Analyses et points de vue
La pantalonnade autoritaire et incompétente crasse : déclarer la guerre à la pensée libre
Le 3 juin 2025, Christian Bosembe, Président du CSAC, a atteint des sommets dans l’art du ridicule autoritaire. Son injonction interdisant aux médias de mentionner Joseph Kabila et le PPRD – sous le fallacieux prétexte de « lutte contre l’apologie du crime » – est une insulte à l’intelligence collective. Une censure aussi grotesque qu’illégale qui ridiculise la démocratie congolaise.
Pire, son revirement pathétique 24 heures plus tard, où il tente de noyer le poisson dans des arguties sémantiques, révèle un niveau d’amateurisme qui ferait rougir un étudiant en droit de première année en affirmant qu’il n’a « pas interdit de citer Joseph Kabila », mais seulement « l’apologie du crime » – une pirouette sémantique qui révèle l’improvisation et l’arbitraire de sa démarche.
La vérité est crue : le cirque Bosembe ne fait plus rire grand monde. Le CSAC est fragilisé par des échecs. Christian Bosembe est prêt à tout pour jouer les censeurs dans le but de masquer l’effondrement de sa crédibilité. Le Président Bosembe ose invoquer des exemples étrangers (Russie, Allemagne, États-Unis) comme si la RDC était une démocratie mature. La réalité ?
La Constitution congolaise (Art. 24 et 25) garantit la liberté de la presse, mais le CSAC la piétine allègrement, comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. En quoi couvrir les activités d’un parti politique ou les déclarations d’un ancien chef d’État constitue-t-il une apologie du crime ? Le saviez-vous ? En 2023, ce même Christian Bosembe avait interdit aux médias de parler du RDF/M23.
Avant que la RTNC, chaîne officielle, ne diffuse des images de négociations avec ces mêmes terroristes. Cette interdiction tombe à pic au moment où Joseph Kabila vient de voir son immunité levée pour « trahison ». Il a osé parler à Goma, ville en crise, pour dénoncer l’incurie du régime. Le PPRD a été suspendu par le ministère de l’Intérieur. L’État de droit ne peut virer au règlement de comptes.
Pourquoi Joseph Kabila est-il banni, mais pas les caciques du FCC qui pactisent avec les ennemis de notre peuple ? Pourquoi la RTNC peut couvrir le RDF/M23, mais pas les médias indépendants citer Joseph Kabila ? Parce que la censure, ici, n’a rien de juridique – tout est émotif, passionnel à défaut d’être informationnel. Laisser cet impair, c’est cautionner la mort programmée du journalisme congolais.
Certains journalistes préfèrent se taire que risquer la fermeture. En étouffant le débat, le CSAC pousse les pro-Kabila vers les réseaux sociaux et médias étrangers. Il se pose un problème sérieux de crédibilité. Comment croire un CSAC qui interdit un jour et se rétracte le lendemain ? Joseph Kabila accuse Félix Tshisekedi de « dictature ». Réponse de Christian Bosembe ? Une censure digne des pires heures de FPR au Rwanda.
L’ironie est tragique. Christian Bosembe qui a instruit aux journalistes de s’instruire devrait relire Orwell : « Plus un homme est faible et inculte, plus il censure. » Cette interdiction n’est pas une « erreur ». C’est un aveu de faiblesse. Que faire ? Documenter chaque abus (comme les vidéos de Joseph Kabila supprimées sur YouTube). Exiger des textes clairs : Où est la loi interdisant de citer Kabila ?
Il faut rappeler à Christian Bosembe que le combat contre le Rwanda se gagnera par les idées, pas par la censure. Ce combat contre le Rwanda est aussi un combat pour les valeurs démocratiques – et non pour l’obscurantisme médiatique. Un peuple qui accepte la censure mérite ses chaînes. Le CSAC veut nous faire taire. À nous de hurler plus fort. La bêtise se mesure à la peur qu’elle a de la liberté.
Le CSAC sous Christian Bosembe piétine la liberté de la presse et les acquis démocratiques au nom d’un pseudo-ordre médiatique. Cette décision arbitraire, dépourvue de base juridique solide, s’inscrit dans une logique de censure politique et de contrôle de l’information. Comment combattre les idées de Joseph Kabila et la démarche des traîtres à la nation congolaise si on ne peut même pas les analyser ?
Le CSAC prétend protéger la nation, mais il étouffe le débat nécessaire sur le risque de la balkanisation et de la congolisation de l’agression rwandaise. Loin des missions réelles du CSAC (comme le montre son incapacité à expliquer son mandat face à Christian Lusakweno). Le censeur de la pensée libre est comme un voile sur la vérité : il étouffe la lumière pour préserver l’ombre.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Analyses et points de vue
Un accueil sous haute surveillance : Kinshasa ouvre ses portes avec prudence stratégique
C’est un signal diplomatique aussi discret que lourd de conséquences. En confirmant l’arrivée ce 17 avril d’un premier contingent de 15 ressortissants de pays tiers sur son sol, la RD Congo endosse un rôle géopolitique délicat. Alors que les crises migratoires et les politiques de relocalisation déchirent les consensus occidentaux, Kinshasa choisit la voie d’une solidarité strictement encadrée.
Le message est ciselé : il s’agit d’un accueil “transitoire”, sous “titres de court séjour”, et non d’une installation durable. Dans une nation où la souveraineté est un trésor jalousement gardé, le gouvernement Tshisekedi trace une ligne rouge claire : la RDC est un partenaire humanitaire, mais pas une terre d’asile par défaut. Le montage financier de l’opération achève de lever toute ambiguïté sur l’équilibre des intérêts en présence.
La prise en charge étant intégralement supportée par le Trésor américain, la RDC prête son territoire sans exposer ses finances publiques, pourtant exsangues. Ce modèle de “sous-traitance humanitaire” permet à Washington de gérer un flux migratoire sensible loin de ses côtes médiatiques, tout en offrant à Kinshasa un levier de négociation non négligeable dans ses relations avec l’Occident.
C’est une transaction tacite où la générosité affichée sert de paravent à un réalisme politique froid : l’hospitalité congolaise est temporaire, financée, et révocable. Si le chiffre de 15 personnes semble dérisoire au regard des millions de déplacés internes que compte déjà le Congo, la portée symbolique est immense. En pleine crise sécuritaire dans l’Est, le pouvoir central démontre sa capacité à contrôler ses frontières et à organiser des flux migratoires “ordonnés” selon des standards internationaux.
Ce premier vol est un test, une démonstration de force administrative qui vise autant la communauté internationale que l’opinion publique nationale. Le gouvernement le sait : la patience de la population face à l’accueil d’étrangers, quand des milliers de Congolais dorment encore sous des tentes à Goma, est une équation explosive. Pour l’instant, le gouvernement maîtrise la narration. Mais la gestion de la perception locale sera, à terme, le véritable défi de cette opération.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
