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La nouvelle génération des politiciens congolais : atouts et faiblesses

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L’année 2018 a révélé la première alternance démocratique en RD Congo entre Félix Tshisekedi, le président entrant, et Joseph Kabila, le président sortant.

Et depuis lors, la classe politique a changé de visage.

Fini l’ère des anciens pères de l’indépendance avec le décès du patriarche Antoine Gizenga.

Les « mouvanciers » de l’époque Mobutu ont vendu leurs âmes aux plus offrants. Certains d’entre eux, dont Alexis Thambwe Mwamba, militent à côté de l’ancien président de la République, Joseph Kabila, tandis que d’autres s’affichent aux côtés du nouveau président, Félix Tshisekedi. Parmi eux : Kitenge Yezu. D’autres encore, comme Ngbanda, continuent à croire à un retour d’outre-tombe de Mobutu.

En ce qui concerne les anciens kabilistes afdeliens, si une grande partie est tombée entre les mains du fils du Mzee LD Kabila, Joseph Kabila, d’autres se sont mués en opposants (Mwenze Kongolo) et en centristes ( Le sénateur Didier Mumengi).

Quels sont ces hologrammes politiques qui nous dirigent actuellement ?

Voici les profils de la nouvelle génération des politiciens dressés en collaboration avec Babi Kundu, juriste et expert en politique congolaise.

1. FÉLIX TSHISEKEDI

Un politicien convaincu, qui a fourbi ses armes dans l’ombre de son père, qu’il imite en plusieurs points de sa vie.
Homme de convictions avec une constance à faire pâlir un ange, il a dirigé, depuis la mort de son père Etienne Tshisekedi, l’Udps avec dextérité jusqu’à faire accéder sa personne et son parti à la magistrature suprême.
Très volontariste et féru de la démocratie vivante, « Fatshi » est le premier chef de l’État à ramener la Rdc dans le giron des pays respectables après 3 decennies. Craint par ses anciens pairs de l’opposition à cause de sa constance, il est embarqué dans une alliance qualifiée de contre-nature avec l’ancien « ennemi » FCC, qui parfois lui joue des tours.

Très apprécié dans le microcosme politique, ainsi que par ses pairs chefs d’États, ses plus grandes faiblesses sont sa lenteur d’action (on dit parfois qu’en RDC, il faille un peu de dictature!), sa volonté acharnée au compromis, et son justement alliance avec le FCC.

Actuel chef de l’État, il compte briguer un nouveau mandat en 2023.

2. JOSEPH KABILA

Fils d’ancien chef d’État, il l’est devenu lui-même à la mort de son père.
Considéré, à tort, comme un OVNI politique, et alors qu’on ne lui donnait que peu de chance pour diriger, il a pourtant gouverné le pays durant 18 ans, entouré des courtisans, qui n’ont fait que lui attirer des ennuis par leurs mauvais conseils, jusqu’à plonger le pays dans les abysses de la déliquescence.

Ses faiblesses : son manque de préparation à la fonction, un mauvais entourage, l’affairisme, et l’installation au pouvoir d’une bourgeoisie comprador.

Toutefois, l’histoire retiendra qu’il a été le premier chef de l’État à passer la main, à accepter la première alternance politique, mais aussi à avoir organisé les élections, si imparfaites furent-elles, sans l’ingérence occidentale.
Il est donc à féliciter et à copier sur beaucoup de points.

3. VITAL KAMERHE

Fin stratège, bon négociateur, visionnaire et fin connaisseur du terrain politique de ces 20 dernières années, le « Pacificateur », comme il aime bien se faire appeler, a été de tous les coups politiques de ces dernières décennies, en participant d’abord à l’arrivée au pouvoir de JK, en en restant l’un des pilliers de son parti politique ( PPRD), avant de tomber en disgrâce.

Désormais major à l’opposition, il a brillé bizarrement par l’inconstance, au point d’être surnommé « Kamerhéon », tellement il changeait des couleurs!

Partisan de l’opposition consensuelle, il rejoindra Fatshi après la débâcle de Genève en créant « CACH », machine par laquelle tous les deux seront portés au pouvoir, ajoutant à l’homme un nouveau galon, celui de « faiseur des rois ».
Car il apparaîtra comme le président de la République « bis » durant 14 mois, avant d’être arrêté dans le cadre du Programme de 100 jours, lui assenant un coup fatal.

Ses faiblesses sont ses mœurs jugées parfois légères, son amour inconsidéré du lucre et du m’as-tu-vu, porté facilement à la « kinoiserie » dans ses facettes les plus reprouvées.
Il n’a pas encore dit son dernier mot, et peut rebondir à tout moment.

