme l’art, ils suscitent des émotions intenses, des admirations et des controverses.

Dans cet univers où la perception de soi est essentielle, s’aimer soi-même peut être perçu comme une histoire d’amour infinie, une quête perpétuelle de légitimité et de reconnaissance. Cependant, au-delà de cette façade, se cache souvent une réalité plus sombre. Les politiques congolais aiment plus le pouvoir que le peuple congolais qu’ils sont censés diriger et détestent, le Kongo, la terre promise qui les enrichit.

La vulgarité, souvent associée au pouvoir en RDC, devient un crime lorsqu’elle est perçue chez les autres. Les actes qui dépassent les limites de la morale sont rapidement stigmatisés, alors que ceux commis par les détenteurs du pouvoir semblent parfois être tolérés, voire justifiés. Le comportement loufoque, parfaitement irrationnel des motards appelés « Wewa » en est une parmi les exemples défient toute logique.

L’éducation, louée comme un pilier de la société, devrait normalement guider les actions des individus vers des comportements nobles et éthiques. Cependant, il est crucial de se rappeler que certaines leçons fondamentales ne peuvent être enseignées ; elles doivent être ressenties et intériorisées. Certaines autorités publiques s’accomodent très bien pourtant de certaines choses inadmissibles.

Ainsi, dans ce pays où le pouvoir politique et l’art de se présenter aux différentes élections deviennent indissociables, il est impératif de questionner la frontière entre l’authenticité et la manipulation, entre la vulgarité et la vertu. Car c’est peut-être dans ces nuances que se cachent les véritables leçons à retenir pour les générations futures de dirigeants et citoyens congolais.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR


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Education

EPST : Le spectre d’une perturbation des activités plane sur l’année scolaire 2023-2024

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Le Sous-Secteur de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique court actuellement un grand risque d’effervescence qui va perturber le déroulement des enseignements au niveau des établissements scolaires et bloquer l’organisation des épreuves certificatives de l’édition 2024, notamment l’Examen de fin d’Etudes Primaires (ENAFEP), le Test National de Sélection et d’Orientation Scolaire et Professionnelle (TENASOSP), ainsi que l’Examen d’Etat et ce, suite à la montée au créneau des organisations syndicales des enseignants qui attendent mordicus la réalisation des promesses du Gouvernement, à la fin de ce mois d’avril.

En effet, réuni ce week-end à Kinshasa pour évaluer les dispositions prises par le Gouvernement pour la réalisation de ses engagements pris à la dernière commission paritaire de Bibwa, l’Intersyndicale des Syndicats des Enseignants de l’EPST regrette de la lenteur dont fait preuve le Gouvernement et lance un message fort à sa direction.

« L’Intersyndicale de l’EPST a le regret de constater que le Gouvernement de la République traine les pas dans le processus du respect de ses engagements dont l’exécution est prévue au mois d’avril 2024. Face à cette situation, l’Intersyndicale invite le Gouvernement de la République à respecter ses engagements conformément au procès-verbal sanctionnant la fin des travaux de la commission paritaire de Bibwa 2024 », a déclaré à la presse le samedi 13 avril 2024, le porte-parole Godefroid Matondo.

Et d’ajouter : « Faute de quoi, il sera tenu pour seul responsable de toute perturbation qui surviendrait dans le sous-secteur de l’EPST, allant jusqu’à boycotter les évaluations certificatives de l’édition 2024 et à décréter un arrêt collectif des enseignements, dans tous les établissements scolaires publics de l’EPST ».

Au niveau de la province du Haut Katanga, c’est le Syndicat des Enseignants du Congo (SYECO) qui envoie le même signal à l’endroit du Gouvernement en promettant des actions syndicales de grande envergure. A travers les antennes de nos confrères de Top Congo FM, le Président Provincial du SYECO/Haut Katanga, Guillaume Banza, a fait la déclaration suivante : « Nous avons appelé les enseignants pour la restitution de ce qu’on a fait à Bibwa. Nous avons travaillé sur la ventilation d’argent qui était destiné à l’EPST, les 26 milliards de francs congolais et nous avons déterminé ce que l’enseignant peut avoir au mois d’avril. C’est ainsi que nous disons, l’argent est peu, mais nous l’acceptons et que l’Etat respecte ses engagements ».

