Analyses et points de vue
La transparence au cœur de la gouvernance : L’appel de Steve Mbikayi
Dans un monde où la confiance des citoyens envers leurs institutions est constamment mise à l’épreuve, la déclaration de Steve Mbikay résonne comme un appel à la transparence et à la responsabilité. Ses propos, loin d’être de simples critiques, soulèvent des questions fondamentales sur la communication au sein du gouvernement et sur l’importance de l’honnêteté dans la gestion des affaires publiques.
Mbikayi, figure de proue dans le débat politique, met en lumière un phénomène préoccupant : la tendance des gouvernements à privilégier des briefings à la tonalité propagandiste, souvent éloignés des réalités du terrain. Selon lui, au lieu de masquer les scandales financiers sous un vernis de communication contrôlée, les gouvernants devraient adopter une approche plus franche et ouverte.
« L’opinion doit savoir ce qui est vrai et ce qui est faux », déclare-t-il avec force, soulignant que le silence ne fait qu’alimenter la méfiance et la désillusion. Cette position iconoclaste interpelle. En effet, dans un contexte où les scandales financiers ternissent l’image des institutions publiques, la nécessité d’une communication régulière et transparente est plus pressante que jamais.
Mbikay met en avant le risque que fait courir le silence : il érode la crédibilité des institutions et, par extension, leur légitimité. En n’informant pas la population des dérives qui peuvent survenir, le gouvernement court le risque d’être perçu comme complice, voire complice d’une culture de l’impunité. Cette perspective soulève des questions cruciales sur le rôle des médias et de la société civile dans le cadre de cette quête de transparence.
Comment les citoyens peuvent-ils être véritablement informés des pratiques de leurs dirigeants si la communication officielle ne s’inscrit pas dans une logique d’ouverture ? La responsabilité ne repose-t-elle pas aussi sur les épaules des journalistes et des acteurs de la société civile pour exiger des comptes et éclairer l’opinion publique ?
L’appel de Steve Mbikay ne se limite pas à une simple critique ; il propose une vision d’un gouvernement éclairé, en phase avec les attentes de ses concitoyens. Il s’agit d’un plaidoyer pour une gouvernance qui ne craint pas de faire face à ses erreurs, qui choisit la transparence plutôt que la dissimulation.
L’enjeu est de taille : restaurer la confiance du public et garantir une démocratie saine, où les citoyens sont informés et engagés. La déclaration de Mbikay pourrait bien être le catalyseur d’un changement nécessaire dans la communication gouvernementale.
À une époque où la désinformation et le cynisme règnent, son appel à la transparence s’avère non seulement audacieux mais également essentiel pour bâtir un avenir plus juste et plus crédible. La question qui demeure est de savoir si les responsables politiques seront prêts à répondre à cet appel et à redéfinir leur rapport à la communication avec le peuple.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Actualité
Ormuz sous verrou : Les gouvernements ouvrent les vannes, la RDC n’y déroge pas ( Décryptage d’Aldo Kamwanga, Expert du secteur des ressources naturelles et Consultant )
Le souffle de l’histoire est devenu brûlant. Alors que Donald Trump vient de couper court à tout espoir de désescalade immédiate en annulant le vol de ses émissaires, Jared Kushner et Steve Witkoff, vers le Pakistan, et que Union européenne, réunie en urgence, dresse le constat d’un choc durable né des fronts iranien et ukrainien, la réalité nous rattrape à la pompe.
Le détroit d’Ormuz n’est plus une simple ligne sur une carte maritime ; c’est un garrot qui se resserre sur la gorge de l’économie mondiale. Avec une offre amputée de 20 % en un clin d’œil, le marché ne se contente pas de convulser : il délire. De Paris à Kinshasa, en passant par Nairobi, le pistolet à la pompe ne distribue plus seulement du carburant, il injecte un poison lent : l’inflation.
Les chiffres donnent le vertige et dessinent une géographie de la crise : +15 % sur le diesel au Kenya, +13 % en moyenne dans une zone Schengen où l’Allemagne frôle les 20 %, et un bond de 18 % au Royaume-Uni. Dans cet œil du cyclone, la République démocratique du Congo semble, pour l’heure, jouer les amortisseurs avec une hausse contenue sous les 10 %.
La perfusion : le grand retour de l’État-providence
Face au spectre d’une explosion sociale ( des “gilets jaunes” européens aux émeutes possibles à Luanda ou à Nairobi ) les dogmes libéraux volent en éclats. C’est le retour fracassant des subventions massives, cette “perfusion” financière devenue l’unique rempart, au grand dam des institutions de Bretton Woods.
L’Europe et son “quoi qu’il en coûte” : Bruxelles a ressorti les recettes de la crise sanitaire. La France et l’Allemagne subventionnent leurs secteurs vitaux à bout de bras. L’Espagne renonce à 5 milliards d’euros de recettes de TVA. Même la Belgique mobilise 80 millions d’euros pour éviter la paralysie des ménages les plus fragiles.
L’Afrique, elle, est au pied du mur : ici, on ne gère pas, on pare au plus pressé. Si Nairobi divise sa TVA par deux, Kinshasa opte pour l’électrochoc : une TVA à 0 %. L’objectif est autant politique qu’économique : bloquer l’effet domino avant que le moteur de l’économie réelle ne se grippe.
Le paradoxe du raffinage : dépendance africaine, repli européen
C’est ici que le bât blesse, et Organisation des producteurs de pétrole africains ne s’y trompe pas. Le paradoxe est cruel : l’Afrique déborde de brut, mais manque de produits finis.
Le constat dressé le 17 avril lors d’un webinaire de African Energy Commission est sans appel : sans une capacité de raffinage locale d’au moins 150 000 barils par jour et par région, le continent restera otage des soubresauts mondiaux.
Comme l’a souligné Lerato Mataboge, cette dépendance ( jusqu’à 80 % d’essence importée ) constitue une menace directe pour la souveraineté des réserves de change.
Pendant ce temps, l’Europe réduit ses capacités. Sous la pression de normes environnementales strictes et de la fin programmée du moteur thermique à l’horizon 2035, les raffineries ferment ou se transforment. L’exemple de Grandpuits illustre ce basculement : une victoire écologique, mais un affaiblissement stratégique à court terme.
Cap sur le 8 mai : Addis-Abeba, l’heure de vérité
Le prochain sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba ne sera pas une réunion de plus. Il doit marquer une riposte systémique.
Réserves stratégiques, interconnexion énergétique, accélération du solaire : le plan existe. En 2026, la transition énergétique n’est plus un luxe, mais une nécessité. L’indépendance ne se proclame plus, elle se construit.
Aldo Kamwanga/Expert et Consultant