4. MARTIN FAYULU

Opposant de longue date ayant aussi fourbi ses armes dans l’ombre du Sphinx de Limete. Il a été étonnamment l’un de plus médiocres élève du tshisekedisme par son inconstance politique, mais surtout, sa maladie de ne pas respecter la parole donnée.

Vrai mobilisateur et homme de terrain, il a été l’un des opposants respectables, sans son parcours chaotique drainé d’embrouilles et de « traîtrise », notamment lorsqu’il votera un candidat gouverneur de Kinshasa autre que celui désigné par sa plate-forme, sa soif de siéger presque pour rien à l’assemblée nationale après le mot d’ordre de sa plate-forme en 2011, mais pire, il poignarda dans le dos son frère Félix Tshisekedi à Genève pour prendre sa place comme candidat commun de l’opposition.

Ses faiblesses majeures sont son tempérament violent, son inconstance dans les deals politiques, son manque criant des stratégies, la petitesse de son parti politique, et la sous-traitance dont il a été au centre du jeu durant les élections de 2018 par des forces financières étrangères et des candidats recalés locaux, qui vont le laminer à la prochaine présidentielle et lui rafler l’électorat qu’ils lui avaient prêté.

5. MOÏSE KATUMBI

Très bon manager dans les affaires et au football, pourtant piètre politicien. Il a l’avantage d’avoir dirigé une riche province non découpée et sans réel contrôle parlementaire. Ce qui lui a permis de se faire une bonne santé financière pour des lustres.

Kabiliste par opportunisme avec seul leitmotiv : s’enrichir. Il quittera la mangeoire pour essayer de tracer sa propre route, sans s’assurer ses arrières !
Car lorsque la machine broyeuse de la « kabilie » s’est mise en branle, il s’est retrouvé dans de vraies misères.

Ses faiblesses sont principalement son passé kabiliste très engagé qui choque parfois, son pouvoir d’argent qui le dessert car soupçonné d’acheter hommes et services, et son manque criant de leadership politique.
« Cet homme ne sera jamais président de la République, peut être après la mort de tous les hommes intelligents de la Rdc! », balance un observateur averti.

6. JEAN-PIERRE BEMBA

« Fils à papa » né avec une cuillère en or dans la bouche, il fait de bonnes études et se lance tôt dans les affaires. Il a l’avantage de ne pas se surexciter devant les plaisirs du monde, qu’il connait depuis son enfance.

Basculé dans l’horreur des rébellions avec l’appui des pays étrangers, il est considéré comme un homme de poigne qui ne lésine pas sur les moyens pour prendre le pouvoir, de gré ou de force. Il passera 10 ans au quartier de haute sécurité de Scheveningen à la Haye, poursuivi par la CPI.

Depuis sa sortie de prison, l’homme est en rémission, moins percutant, un peu plus concilié et conciliant, mais n’a pas encore renoncé à la course au pouvoir.
Il semble naviguer à vue, sans savoir où mener son parti, qui commence à produire de nouveau des électrons libres comme Mamba. Les épisodes vécus durant tout le temps de son emprisonnement et où le MLC a été le vivier de la kabilie, qui y a piqué tous ses éléments valeureux, sont encore frais dans l’opinion.

7. ADOLPHE MUZITO

Transfuge du Palu, connu pour être le plus faible premier ministre que ce pays a connu, cet inspecteur des finances est très à l’aise avec les chiffres.

Il doit son ascension politique à son oncle, le patriarche Gizenga qu’il remplacera au poste de premier ministre de Kabila.

Mou, calculateur, suiviste, on lui reproche souvent ses relents de soutenir Fayulu que pour des raisons d’origines de terroir, sans conviction particulière.

Bishop Mfundu/CONGOPROFOND.NET

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ARSP : Ted Beleshayi prend les commandes, l’heure du renouveau et des réformes ambitieuses a sonné

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Le vent du renouveau souffle sur l’Autorité de Régulation de la Sous-traitance dans le Secteur Privé (ARSP). Par une série d’ordonnances présidentielles lues ce jeudi à la télévision nationale, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a procédé à un important réajustement stratégique en confiant la direction générale de cette institution clé à Ted Beleshayi. Il sera épaulé par Felly Samuna, nommé Directeur général adjoint.

Cette décision met fin au mandat de Miguel Kashal Katemb et ouvre un nouveau chapitre pour une institution appelée à jouer un rôle déterminant dans la promotion de l’entrepreneuriat national et l’émergence d’une véritable classe moyenne congolaise.