Aussi, a-t-il poursuivi : « Si l’Etat n’honore pas ses engagements, nous allons faire des actions syndicales qui iront même à la perturbation des cours. Le Gouvernement a accepté de payer 40.000 FC aux enseignants de l’école primaire, 20 mille de la gratuité et 20 mille qu’on a donnés à tous les enseignants. Il a accepté de payer les grades transposés pour tous ceux du primaire qui ont fait la section pédagogique et de payer les NP du secondaire. Si toutes ces actions ne sont pas honorées au mois d’avril, nous serons dans l’obligation de prendre nos responsabilités, en boycottant même les cours, puisque nous avons montré notre bonne foi ».

Notons que ces déclarations de l’Intersyndicale des Syndicats s’ajoutent à celle du Syndicat National des Inspecteurs de l’Enseignement au Congo (SYNIECO), faite le mardi 09 avril 2024 par son Secrétaire Général, Henry-Crispin Longendjo, revendiquant l’ajout prévu dans les salaires de tous les enseignants, la régularisation de la situation salariale des NU et NP de l’Inspection et le paiement de leur prime pour fonction spéciale, à la fin du mois d’avril comme prévu, tout en annonçant le boycott de l’organisation de l’Examen d’Etat, en cas de non concrétisation de ces promesses.

Néanmoins, le Gouvernement ne s’est pas encore prononcé par rapport à ces engagements. Certaines sources au niveau de la DINACOPE nous renseignent que pour ce mois d’avril, une seule action pourrait être concrétisée, notamment l’ajout prévu dans les salaires des enseignants, les autres actions étant renvoyées au troisième trimestre c.à.d au mois de juillet 2024.

Cependant, la rédaction de CONGOPROFOND.NET qui suit de près les activités de l’EPST, depuis l’avènement du Président Félix-Antoine Tshisekedi à la tête de la République Démocratique du Congo et qui a interrogé quelques operateurs pédagogiques sur cette actualité dans le sous-secteur, estime que les syndicalistes font des revendications des enseignants un fonds de commerce et ne jouent pas franc jeu. Une personne affectée comme cadre à la DINACOPE ou à la MESP et qui se réclame syndicaliste, ne travaillera que pour protéger son poste en faisant allégeance à l’autorité qui lui a donné cet avantage.

S’agissant particulièrement du porte-parole de l’Intersyndicale des Syndicats, Godefroid Matondo, la question que nous nous posons est la suivante : Peut-il encore bénéficier de la confiance des enseignants après sa déclaration mensongère qui avait étouffée la grève décrétée en mai 2023 et qui les avait mis dos à dos avec le groupe de Cécile Tshiyombo ?

Il convient de souligner, à titre de rappel, que très souvent ce sont des promesses non tenues qui ont été à la base des mouvements de grève des enseignants. Au nom du Premier Ministre, le Ministre de l’EPST avait convoqué la commission paritaire à Bibwa pour évaluer les accords et voir ce qui est faisable dans le cadre du budget 2024. Un procès-verbal quadripartite, Budget-Finances-EPST-Banc syndical, assorti de sept actions prioritaires à réaliser à la fin du mois d’avril, avait sanctionné la fin de ces travaux.

Bref, disons que la balle se trouve du côté du Gouvernement de la République qui doit concrétiser ses engagements pour éviter des soubresauts deux mois et demi de la clôture de l’année scolaire. Une question reste tout de même pendante, à savoir : Pourquoi réunir les enseignants, leur montrer les ressources financières disponibles dans le budget et ne pas réaliser ses promesses ? On ne réveille pas un chat qui dort, dit-on. Il ne sera pas bon que l’année scolaire soit encore perturbée. Beaucoup d’efforts avaient été consentis pour sa normalisation après l’avènement de la Covid 19.

Jules KISEMA KINKATU/CONGOPROFOND.NET


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