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Analyses et points de vue

L’Accord de Washington 2025 : un tremplin pour la renaissance militaire et stratégique de la RDC

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L’Accord de Washington, signé le 27 juin 2025 entre la RDC et le Rwanda sous médiation américaine, marque un tournant symbolique dans un conflit de trois décennies. Mais loin d’être une simple trêve, cet accord doit être le catalyseur d’une refonte radicale de la souveraineté congolaise. Pour que la paix soit durable, la RDC doit se muer en une puissance militaire et stratégique incontournable.

Le paradoxe est cruel : la RDC, un pays riche en minerais critiques (cobalt, cuivre, lithium) valant 30 000 milliards de dollars, mais incapable de protéger son territoire face aux proxies rwandais comme le RDF/M23. La solution ? Une armée de 10 millions de Congolais, un réseau de renseignement tentaculaire, et une industrie de défense autosuffisante. Il faut maintenant obtenir la paix par la puissance.

L’accord prévoit le retrait des troupes rwandaises (condition non-négociable pour Kinshasa), le désarmement des groupes armés (dont le RDF/M23, exclu des négociations) et un cadre de coopération économique, incluant l’exploitation minière sous supervision américaine. Mais les précédents accords (Lusaka, Pretoria, Nairobi) ont échoué car ils négligeaient l’asymétrie des forces.

Le Rwanda, malgré sa taille, dispose d’une armée aguerrie et d’un renseignement redoutable. La RDC, elle, dépend des casques bleus (MONUSCO) et de partenaires étrangers peu fiables. L’implication américaine n’est pas altruiste : Washington cherche à contrer la Chine (70 % du secteur minier congolais). Si la RDC échange une prédation rwandaise contre une exploitation occidentale, elle restera vulnérable.

La vraie victoire sera de transformer les minerais en armes, en usines, en infrastructures de défense. La RDC doit bâtir une armée de 10 millions de citoyens. C’est un impératif démographique et géostratégique. La RDC a la masse critique pour une armée populaire, sur le modèle israélien (service militaire obligatoire) ou suisse (milice citoyenne) pour sécuriser ses frontières poreuses.

Avec 9 voisins, dont le Rwanda, l’Ouganda et l’Angola, tous impliqués dans des ingérences passées et des ressources convoitées : 70 % du cobalt mondial, indispensable pour les batteries et l’aéronautique, trois piliers doivent soutenir la nouvelle doctrine militaire congolaise. Le service national obligatoire pour former 1 million de jeunes par an aux techniques de combat, cybersécurité et renseignement.

Une industrie de défense locale par la construction des usines d’armement à Lubumbashi (cuivre) et Kivu (minerais rares), avec transferts de technologie via des partenariats non-alignés (Turquie, Corée du Sud) et des réseaux de renseignement décentralisés ayant des cellules dans chaque province, traquant les mouvements rebelles et les infiltrations étrangères. Qui veut la paix, prépare la guerre dit-on.

L’histoire montre que les nations qui négligent leur défense deviennent des proies. Pourquoi les accords passés ont-ils échoué ? En 1999 (Lusaka), il n’y avait pas de mécanisme de sanction contre le Rwanda. En 2008 (Goma), il y a eu une intégration factice des rebelles dans l’armée, sans dissolution réelle et en 2013 (Addis-Abeba), la MONUSCO s’est déclarée publiquement impuissante face aux terroristes du RDF/M23.

Si Kigali viole l’accord, Kinshasa doit pouvoir frapper les centres logistiques du RDF/M23 au Rwanda, comme Israël le fait au Liban. C’est la dissuasion par la force. La RDC doit tout entreprendre pour bloquer les exportations illégales de minerais via le Rwanda (3,5 milliards de dollars/an). Il faut un nouveau projet de société : la militarisation au service du développement : l’armée comme école de la nation.

Pour l’alphabétisation, il faut savoir que chaque camp militaire est un centre de formation. Pour les infrastructures, les soldats bâtiront très bien les routes, ponts et hôpitaux (le modèle chinois de l’APL) et pour l’unité nationale, la RDC est déjà en soi un parfait brassage ethnique. Les FARDC ont toujours eu dans les unités un savant mélange pour briser les divisions. Maintenant, il faut financer notre puissance.

