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La nécessité impérative de la victoire : Réflexions sur la guerre et la stabilité dans l’Est de la RDC
Au cœur des montagnes majestueuses et des vallées profondes de l’Est de la République démocratique du Congo, une lutte acharnée se déroule.
Les enjeux vont bien au-delà des conflits territoriaux et des rivalités politiques, touchant l’essence même de la vie dans cette région des Grands Lacs. La double nécessité pour obtenir la victoire dans cette guerre contre les occupants étrangers devient non seulement impérative mais aussi cruciale pour l’avenir de millions de personnes.
La première nécessité est claire : Faire payer aux ennemis le prix de leurs crimes. Les pertes humaines incommensurables, l’enlèvement de millions d’innocents, et la souffrance endurée par les communautés locales exigent justice. Sans cela, le tissu même de la société est menacé, la confiance envers les institutions s’effrite, et la possibilité d’une paix durable s’éloigne.
Cependant, une autre dimension de cette double nécessité réside dans le retour des habitants à leurs foyers près des frontières. Cela va au-delà de la simple idée de restitution territoriale ; c’est un impératif humanitaire. La capacité des gens à reconstruire leurs vies, à rétablir des liens familiaux et communautaires, est essentielle pour restaurer la stabilité et la prospérité dans la région.
La question fondamentale demeure : Peut-on tolérer la présence persistante de nos ennemis après avoir subi des pertes aussi dévastatrices ? Si la réponse est non, alors la nécessité de parvenir à une victoire décisive devient une évidence incontestable. L’incapacité à éliminer totalement les ennemis ne fait pas seulement planer une menace immédiate, mais ouvre également la voie à d’autres conflits futurs.
La RDC, entourée de neuf voisins, est confrontée à un impératif existentiel. La persistance des conflits dans cette région ne peut être traitée comme une simple réalité de la géopolitique africaine. C’est un enjeu qui transcende les frontières, car la paix et la stabilité dans l’Est de la RDC ont des répercussions profondes sur toute la région des Grands Lacs.
La recherche de la victoire dans cette guerre n’est pas simplement une question de pouvoir militaire, mais aussi de volonté politique, de coopération internationale et de vision à long terme. C’est un appel à l’unité, à la compassion et à la détermination pour mettre fin à la souffrance qui a trop longtemps marqué cette terre.
La route vers la victoire peut sembler ardue, mais la nécessité de parvenir à cette résolution est incontestable. C’est dans cette quête que l’Est de la RDC peut trouver non seulement la paix, mais aussi la promesse d’un avenir où la prospérité remplace la douleur, où la sécurité remplace la peur, et où la dignité humaine prévaut sur la violence.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
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Nord-Kivu : à la veille de la visite ministérielle, Clovis Mutsuva appelle les chefs coutumiers à « dire la vérité » face à l’insécurité
L’arrivée annoncée du ministre des Affaires coutumières, prévue ce vendredi 17 avril 2026 dans les villes de Beni et Butembo, continue de susciter de vives réactions au sein de la communauté locale. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans le Grand Nord du Nord-Kivu, plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités coutumières appelées à rencontrer le membre du gouvernement.
Parmi elles, celle de Clovis Mutsuva, leader d’opinion dans la région, se distingue par la fermeté de son ton. À la veille de cette visite officielle, il adresse un message direct aux chefs coutumiers, communément appelés Mwami, les exhortant à assumer pleinement leur rôle face aux violences qui frappent la région depuis plus d’une décennie.
Dans une déclaration empreinte d’émotion et d’indignation, il rappelle l’ampleur des souffrances endurées par la population : « Je m’adresse à nos chefs coutumiers, nos Mwami. Voici plus de dix ans que nous mourons par décapitation. Ailleurs, les coutumiers mettent fin à la guerre dans ce pays. […] Mais ici chez nous, je ne veux pas revenir sur les petits conflits qui vous occupent souvent, comme la cession des terres… »
Au-delà du constat, Clovis Mutsuva dénonce les divisions internes et les luttes de pouvoir qui, selon lui, fragilisent l’autorité coutumière et détournent l’attention des véritables enjeux sécuritaires. Il pointe également la prolifération de faux chefs coutumiers :
« Il est vrai qu’il existe des vrais coutumiers, mais les faux existent aussi, et ils sont les plus nombreux. […] C’est une occasion importante qui ne doit pas servir à exposer encore vos querelles. »
Pour ce leader d’opinion, la visite du ministre représente une opportunité cruciale à ne pas gaspiller. Il appelle les autorités traditionnelles à privilégier l’intérêt général et à proposer des solutions concrètes pour mettre fin à l’insécurité, notamment face aux exactions attribuées aux ADF.
Il insiste sur le fait que les conflits entre chefs coutumiers n’ont jamais profité à la population : « Nous, la population, n’avons jamais vu le bénéfice de tout cela. […] Allez lui dire la vérité. Réfléchissez ensemble à comment mettre fin au phénomène ADF, comment utiliser votre pouvoir pour arrêter les massacres et récupérer nos territoires. »
Son message s’étend également à la société civile et à la jeunesse, qu’il invite à éviter tout opportunisme lors de cette visite et à privilégier la responsabilité collective.
Cette prise de parole traduit un ras-le-bol croissant au sein de la population du Grand Nord, qui attend des actions concrètes de la part des autorités, tant coutumières que politiques, pour mettre un terme à une crise sécuritaire qui perdure depuis trop longtemps.
Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET
