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LA PROBLEMATIQUE DU VIVRE-ENSEMBLE ET DE L’ACCEPTATION DE L’AUTRE : De la différence et de la vérité (Tribune de Kabombo Banza Geoffrey Benjamin, Bachelier en philosophie)

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Dans la sphère de l’intersubjectivité et dans la relation interpersonnelle, il existe une pertinente question qui nécessite une profonde cogitation : le conflit, est-ce une forme de relation ou est-ce un échec de relation ? Cette interrogation est révélatrice d’un mal cancérologique qui affecte la cohabitation des personnes. Certes le conflit semble être inhérent à la vie des hommes mais pourtant nous croyons qu’il résulte d’une mégestion relationnelle, d’une non-reconnaissance de l’autre dans sa singularité et dans son individualité, et d’un refus d’acceptation de la dignité de l’autre. Dans l’hypothèse selon laquelle le conflit n’est pas une forme de relation naturelle, comment trouve-t-il son existence ou par quel processus vient-il à l’existence ? Dans quelle mesure la question de l’acceptation, de la différenciation entre-elle en ligne de compte ? Quelles peuvent être les retombés sociopolitiques du refus de l’autre ?

Le conflit a plusieurs causes. La plus récurrentes et celle que nous pensons être essentielle est le regard qu’un sujet, un ‘‘je’’ porte sur un autre sujet qui est le ‘‘tu’’. (La notion du ‘je’ et du ‘tu’ cfr les philosophes de l’altérité). Ce ‘‘tu’’, sa valeur est mitigée puisqu’il tend à être chosifié, à devenir un ‘‘cela’’. De ce fait, il s’avère nécessaire voir impérieux de lutter au côté d’Axel Honneth (philosophe allemand) pour une reconnaissance : la reconnaissance en amont de la dignité qu’à chaque homme. Ainsi l’inacceptation de l’autre est un élément décisif et déterminant qui conduit irréversiblement aux conflits ; parce que ne pas accepter l’autre : c’est réfuté sa singularité, sa différence ; c’est rejeté son apport pour le bien-être de la cité ; pire c’est approuver tacitement l’exclusion sociale de l’autre et en fin c’est nié ses droits fondamentaux.

Ce mauvais regard, que les uns pose sur les autres, crée une caste de frustrés, des révoltés et ouvre ainsi la voie à une lutte inextricable entre des classes. Raison pour laquelle nous constatons des guerres fratricide, des conflits tribaux, des luttes sociales et le manque de cohésion sociale…

Par ailleurs, le monde, notre pays et toutes nos sociétés sont avides de paix et de tranquillité et ne peuvent y parvenir dans l’inacceptation ou dans la non-reconnaissance de l’autre. Il nous faut un espace public (notion chère au philosophe Jurgen Habermas), un chemin à l’issue du quel nous puissions arriver à un consensus dépassant ainsi nos différents en cédant quelques parcelles de nos vérités ou convictions personnelles. En effet, la vérité est une (c’est une notion d’objectivité) ; dans la quête de cette vérité, chacun à sa vérité qui doit être accepté par tous étant donné le fait qu’il est différent, il est lui et ne peut être toi ou moi (c’est une notion de subjectivité) ; et au nom de la paix, du bien-être de tous il convient de trouver un terrain d’attente où chacun apporte sa spécificité ( ce qui nécessite la prise en compte de la notion de l’éclectisme). Nous ne pouvons pas parvenir à un bon vivre ensemble en excluant la notion de la différence.

DE LA DIFFERENCE ET DE LA VERITE

L’homme est fondamentalement un être de relation, il ne peut vivre heureux en étant seul, il ne peut s’accomplir en étant une monade et ne peut parvenir à son devenir en écartant les autres, en foulant aux pieds leur dignité. En outre, une des caractéristiques phares de nos sociétés est le pluralisme ; sur base de ce principe chacun à sa vision du monde et son appréhension propre du monde. Est-ce alors une raison suffisante, lorsque la vision de l’autre diffère du mien pour le rendre un objet ? Non. Nous devons apprendre aujourd’hui plus que jamais à tolérer « la vérité » de l’autre, à accepter la différence. Cette notion du pluralisme et cette nécessaire acceptation de l’autre ne tue pas pour autant la vérité. La vérité est une et immuable. Sa recherche entre le ‘je’ et le ‘tu’, entre moi et toi, entre l’un et l’autre a pour soubassement nos vérités. Cette recherche demande un dialogue avec un langage qui n’asphyxie pas l’autre, ni le dénigre, ni l’édulcore. L’autre doit ressentir qu’il est humain et reconnu comme tel, qu’il est libre de penser.
En somme, il est difficile de vivre dans une société sans conflit voir c’est de l’utopie mais du moins à la lumière de ce qui précède que chacun de nous s’efforce, au tant que faire se peut, à ne pas être source des conflits ; à voir l’autre comme une chance, comme une ouverture. Le bien-vivre ensemble passe par un regard neuf porté sur l’autre. En politique, en société et partout où nous sommes, l’autre est un partenaire avec qui je recherche la vérité et le bien-être commun ou mieux le bonheur. Le bien-vivre ensemble nécessite que nous prenions à bras le corps ces notions existentielles : de bien être, de l’accueil et de l’acceptation de l’autre, de la différence, du consensus, du pluralisme, de la tolérance…

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