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La méthode des parallaxes : Le double discours politique en RDC

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En RD Congo, suivre le fil des discours politiques peut ressembler à une gymnastique intellectuelle épuisante. Un leader lance un message à Kinshasa lorsqu’il est au pouvoir, en tient un autre à Goma quand il devient opposant, et en présente un troisième sur les médias internationaux. Ce phénomène n’est pas simplement de l’opportunisme ; il relève souvent d’une stratégie consciente et calculée.

Pour le comprendre, une méthode d’analyse empruntée à l’astronomie s’avère éclairante : la méthode des parallaxes. Adaptée au contexte politique, elle devient un outil puissant pour décrypter les réalités congolaises. En astronomie, la parallaxe est la technique qui permet de mesurer la distance d’une étoile en l’observant depuis deux positions différentes. Le déplacement apparent de l’objet révèle sa vraie position et son éloignement.

Transposée en politique, cela signifie : observer un même acteur, un même parti ou une même politique depuis deux points de vue (ou publics) distincts. La différence entre les deux images perçues – le “déplacement apparent” – n’est pas une erreur, mais la clé pour mesurer la véritable distance entre le discours affiché et les intentions réelles, ou entre les promesses et les actions. Prenons un cas concret. Un homme politique s’adresse à un public urbain de Kinshasa, centre du pouvoir.

Son discours est tourné vers la modernité, la gouvernance, les partenariats internationaux et l’unité nationale. Le même leader s’exprime ensuite à Beni ou à Bukavu. Le ton change : il met en avant la sécurité, la souveraineté face aux groupes armés, les spécificités régionales, et utilise un registre symbolique et linguistique ancré localement. La parallaxe politique consiste à superposer ces deux discours. L’écart (le déplacement) entre eux révèle :

Les publics prioritaires ciblés à un moment donné. Les contradictions ou les adaptations stratégiques. Les lignes rouges internes du pays, là où le discours national unificateur ne passe pas. La méthode peut aussi s’appliquer aux structures de pouvoir. Observez une politique de décentralisation depuis le siège d’un parti majeur à Kinshasa : elle est présentée comme un transfert démocratique de compétences.

Observez la même politique depuis le bureau d’un gouverneur de province ou depuis l’antenne d’une grande entreprise minière : on y verra plutôt un calcul pour consolider des fiefs, redistribuer des rentes ou affaiblir des adversaires. L’angle de vision change tout. La “vraie distance” – la véritable nature du pouvoir – se calcule en triangulant ces points de vue. Une analyse complète nécessite un troisième point d’observation : la scène internationale. Un engagement pour des élections libres est pris à Genève ou à Washington.

La mise en œuvre sur le terrain, observée depuis les provinces, peut raconter une autre histoire. La parole donnée aux partenaires techniques et financiers diffère souvent des communications internes aux appareils sécuritaires ou militants. En mesurant la parallaxe entre le discours diplomatique et le discours domestique, on évalue le degré de pression externe, la marge de manœuvre réelle des dirigeants, ou leur capacité à jouer sur plusieurs tableaux.

Pourquoi cette méthode est cruciale pour les Congolais ? Elle apprend à ne pas se contenter d’un seul son de cloche, mais à comparer systématiquement les versions selon la cible. L’écart entre les discours n’est pas forcément un mensonge. Il peut révéler la nature fragmentée du pays, la nécessité de composer avec des équilibres complexes, ou les priorités cachées d’une faction. Elle rend l’électeur ou le citoyen moins vulnérable à la manipulation en lui offrant une grille de lecture qui dépasse l’émotion immédiate pour analyser les positionnements.

En RDC, où les réalités sont multiples et les vérités souvent relatives, la méthode des parallaxes politiques offre une boussole. Elle ne donne pas une vérité absolue, mais elle permet de naviguer entre les déclarations, de mesurer les écarts et de se rapprocher d’une compréhension plus fine des jeux de pouvoir. Pour le citoyen, c’est un outil d’autonomie.

Au lieu de subir le kaléidoscope des discours, il peut activement les observer, les comparer et calculer par lui-même la distance qui le sépare des véritables enjeux. Dans un environnement politique aussi mouvant, savoir mesurer les parallaxes, c’est peut-être commencer à se repérer.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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124 ans de la FIFA : Solange Masumbuko célèbre le football et l’exploit historique des Léopards

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À l’occasion du 20 mai 2026, marquant les 124 ans de la création de la FIFA, Solange Masumbuko Nyenyezi a livré un message empreint de fierté, d’espoir et d’ambition pour le football congolais. Elle rappelle que cette organisation, fondée à Paris en 1902, incarne bien plus qu’une institution sportive : elle symbolise l’universalité du football et sa capacité à rapprocher les peuples.

Le football, un vecteur d’unité et d’espoir
Dans son message, Solange Masumbuko souligne que le football demeure « un langage universel » capable de transcender les frontières, les cultures et les générations. Pour elle, ce sport représente également une source d’inspiration pour la jeunesse, porteuse de rêves, de discipline et de cohésion sociale.

Elle estime que la célébration de cet anniversaire de la FIFA intervient dans un contexte particulièrement symbolique pour la République démocratique du Congo, marqué par la qualification historique des Équipe de la république démocratique du Congo de football à la Coupe du monde 2026.

Une qualification historique pour les Léopards

Solange Masumbuko Nyenyezi se réjouit de voir les Léopards retrouver la scène mondiale, estimant que cette qualification démontre au monde entier que le Congo est une terre de talents, de courage et de détermination.

Elle appelle ainsi les autorités sportives et publiques à poursuivre les investissements dans les infrastructures sportives, les championnats locaux ainsi que la formation des jeunes talents, afin que cette participation au Mondial ne soit pas un simple exploit isolé, mais le début d’une nouvelle ère pour le football congolais.

« Que nos Léopards rugissent sur la scène mondiale »

Dans un ton patriotique et mobilisateur, Solange Masumbuko souhaite voir les Léopards défendre avec honneur les couleurs nationales lors de la prochaine Coupe du monde. Elle insiste également sur le rôle du sport dans la construction de la paix, de la dignité et du vivre-ensemble entre les peuples.

« Joyeux anniversaire à la FIFA, et plein succès à nos Léopards », conclut-elle dans son message adressé aux amoureux du football congolais et mondial.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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