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Analyses et points de vue

La mansuétude de la presse face aux monstruosités juridiques en RDC : Une complicité silencieuse ?

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La RD Congo, un pays riche en ressources mais lourdement marqué par des décennies de conflits et de mauvaise gouvernance, se retrouve aujourd’hui dans une situation juridique chaotique. Au cœur de cette tourmente, le nouveau ministre d’État en charge de la justice, Constant Mutamba Tungunga, dont les gesticulations populistes et actions erratiques soulèvent de vives inquiétudes.

Pourtant, un constat amer s’impose : la presse congolaise, censée être le quatrième pouvoir et garante de la démocratie, semble faire preuve d’une mansuétude alarmante à l’égard de ces monstruosités juridiques. Le système judiciaire congolais est souvent décrit comme une coquille vide, rongée par la corruption, l’inefficacité et l’arbitraire.

Les décisions de justice sont régulièrement influencées par des intérêts politiques et économiques, et les droits fondamentaux des citoyens sont fréquemment piétinés. Pourtant, l’indifférence croissante de la presse face à ces dérives est troublante. Les journalistes, au lieu de dénoncer ces abus, semblent parfois se complaire dans un silence complice.

Minimiser l’impact des décisions judiciaires iniques sur la vie quotidienne des congolais est inadmissible. La question qui se pose alors est la suivante : pourquoi la presse congolaise, malgré son rôle clé dans la promotion de la justice et de l’équité, choisit-elle de se taire ? La réponse réside peut-être dans une combinaison de facteurs, notamment la peur des représailles, l’influence des puissants et le manque de ressources.

Mais cette excuse ne peut justifier l’absence d’une véritable enquête journalistique et d’une critique acerbe des politiques du ministre d’état en charge de la Justice Constant Mutamba. Il est particulièrement choquant de constater que des affaires judiciaires emblématiques, témoignant de l’arbitraire du système, sont souvent reléguées au second plan.

Les journalistes semblent privilégier des sujets sensationnalistes ou des scoops immédiats, au détriment d’une couverture approfondie des dysfonctionnements judiciaires. Les véritables monstres juridiques, tels que les détentions arbitraires, la manipulation des procédures judiciaires et l’absence de procès équitables, restent souvent dans l’ombre.

Cette mansuétude de la presse ne fait pas qu’alimenter l’impunité des acteurs du système judiciaire. Elle crée également un climat où l’injustice devient la norme. En choisissant de ne pas s’attaquer à ces problématiques, les médias contribuent à légitimer un système qui opprime les plus vulnérables. Les victimes de ces monstruosités juridiques se retrouvent alors sans voix, sans représentant et sans espoir de justice.

Il est temps que la presse congolaise prenne conscience de son rôle crucial dans la lutte pour un État de droit. Les journalistes doivent se lever contre cette culture de la complaisance et s’engager à dénoncer les abus, à exposer les vérités cachées et à défendre les droits des citoyens. La peur ne devrait pas être une excuse. Au contraire, elle devrait être un moteur pour la quête de vérité.

Pour sortir de cette impasse, la presse doit réinventer sa mission. Cela nécessite un investissement dans le journalisme d’investigation, la formation des journalistes aux questions juridiques et une volonté affirmée de s’opposer aux injustices. La création de partenariats avec des organisations de défense des droits humains pourrait également renforcer la capacité des médias à dénoncer les abus et à tenir les autorités responsables de leurs actes.

La mansuétude de la presse face aux monstruosités juridiques en RDC est un phénomène alarmant qui nécessite une prise de conscience urgente. Les journalistes doivent retrouver leur voix et leur pouvoir, car un État de droit ne peut exister sans une presse libre, vigilante et engagée. Il en va de la dignité des congolais et de l’avenir de la démocratie dans le pays.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Actualité

Ormuz sous verrou : Les gouvernements ouvrent les vannes, la RDC n’y déroge pas ( Décryptage d’Aldo Kamwanga, Expert du secteur des ressources naturelles et Consultant )

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Le souffle de l’histoire est devenu brûlant. Alors que Donald Trump vient de couper court à tout espoir de désescalade immédiate en annulant le vol de ses émissaires, Jared Kushner et Steve Witkoff, vers le Pakistan, et que Union européenne, réunie en urgence, dresse le constat d’un choc durable né des fronts iranien et ukrainien, la réalité nous rattrape à la pompe.

Le détroit d’Ormuz n’est plus une simple ligne sur une carte maritime ; c’est un garrot qui se resserre sur la gorge de l’économie mondiale. Avec une offre amputée de 20 % en un clin d’œil, le marché ne se contente pas de convulser : il délire. De Paris à Kinshasa, en passant par Nairobi, le pistolet à la pompe ne distribue plus seulement du carburant, il injecte un poison lent : l’inflation.

Les chiffres donnent le vertige et dessinent une géographie de la crise : +15 % sur le diesel au Kenya, +13 % en moyenne dans une zone Schengen où l’Allemagne frôle les 20 %, et un bond de 18 % au Royaume-Uni. Dans cet œil du cyclone, la République démocratique du Congo semble, pour l’heure, jouer les amortisseurs avec une hausse contenue sous les 10 %.

La perfusion : le grand retour de l’État-providence

Face au spectre d’une explosion sociale ( des “gilets jaunes” européens aux émeutes possibles à Luanda ou à Nairobi ) les dogmes libéraux volent en éclats. C’est le retour fracassant des subventions massives, cette “perfusion” financière devenue l’unique rempart, au grand dam des institutions de Bretton Woods.

L’Europe et son “quoi qu’il en coûte” : Bruxelles a ressorti les recettes de la crise sanitaire. La France et l’Allemagne subventionnent leurs secteurs vitaux à bout de bras. L’Espagne renonce à 5 milliards d’euros de recettes de TVA. Même la Belgique mobilise 80 millions d’euros pour éviter la paralysie des ménages les plus fragiles.

L’Afrique, elle, est au pied du mur : ici, on ne gère pas, on pare au plus pressé. Si Nairobi divise sa TVA par deux, Kinshasa opte pour l’électrochoc : une TVA à 0 %. L’objectif est autant politique qu’économique : bloquer l’effet domino avant que le moteur de l’économie réelle ne se grippe.

Le paradoxe du raffinage : dépendance africaine, repli européen

C’est ici que le bât blesse, et Organisation des producteurs de pétrole africains ne s’y trompe pas. Le paradoxe est cruel : l’Afrique déborde de brut, mais manque de produits finis.

Le constat dressé le 17 avril lors d’un webinaire de African Energy Commission est sans appel : sans une capacité de raffinage locale d’au moins 150 000 barils par jour et par région, le continent restera otage des soubresauts mondiaux.

Comme l’a souligné Lerato Mataboge, cette dépendance ( jusqu’à 80 % d’essence importée ) constitue une menace directe pour la souveraineté des réserves de change.

Pendant ce temps, l’Europe réduit ses capacités. Sous la pression de normes environnementales strictes et de la fin programmée du moteur thermique à l’horizon 2035, les raffineries ferment ou se transforment. L’exemple de Grandpuits illustre ce basculement : une victoire écologique, mais un affaiblissement stratégique à court terme.

Cap sur le 8 mai : Addis-Abeba, l’heure de vérité

Le prochain sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba ne sera pas une réunion de plus. Il doit marquer une riposte systémique.

Réserves stratégiques, interconnexion énergétique, accélération du solaire : le plan existe. En 2026, la transition énergétique n’est plus un luxe, mais une nécessité. L’indépendance ne se proclame plus, elle se construit.

Aldo Kamwanga/Expert et Consultant 

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