Société
La piscine municipale de Kabinda : Quand la gouvernance gadget masque l’indécence
Dans un récent développement surprenant, les autorités de la République Démocratique du Congo ont décidé d’instaurer une police vestimentaire en interdisant les promenades en babouches à Gombe. Cette mesure, censée résoudre des problèmes de propreté dans la capitale, Kinshasa, soulève des questions essentielles sur les priorités et l’efficacité des décideurs politiques.
Alors que la saleté de la ville crie à l’aide, au lieu de s’attaquer aux véritables sources du problème telles que les déchets plastiques qui jonchent les rues, les autorités semblent préoccupées par des détails insignifiants. En effet, punir ceux qui portent des babouches ne fera que masquer temporairement l’indécence environnementale qui sévit à Kinshasa.
Plutôt que de réglementer les vêtements des citoyens, il est impératif de s’attaquer aux racines du mal. En payant correctement le peuple, en nettoyant efficacement la ville et en punissant ceux qui la salissent, les autorités pourraient véritablement inspirer un changement positif dans la société congolaise. Il est grand temps que les mesures absurdes et ridicules cèdent la place à des actions concrètes et significatives.
Plutôt que de se focaliser sur les babouches, il est urgent de viser l’essentiel : une gouvernance responsable, une propreté réelle et une justice sociale. Seul en agissant ainsi, les Congolais pourront s’habiller décemment et avec élégance, non pas par contrainte, mais par fierté et respect de leur environnement et de leur société.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
À la Une
Jeux d’argent en RDC : Le ministère des Finances lance la grande réforme de la régulation du secteur
Le gouvernement congolais franchit une étape décisive dans la modernisation du secteur des jeux d’argent. Sous l’impulsion du ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, la Cellule de surveillance des jeux d’argent a engagé un vaste processus de réforme destiné à assainir et structurer un secteur en pleine expansion.
C’est dans cette dynamique que le coordonnateur de la Cellule de surveillance des jeux d’argent, Dieudonné Ntumba, a présidé une importante réunion avec les opérateurs du secteur au Centre financier de Kinshasa. Cette rencontre marque le lancement d’une série d’activités visant à mettre en place un cadre moderne de régulation, conforme aux standards internationaux.

Un partenariat entre l’État et les opérateurs
Dans son allocution, Dieudonné Ntumba a insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite entre les pouvoirs publics et les opérateurs privés afin de garantir une concurrence loyale et de prévenir les dérives liées à la criminalité financière.
« Le rôle de l’État n’est pas d’empêcher les activités économiques, mais de les encadrer », a-t-il déclaré, rappelant que cette démarche s’inscrit dans la vision du gouvernement de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka visant à moderniser l’économie nationale tout en protégeant les populations vulnérables.
Une plateforme numérique pour contrôler les flux financiers
Parmi les mesures phares annoncées figure la mise en place d’une plateforme centralisée de régulation. Cet outil permettra aux autorités de suivre en temps réel les transactions et les mouvements financiers générés par les opérateurs de jeux.
L’objectif est double : renforcer la transparence du secteur et optimiser la mobilisation des recettes publiques. Les opérateurs ont ainsi été invités à intégrer leurs systèmes à cette nouvelle infrastructure technologique.
Vers un nouveau cadre légal
La réforme s’accompagne également d’une évolution du cadre juridique. Un projet de loi sur la régulation des jeux d’argent est actuellement examiné au Parlement. Ce texte ambitionne de remplacer les dispositions héritées de l’époque coloniale par une législation moderne adaptée aux réalités actuelles du marché.
En attendant son adoption, la Cellule de surveillance poursuit la mise en œuvre des mécanismes de contrôle et d’encadrement destinés à préparer le secteur à cette transition.
Un soutien des acteurs du secteur
Les opérateurs présents à la réunion ont salué l’initiative du ministère des Finances. Responsable commercial et marketing de PixLab RDC, l’un des participants a estimé qu’un environnement mieux réglementé permettra aux entreprises d’exercer leurs activités dans un climat plus sécurisé et plus prévisible.
À l’issue des échanges, Dieudonné Ntumba a réaffirmé la volonté du ministère des Finances de maintenir un dialogue permanent avec les opérateurs afin d’assurer une mise en œuvre harmonieuse de cette réforme stratégique pour l’économie nationale.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
