Analyses et points de vue
L’alliance des affairistes au Haut-Uélé : Confrontation des projets ou machination familiale ?
Dans un récent retournement de situation au Haut-Uélé, l’alliance confirmée entre deux candidats affairistes Christophe Baseane Nangaa, frère biologique du chef rebelle de l’AFC-M23 Corneille Nangaa Yobeluo et Jean Bakomito Gambu a semé la controverse.
Alors que l’arrêt de la Cour Constitutionnelle a brisé les ambitions du gouverneur sortant, l’improbable s’est produit en politique : les faux ennemis se sont réunis pour préserver leurs intérêts familiaux. L’un, l’oncle, et l’autre, le neveu, ont scellé une alliance affairiste après le refus des députés provinciaux de récupérer 15 véhicules Land Cruiser entreposés dans le village natal de l’oncle.
Ce rapprochement vise à sauvegarder les intérêts économiques qu’ils détiennent tous deux dans la province. Évitant d’utiliser leurs propres téléphones pour cette affaire délicate, ils opèrent à travers les phones du chef coutumier Prosper Mangbukele Mangadima et celui du petit frère du sénateur Jean Bakomito Gambu, Monsieur Hervé Bekabisiya Bakumisani.
Cette manœuvre soulève des questions fondamentales : la politique ne devrait-elle pas être basée sur des projets plutôt que des accords en coulisses ? Alors que ces acteurs politiques s’allient pour préserver leurs avantages personnels, la véritable essence de la politique, qui devrait être la confrontation des idées et des projets pour le bien commun, semble être éclipsée par des intérêts privés.
Jean Bakomito Gambu qui vient d’être confirmé par la Cour Constitutionnelle quitterait probablement Kinshasa pour Isiro demain mercredi 24 Avril 2024 après avoir raté son vol aujourd’hui mardi 23 Avril 2024 pour sceller une alliance devant les chefs coutumiers ; le gouverneur sortant Christophe Baseane Nangaa étant lui-même issu d’une chefferie régnante.
Dans un paysage politique où les alliances se font et se défont au gré des intérêts personnels, il est crucial de rappeler que la véritable essence de la politique réside dans la clarté des projets et la transparence des actions, non pas dans les accords d’arrière-salle entre membres d’une même famille qui considèrent la province du Haut-Uélé comme une chasse gardée.
Cloreldy B
Actualité
Le député Jacques Djoli brandit Tocqueville : la souveraineté populaire foudroie l’imposture
L’Honorable Jacques Djoli Eseng’Ekeli n’a pas seulement démenti une rumeur : il a donné une magistrale leçon de grandeur. Par un tweet lapidaire convoquant la science, le Rapporteur de l’Assemblée nationale a refusé de descendre dans l’arène fangeuse où certains voulaient l’attirer. Il a choisi la verticale. Face à la manœuvre odieuse qui lui prêtait des propos imaginaires, il ne s’est pas justifié.
Il a surplombé, avec l’autorité souveraine de celui qui manie le droit comme on manie le glaive. Un silence calculé, puis une annonce : l’heure de la vérité sonnera, et elle sera sans appel. Car la riposte, c’est à Tocqueville qu’il la confie, élevant soudain le débat à des hauteurs où la calomnie ne peut plus respirer. Aux “chercheurs du Buzz” qui alimentent l’infamie, il assène la pensée centrale de l’article 5 de la Constitution.
Celle qui brûle toutes les impostures : “Au-dessus de toutes les institutions et en dehors de toutes les formes réside un pouvoir souverain : celui du peuple, qui les détruit ou les modifie à son gré.” Ce n’est plus un tweet, c’est un manifeste. Le pouvoir créateur, le pouvoir constituant originaire, est par essence illimité, inconditionné, indomptable. Placé au-delà des pouvoirs institués (simples créatures ), il détient la faculté sublime de tout refonder.
La faculté de briser les cadres établis et de redessiner, dans sa majesté absolue, le pacte national tout entier. Voilà la souveraineté populaire dans sa vérité nue, que le Professeur Jacques Djoli brandit comme une torche dans la nuit des manigances. Ainsi, en deux phrases et une citation, l’honorable rapporteur vient d’offrir à la nation congolaise bien plus qu’un rétablissement des faits : il lui restitue la puissance de son propre destin.
Là où les manœuvriers espéraient l’enfermer dans une polémique stérile, il leur oppose le granit des principes, rappelant que le peuple est le seul maître, le seul architecte, le seul juge. Par cette riposte éclatante, où Tocqueville éclaire le chemin de la RD Congo, Jacques Djoli Eseng’Ekeli lave son honneur sans une once d’aigreur, et du même geste réarme la démocratie avec une force conceptuelle rare. La calomnie n’a pas été vaincue : elle a été dissoute, dans la lumière d’une vérité plus haute. Magistral.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
