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Analyses et points de vue

La rivière KABOMPO : Un géant méconnu au cœur de l’Afrrique

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Au cœur de la Zambie, là où les paysages se mêlent à la profondeur des mystères naturels, se cache la rivière Kabompo, un véritable titan de l’hydrologie. Longue de 440 kilomètres et atteignant une profondeur vertigineuse de 116,13 mètres, la Kabompo est souvent éclipsée par des cours d’eau plus médiatisés, comme le Zambèze ou le Congo.

Pourtant, elle mérite une attention toute particulière, tant pour sa taille impressionnante que pour son rôle écologique et culturel au sein de la région. La Kabompo est la plus profonde rivière de Zambie et la deuxième plus profonde d’Afrique. Mais qui sait vraiment cela ? Dans un monde où les rivières emblématiques comme le Nil ou le Mississippi volent la vedette, la Kabompo reste dans l’ombre, un mystère à découvrir.

Cette profondeur impressionnante n’est pas simplement une statistique, elle témoigne de la dynamique géologique de la région, façonnée par des millions d’années d’érosion et de sédimentation. Cette rivière, qui prend sa source à l’est du Zambèze, traverse des paysages variés, des forêts tropicales luxuriantes aux savanes arides.

Elle est le foyer d’une biodiversité incroyable, abritant de nombreuses espèces de poissons, d’oiseaux et d’autres animaux sauvages. La Kabompo joue un rôle vital dans l’écosystème local, fournissant une source d’eau essentielle pour la faune et la flore. Pourtant, cette richesse naturelle est à peine reconnue au-delà des frontières de la Zambie.

Située le long du bassin versant entre les bassins du Zambèze et du Congo, la Kabompo forme également une frontière naturelle entre la Zambie et la République Démocratique du Congo. Ce positionnement géographique unique lui confère une importance stratégique.

Alors que les tensions politiques et économiques peuvent souvent exacerber les conflits autour des ressources naturelles, la Kabompo pourrait devenir un symbole de coopération entre ces deux nations. En effet, une gestion conjointe de cette ressource précieuse pourrait aider à apaiser les rivalités et promouvoir le développement durable.

Au-delà de son rôle écologique et géopolitique, la Kabompo est également ancrée dans l’imaginaire collectif des communautés locales. Pour de nombreux Zambiens, elle représente bien plus qu’un simple cours d’eau. Elle est une source de vie, un lieu de rituels et de traditions. Les habitants des rives de la Kabompo y trouvent nourriture, réconfort et identité.

Pourtant, l’absence de reconnaissance internationale de son importance culturelle et historique est frappante. Alors que le monde se concentre de plus en plus sur les enjeux environnementaux et la sauvegarde des ressources naturelles, il est impératif de porter un regard neuf sur des joyaux comme la rivière Kabompo.

Sa profondeur et sa beauté méritent d’être célébrées et protégées. Les gouvernements et les organisations environnementales doivent se pencher sur cette rivière, non seulement pour préserver son écosystème, mais aussi pour promouvoir son potentiel en tant que destination touristique et source de fierté nationale.

La rivière Kabompo est un géant méconnu, une merveille naturelle qui attend d’être mise en lumière. En tant que deuxième plus profonde rivière d’Afrique et l’une des cinq plus grandes au monde, elle mérite une attention accrue.

Il est temps de redéfinir notre rapport à cette rivière, de lui accorder la reconnaissance qu’elle mérite, et de l’intégrer dans le récit plus large de l’Afrique. La Kabompo n’est pas seulement un cours d’eau ; elle est une invitation à explorer, à comprendre et à célébrer la richesse naturelle et culturelle de notre planète.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Actualité

Ormuz sous verrou : Les gouvernements ouvrent les vannes, la RDC n’y déroge pas ( Décryptage d’Aldo Kamwanga, Expert du secteur des ressources naturelles et Consultant )

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Le souffle de l’histoire est devenu brûlant. Alors que Donald Trump vient de couper court à tout espoir de désescalade immédiate en annulant le vol de ses émissaires, Jared Kushner et Steve Witkoff, vers le Pakistan, et que Union européenne, réunie en urgence, dresse le constat d’un choc durable né des fronts iranien et ukrainien, la réalité nous rattrape à la pompe.

Le détroit d’Ormuz n’est plus une simple ligne sur une carte maritime ; c’est un garrot qui se resserre sur la gorge de l’économie mondiale. Avec une offre amputée de 20 % en un clin d’œil, le marché ne se contente pas de convulser : il délire. De Paris à Kinshasa, en passant par Nairobi, le pistolet à la pompe ne distribue plus seulement du carburant, il injecte un poison lent : l’inflation.

Les chiffres donnent le vertige et dessinent une géographie de la crise : +15 % sur le diesel au Kenya, +13 % en moyenne dans une zone Schengen où l’Allemagne frôle les 20 %, et un bond de 18 % au Royaume-Uni. Dans cet œil du cyclone, la République démocratique du Congo semble, pour l’heure, jouer les amortisseurs avec une hausse contenue sous les 10 %.

La perfusion : le grand retour de l’État-providence

Face au spectre d’une explosion sociale ( des “gilets jaunes” européens aux émeutes possibles à Luanda ou à Nairobi ) les dogmes libéraux volent en éclats. C’est le retour fracassant des subventions massives, cette “perfusion” financière devenue l’unique rempart, au grand dam des institutions de Bretton Woods.

L’Europe et son “quoi qu’il en coûte” : Bruxelles a ressorti les recettes de la crise sanitaire. La France et l’Allemagne subventionnent leurs secteurs vitaux à bout de bras. L’Espagne renonce à 5 milliards d’euros de recettes de TVA. Même la Belgique mobilise 80 millions d’euros pour éviter la paralysie des ménages les plus fragiles.

L’Afrique, elle, est au pied du mur : ici, on ne gère pas, on pare au plus pressé. Si Nairobi divise sa TVA par deux, Kinshasa opte pour l’électrochoc : une TVA à 0 %. L’objectif est autant politique qu’économique : bloquer l’effet domino avant que le moteur de l’économie réelle ne se grippe.

Le paradoxe du raffinage : dépendance africaine, repli européen

C’est ici que le bât blesse, et Organisation des producteurs de pétrole africains ne s’y trompe pas. Le paradoxe est cruel : l’Afrique déborde de brut, mais manque de produits finis.

Le constat dressé le 17 avril lors d’un webinaire de African Energy Commission est sans appel : sans une capacité de raffinage locale d’au moins 150 000 barils par jour et par région, le continent restera otage des soubresauts mondiaux.

Comme l’a souligné Lerato Mataboge, cette dépendance ( jusqu’à 80 % d’essence importée ) constitue une menace directe pour la souveraineté des réserves de change.

Pendant ce temps, l’Europe réduit ses capacités. Sous la pression de normes environnementales strictes et de la fin programmée du moteur thermique à l’horizon 2035, les raffineries ferment ou se transforment. L’exemple de Grandpuits illustre ce basculement : une victoire écologique, mais un affaiblissement stratégique à court terme.

Cap sur le 8 mai : Addis-Abeba, l’heure de vérité

Le prochain sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba ne sera pas une réunion de plus. Il doit marquer une riposte systémique.

Réserves stratégiques, interconnexion énergétique, accélération du solaire : le plan existe. En 2026, la transition énergétique n’est plus un luxe, mais une nécessité. L’indépendance ne se proclame plus, elle se construit.

Aldo Kamwanga/Expert et Consultant 

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