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La race des « Communicateurs » : Un fléau pour la République ? (Par Jean Kenge Mukengeshayi/Journaliste-Analyste)

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La globalisation des échanges a donné naissance, au niveau de la communication, à de nouveaux types de médias, notamment les médias sociaux et les self-médias.

Désormais, chacun peut s’enfermer dans sa chambre ou son salon, pomper des diatribes ou décliner des soi-disant vérités ex cathedra. En fonction de ses intérêts ou ceux de son groupe, tout le monde peut dire n’importe quoi et n’importe quand, sans s’astreindre à aucune limite, ni morale ni sociétale et encore moins professionnelle, au nom de la toute-puissance de la liberté d’expression. Il en découle naturellement des dérives et des dérapages que personne ne veut évidemment assumer.

Chez nous, cet outil redoutable a vu s’engouffrer dans son secteur d’activité toutes sortes d’individus. Les uns s’affublent du titre de « communicants », d’autres se veulent plus neutres en se qualifiant de « communicateurs ». D’autres encore se réclament de manière ronflante d’être des « journalistes », sans la formation qui va avec et sans en maîtriser ni l’éthique ni la déontologie.

La brèche ainsi ouverte a été mise à profit par des individus sans foi ni loi, dont le seul objectif est de mettre notre société sous coupe réglée, des individus qui multiplient des cadeaux et des dons pour s’offrir des louanges dithyrambiques sur les chaînes YouTube qui ont pullulé comme des champignons vénéneux, attaquer les adversaires sans concession, diviser la nation et les populations sans aucune limite en terme de rationalité, de moralité ou de philosophie humaine.

Des sujets sont annoncés pêle-mêle, la construction des émissions n’obéit à aucun plan, les genres ne sont pas précisés et les questions de référence ne sont qu’une vue de l’esprit. Les éditoriaux prennent l’espace de toute une émission et les informations comme faits d’actualité sont balancées dans une incohérence qui écœure.

On va où là ? C’est vrai que nos communicateurs rendent d’éminents services. A un certain moment, ils étaient au four et au moulin ainsi que sur le fronton de la nation pour porter à bout de bras « le combat ». Mais les brebis galeuses se sont introduites dans la bergerie et les dérapages se sont installés. Le déficit de formation, la confusion des genres, la contradiction dans les récits, les annonces pompeuses, les complots, les attaques personnelles, les révélations qui se suivent mais ne se ressemblent pas…Tout se multiplie à très grande vitesse et de manière exponentielle comme dans une sorte de kaléidoscope et, à la fin, plus personne ne comprend ce qui nous arrive, chacun des communicateurs proclamant détenir la vérité universelle qui éclaire les étoiles et nous montrent la route.

Il faut mettre rapidement fin à cette cacophonie. Il faut stopper les dérives et les abus. Il faut qu’on arrive à savoir qui est qui, qui fait quoi, où, quand, comment, pourquoi et avec quels effets. La république sera bien gardée.

La régulation est un combat qui doit se réinventer à l’aune des dérapages pour assainir notre espace politico-médiatique. C’est une urgence.

Kenge Mukengeshayi (Journaliste/Analyste)

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Esclavage des enfants : A Kananga, l’urgence d’agir face au phénomène « Bayanda »

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Au cours d’une ronde effectuée par CONGOPROFOND.NET, dans la ville de Kananga, un constat alarmant s’impose : de nombreux enfants et adolescents sont livrés à eux-mêmes dans les rues. Certains, encore en âge scolaire, sont contraints de travailler comme transporteurs à vélo, communément appelés « bayanda », pour subvenir à leurs besoins quotidiens.

Ces jeunes, qui devraient être assis sur les bancs de l’école, arpentent plutôt les artères de la ville, exposés à toutes les formes de vulnérabilité. Une situation qui illustre crûment une réalité persistante, bien loin des discours officiels.

Une Journée mondiale au goût amer

Le 16 avril, à l’occasion de la Journée mondiale contre l’esclavage des enfants, cette réalité a pris une résonance particulière. À Kananga, cette journée n’a pas été une simple commémoration, mais un révélateur d’un phénomène profondément enraciné.

Des acteurs de la société civile ont saisi cette occasion pour interpeller l’opinion publique et les autorités, appelant à une prise de conscience urgente face à ce qu’ils considèrent comme une forme moderne d’exploitation des enfants.

La société civile hausse le ton

Parmi les voix les plus engagées, celle de la structure La Voix des Jeunes du Grand Kasaï (VJKA-ASBL), dirigée par sa coordonnatrice Merveille Tshibola, dénonce une situation préoccupante. Selon elle, abandonner un enfant à la rue revient à compromettre l’avenir même de la République démocratique du Congo.

Elle souligne qu’au Kasaï-Central, de nombreux enfants sont arrachés à leur environnement naturel (la famille, l’école et les espaces de socialisation ) pour être plongés dans des activités pénibles, notamment dans les marchés, les carrières ou sur les routes.

Des pratiques assimilées à une forme d’esclavage

Pour plusieurs observateurs, cette situation tend à se banaliser, au point d’être tolérée dans certaines couches sociales. Pourtant, les conséquences sont lourdes : exposition aux dangers, mendicité forcée et travaux pénibles deviennent le quotidien de ces mineurs.

La présidente provinciale du Cadre de concertation de la jeune fille rappelle que le foyer doit rester un espace de protection. De son côté, Vincent Kayembe Tshiamumanya, coordonnateur provincial de la Commission nationale des droits de l’homme, condamne fermement ces pratiques, qu’il juge inacceptables.

Un appel pressant à l’action

Au-delà du constat, la société civile lance un appel clair : la lutte contre l’esclavage des enfants ne peut se limiter à des discours. Elle exige des actions concrètes, des politiques publiques adaptées et une responsabilisation accrue des parents.

À Kananga, derrière chaque enfant exploité se dessine une crise silencieuse : celle d’une génération privée de ses droits fondamentaux. Face à cette réalité, les acteurs locaux ne demandent plus ( ils exigent ) des mesures urgentes pour protéger l’enfance et restaurer sa dignité.

Mike Tyson Mukendi / Congoprofond.net

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