Il faut taxer les multinationales minières : 10 % des profits réinvestis dans la défense. La corruption est la plus haute trahison pour un pays en guerre et qui a ses 124 000Km2 occupés par le Rwanda. Elle doit obliger la nation à instaurer des tribunaux militaires pour les officiers véreux. Avec l’accord de Washington, il faut imposer le temps des lions. L’Accord de Washington ne doit pas être une fin, mais un début.

La RDC a deux choix : rester un nain géopolitique, dépendant des casques bleus et des investisseurs prédateurs ou devenir un lion, capable de dicter ses termes à Kigali, Washington et Pékin. 10 millions de Congolais sous le drapeau, un réseau de renseignement infiltrant chaque groupe armé et une industrie transformant le cobalt en drones, le cuivre en blindés doivent être notre seul objectif national. La paix ne se mendie pas, elle s’impose. La force est la seule langue que comprennent les prédateurs.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Analyses et points de vue

Le piège de l’écume : les institutions congolaises ont créé une jurisprudence

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Il est une mécanique perverse qui, sous couvert d’émotion et de transparence, transforme un murmure numérique en acte d’accusation. Un fait divers sans consistance, une plainte dépourvue de commencement de preuve, des interférences à tous les niveaux et des caprices de diva d’une personnalité se réclamant elle-même de l’opposition pour politiser une affaire privée, confondant cyniquement justice et vengeance.

Et voilà qu’une machine judiciaire et médiatique s’est emballée. La toile alimentée quasi-quotidiennement pendant près de six mois par des propos diffamatoires de l’intouchable victime auto-proclamée, avec sa mémoire sélective et sa soif de spectaculaire, a offert une chambre d’écho idéale à des élucubrations qui, en temps normal, n’auraient jamais franchi la porte d’un tribunal. Mais le mal est fait : l’accusation, aussi inconsistante soit-elle, devient le récit dominant.

La présomption d’innocence se mue en un privilège qu’il serait suspect de défendre, et l’opinion publique, nourrie de bribes volontairement déformées, se fait juge sans jamais avoir lu le contenu du dossier. On ne combat pas une personne qui incarne aux yeux de l’impétrante un adversaire politique imaginaire, on le salit sur les réseaux sociaux en piétinant allègrement la loi sur le numérique et en s’appuyant sur un procès sans substance, en pariant sur l’usure et l’opprobre.

Le plus alarmant est la coalition discrète qui s’est nouée pour donner à cette mascarade un vernis institutionnel. Des autorités qui devraient garantir l’équilibre démocratique se découvrent soudainement une foi brûlante pour une cause fragile, non par conviction, mais parce qu’elle sert à écarter celui qui gêne leurs ambitions. On ne cherche plus à protéger les institutions établies mais à protéger ses propres relais à travers une histoire à tirer par les cheveux.

En instrumentalisant une parole aux relents de victimisation nauséabonde, portée par une personnalité connue pour son goût immodéré des conflits et sa capacité à réécrire les faits en ligne, certains institutionnels ont fabriqué une jurisprudence dangereuse. Désormais, une allégation sans preuve, n’importe laquelle d’ailleurs, pourvu qu’elle soit assez bruyante et qu’elle s’habille des bons habits militants, suffit à déstabiliser des carrières, à salir des lignées et à neutraliser des voix indépendantes.

Le droit devient un outil de confort managérial, un simple bouton “supprimer” pour des hiérarchies aux abois. Personne ne semble voir le côté profondément pervers de l’acte : offrir une tribune institutionnelle à une accusation non étayée, c’est lui conférer une légitimité historique qu’elle n’a jamais méritée. Sous les projecteurs d’une actualité fabriquée, l’honneur d’un homme et la réputation d’une famille sont broyés avec une légèreté irresponsable, juste pour qu’une opposante auto-proclamée puisse exister médiatiquement un semestre de plus.

Ce dossier entrera dans l’histoire non pour sa rigueur judiciaire, mais pour son irresponsabilité émotive, symptôme d’une époque où les institutions préfèrent brûler une réputation plutôt que d’admettre qu’elles ont cédé au chantage de la rumeur. Le véritable péril n’est pas la condamnation de deux policiers d’aujourd’hui ni l’acquittement d’un innocent, c’est le précédent que l’on crée pour demain : celui d’un État où la plus inconstante des fictions, pour peu qu’elle serve des intérêts coalisés, peut légalement anéantir un destin.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain /;Consultant senior cabinet CICPAR

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