Le couronnement d’un parcours d’excellence

La nomination de Ted Beleshayi est largement perçue comme l’aboutissement d’un parcours marqué par la compétence, la discipline et la fidélité aux idéaux de son engagement politique.

Jeune cadre de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) et figure influente de la jeunesse du parti, le nouveau Directeur général incarne cette génération de dirigeants sur laquelle le Chef de l’État mise pour concrétiser sa vision de développement de la République démocratique du Congo.

Homme de terrain et de conviction, il s’est illustré par son attachement aux valeurs républicaines, à la justice sociale et à la bonne gouvernance. Son accession à la tête de l’ARSP apparaît comme un signal fort en faveur du renouvellement des élites et de la promotion des compétences nationales.

Un expert de la gouvernance financière à la tête de l’ARSP

Expert-comptable et auditeur chevronné, Ted Beleshayi présente un profil alliant expérience du secteur privé et maîtrise des rouages de l’administration publique.

Ancien cadre du cabinet KPMG entre 2011 et 2020, il a supervisé la certification des comptes de multinationales actives dans les secteurs minier, énergétique et des télécommunications. Il a également travaillé avec d’importants bailleurs internationaux, notamment la Banque mondiale et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), tout en participant à plusieurs missions d’audit stratégique pour l’État congolais.

Fondateur de BelkasGroup SAS et parfaitement anglophone, il s’est spécialisé dans la gouvernance financière, l’audit et la gestion des risques avant d’exercer comme haut fonctionnaire au sein d’un organe supérieur de contrôle rattaché à la Présidence de la République.

Le choix d’un technicien face aux défis de la régulation

Dans un contexte où la régulation économique exige davantage de rigueur et de transparence, le choix du Chef de l’État s’est porté sur un profil résolument technique.

Inspecteur des finances de formation, Ted Beleshayi apporte à l’ARSP une expertise forgée au sein des institutions de contrôle les plus exigeantes du pays. Sa maîtrise des mécanismes d’audit et de gestion des risques constitue un atout majeur pour renforcer la crédibilité de l’institution.

L’opinion publique attend désormais une gouvernance davantage orientée vers les résultats, la transparence et l’orthodoxie financière. L’ARSP dispose ainsi d’un dirigeant capable de rassurer les investisseurs tout en veillant à la protection des intérêts des entreprises congolaises.

Les grands chantiers de la nouvelle équipe

Si l’administration précédente a contribué à populariser la loi sur la sous-traitance, sa mise en œuvre a parfois été critiquée pour certaines lourdeurs administratives, un déficit de lisibilité et des tensions récurrentes avec les opérateurs économiques.

Pour réussir son mandat, la nouvelle équipe dirigeante devra relever plusieurs défis majeurs.

Le premier consistera à rationaliser les mécanismes de contrôle en privilégiant une approche fondée sur des audits systématiques, transparents et impartiaux.

La poursuite de la digitalisation des procédures devra également permettre de simplifier l’obtention des attestations d’enregistrement et de réduire les contraintes administratives qui pèsent sur les PME.

Réconcilier l’ARSP avec le secteur privé

L’une des priorités du nouveau management sera également de restaurer un dialogue constructif avec les acteurs économiques.

Dans cette perspective, un rapprochement avec la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) pourrait favoriser une application plus harmonieuse du cadre réglementaire de la sous-traitance.

L’objectif sera de privilégier la concertation et la confiance plutôt que les rapports de confrontation.

Par ailleurs, la réussite de la politique de sous-traitance ne devrait plus être mesurée uniquement à travers le volume financier des contrats attribués aux entreprises locales, mais également par le nombre d’emplois créés, la qualité de ces emplois et l’efficacité du transfert des compétences au profit des Congolais.

Enfin, l’opérationnalisation des mécanismes de financement entre les PME, les banques et le Fonds de Garantie de l’Entrepreneuriat au Congo (FOGEC) demeure un enjeu essentiel pour permettre aux entreprises nationales d’exécuter efficacement les marchés qui leur sont confiés.

Une nouvelle ère pour la sous-traitance en RDC

L’ARSP entre aujourd’hui dans une nouvelle phase de son histoire. Porté par la dynamique de la jeunesse, fort de son expérience en audit et en gouvernance financière, Ted Beleshayi dispose des atouts nécessaires pour impulser une nouvelle vision de la régulation de la sous-traitance.

Son mandat sera jugé à l’aune de sa capacité à transformer cette institution en un véritable levier de création de richesses, d’emplois et d’opportunités pour les entrepreneurs congolais, faisant ainsi de la sous-traitance un moteur durable de l’émergence économique de la République démocratique du Congo.

A.B.

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