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“L’agora virtuelle’’ : quelle liberté pour quelle finalité ?( Tribune de KABOMBO BANZA GEOFFREY BENJAMIN, Bachelier en philosophie)

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L’accès à l’information est un des droits fondamentaux de la personne. Au nom de ce droit, pour ce droit et par ce droit, les médias se sont érigés à une réalité quasi permanente ; l’évolution des techniques de l’information et de la communication est une évidence qui entre en ligne de compte. Or la production de l’information est condition à l’accès à cette dernière. Ce qui suppose la prééminence de la production sur la consommation.

C’est au niveau de la consommation que le bat blesse, puisque dans notre actuel village planétaire nous remarquons combien les Fake News sont devenus monnaie courante.
De ce fait il se pose un sérieux problème des mœurs, de moral et de probité, qu’il faudrait transcender.

En effet, l’homme, comme le dit Aristote, est un animal rationnel ; et cette raison nous estimons doit être nourrie, entretenue et mise à niveau : avec cette assertion nous hissons sur un piédestal l’indispensabilité des médias dans la croissance de la personne. C’est à ce titre que l’accès à l’information est un droit pour chacun.

Par ailleurs, à la lumière du schéma basic de la communication, derrière chaque information se trouve un informateur.

Emmanuel Kant disait dans son fondement de la métaphysique des mœurs : « de tous ce qu’il y a dans le monde ou en dehors du monde, rien ne peut être tenu pour bon si ce n’est de la bonne volonté » ; il nous fait comprendre que la bonne volonté est la vertu ayant une valeur intrinsèque : toutes les vertus si elles ne sont pas imbibées de bonne volonté ne participent guère au bien, ce dernier, selon Aristote, est ce à quoi toutes les choses tendent.
En ce qui nous concerne, l’intention ou mieux la volonté de l’informateur sont décisives dans la formation, la croissance et le devenir des informés.

Malheureusement nous constatons avec consternation, que l’intention de l’informateur ou de l’émetteur n’est pas toujours orthodoxe en ce qui concerne la morale ou la probité. Ce qui précède nous conduit à une réalité indéniable : s’il est vrai que le média est un outil d’information, il est d’autant plus vrai qu’il est à un moment un instrument de désinformation et d’intoxication. Le média s’éloigne considérablement de sa fin dès l’instant où sa liberté ne construit pas l’homme mais participe à son abrutissement.

Un facteur essentiel qui favorise le mauvais usage des libertés liées aux médias et qui encourage tant soit peu les Fake News est : la virtualité de l’espace de rencontre.

‘‘L’agora virtuelle’’

Dans la Grèce antique, le terme « agora » désignait l’espace public de discussion, où les grecs se réunissaient pour permettre à chacun d’exposer ou mieux de véhiculer sa vision pour la bonne marche de la cité. Cette rencontre était traditionnelle c’est-à-dire que les sujets se voyaient et se présentaient tels qu’ils sont. Ce qui suppose que chacun prenait le soin de rendre potable sa pensée de peur d’être la risée de la société.

Le mensonge et la désinformation étaient exclus en amont ; aussi la prise de parole pour un tel ou tel autre sujet exigeait à la personne une connaissance assisse de la matière à l’ordre du jour.

Aujourd’hui, nous sommes dans une agora virtuelle. Les médias et, de surcroît, les réseaux sociaux nous ont certes permis d’interagir, mais ont également donné la parole à qui veut. Tout le monde est juriste, constitutionaliste, ingénieur, politologue, médecin, virologue, épidémiologiste, etc…

Dans ce registre, nous pouvons affirmer avec l’écrivain Umberto Eco, tout en nous réservant de porter atteinte à la dignité de quiconque : « les réseaux sociaux ont donné le droit de parole à des légions d’imbéciles qui avant, ne parlaient qu’au bar et ne causaient aucun tort à la collectivité. On les faisait taire tout de suite. Aujourd’hui ils ont le même droit de parole qu’un prix Nobel ».

Cette triste réalité inonde les médias des fausses informations qui ne poursuivent en rien le bien-être des personnes.

Par ailleurs, l’agora virtuelle donne naissance à une crise : celle de l’anonymat.

Comme dit ci-haut nous connaissons difficilement qui se cache derrière une information ; et même si nous le connaissons, nous ignorons ses intentions, son éducation, sa formation, encore moins sa croyance ni sa tendance politique.

Il y a également la question de l’usurpation d’identité et de fausse identité.

En somme, la liberté pour elle-même est illusion, la liberté se doit d’être au service du devenir complet de l’homme et non le contraire.

Dans un contexte tel que peint ci-haut, il nous faut être critique face au flux d’information : critiquer la source et le contenu. Et nous devons nous méfier de l’espace de discussion virtuelle étant donné qu’il ne garantit pas le bien-être de la collectivité.
 
KABOMBO BANZA GEOFFREY BENJAMIN
Bachelier en philosophie.

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