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La nébuleuse « Grande Orientale »: Politique, Pouvoir et Pillage en RD Congo
Dans les méandres de la récente restructuration provinciale en RD Congo, la création de la nébuleuse « Grande Orientale » a suscité des interrogations profondes quant à ses motivations réelles. Derrière le voile de l’unité nationale, des politiciens opportunistes manœuvrent pour servir leurs propres intérêts au détriment du peuple congolais.
La fragmentation de l’ancienne province orientale en quatre entités semble être une manœuvre calculée pour satisfaire les appétits politiques voraces de quelques-uns. Dans cette danse de pouvoir, il est clair que certains acteurs politiques sont prêts à tout pour asseoir leur position, même au prix de la désintégration d’unités territoriales historiques.
L’absence de logique et de transparence dans les décisions entourant la nébuleuse « la Grande Orientale » soulève des questions légitimes. Pourquoi le focus est-il uniquement mis sur le Haut-Uélé, laissant dans l’ombre le Bas-Uélé, l’Ituri et la Tshopo ? Il est indéniable que des intérêts mesquins motivent ces manœuvres, alimentant un cercle vicieux de corruption et de pillage des ressources naturelles.
Sous couvert d’un prétendu soutien aux actions du chef de l’État Félix Tshisekedi, via l’Union sacrée pour la nation, certains politiciens se complaisent en coulisses dans des pratiques douteuses, collaborant pour certains avec des groupes armés et alimentant des multinationales pour d’autres dans le but d’exploiter les richesses minières de la région.
Face à cette nébuleuse de manigances politiques et économiques, il est impératif que le peuple congolais reste vigilant et exige des comptes de la part de ceux qui prétendent agir en son nom. L’avenir de la RD Congo ne peut être compromis par les ambitions personnelles et les alliances douteuses qui sapent les fondements même de la démocratie et du progrès.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
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Nord-Kivu : à la veille de la visite ministérielle, Clovis Mutsuva appelle les chefs coutumiers à « dire la vérité » face à l’insécurité
L’arrivée annoncée du ministre des Affaires coutumières, prévue ce vendredi 17 avril 2026 dans les villes de Beni et Butembo, continue de susciter de vives réactions au sein de la communauté locale. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans le Grand Nord du Nord-Kivu, plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités coutumières appelées à rencontrer le membre du gouvernement.
Parmi elles, celle de Clovis Mutsuva, leader d’opinion dans la région, se distingue par la fermeté de son ton. À la veille de cette visite officielle, il adresse un message direct aux chefs coutumiers, communément appelés Mwami, les exhortant à assumer pleinement leur rôle face aux violences qui frappent la région depuis plus d’une décennie.
Dans une déclaration empreinte d’émotion et d’indignation, il rappelle l’ampleur des souffrances endurées par la population : « Je m’adresse à nos chefs coutumiers, nos Mwami. Voici plus de dix ans que nous mourons par décapitation. Ailleurs, les coutumiers mettent fin à la guerre dans ce pays. […] Mais ici chez nous, je ne veux pas revenir sur les petits conflits qui vous occupent souvent, comme la cession des terres… »
Au-delà du constat, Clovis Mutsuva dénonce les divisions internes et les luttes de pouvoir qui, selon lui, fragilisent l’autorité coutumière et détournent l’attention des véritables enjeux sécuritaires. Il pointe également la prolifération de faux chefs coutumiers :
« Il est vrai qu’il existe des vrais coutumiers, mais les faux existent aussi, et ils sont les plus nombreux. […] C’est une occasion importante qui ne doit pas servir à exposer encore vos querelles. »
Pour ce leader d’opinion, la visite du ministre représente une opportunité cruciale à ne pas gaspiller. Il appelle les autorités traditionnelles à privilégier l’intérêt général et à proposer des solutions concrètes pour mettre fin à l’insécurité, notamment face aux exactions attribuées aux ADF.
Il insiste sur le fait que les conflits entre chefs coutumiers n’ont jamais profité à la population : « Nous, la population, n’avons jamais vu le bénéfice de tout cela. […] Allez lui dire la vérité. Réfléchissez ensemble à comment mettre fin au phénomène ADF, comment utiliser votre pouvoir pour arrêter les massacres et récupérer nos territoires. »
Son message s’étend également à la société civile et à la jeunesse, qu’il invite à éviter tout opportunisme lors de cette visite et à privilégier la responsabilité collective.
Cette prise de parole traduit un ras-le-bol croissant au sein de la population du Grand Nord, qui attend des actions concrètes de la part des autorités, tant coutumières que politiques, pour mettre un terme à une crise sécuritaire qui perdure depuis trop longtemps.
Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET
