Analyses et points de vue
La malédiction des révisions en Afrique : Un regard critique sur les mandats présidentiels
Depuis des décennies, l’Afrique a été témoin d’une tendance inquiétante : la malédiction des révisions constitutionnelles pendant le deuxième et dernier mandat des présidents en exercice. Ce phénomène, bien que prétendument justifié au nom du progrès ou de la stabilité, soulève de graves questions quant à la démocratie et à la volonté des dirigeants de respecter les principes fondamentaux de gouvernance.
Alors que les présidents entament leur dernier mandat, une frénésie de révisions constitutionnelles s’empare souvent du continent, alimentée par une soif insatiable de pouvoir et une volonté de prolonger indûment leur emprise sur le pouvoir. Ces révisions, souvent précipitées et entachées de controverse, sapent les fondements démocratiques et affaiblissent la confiance du peuple en ses dirigeants.
Au lieu de consolider les acquis démocratiques, ces révisions servent souvent les intérêts personnels des présidents en place, ouvrent la voie à une concentration excessive du pouvoir et compromettent l’équilibre des pouvoirs. En fin de compte, la démocratie en souffre, les institutions s’affaiblissent et la volonté du peuple est bafouée.
Il est impératif que les dirigeants africains reconnaissent l’importance de respecter les limites constitutionnelles, de promouvoir la transparence et de garantir une transition politique pacifique et démocratique. L’Afrique mérite des leaders engagés envers le bien-être de leurs citoyens, et non obsédés par la conservation du pouvoir à tout prix.
En mettant un terme à la malédiction des révisions constitutionnelles opportunistes, l’Afrique peut enfin ouvrir la voie à une gouvernance plus responsable, à des institutions plus fortes et à un avenir démocratique véritablement prometteur. Il est temps de rompre avec ce cycle toxique et de faire place à une ère de leadership authentique et respectueux des principes démocratiques.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Actualité
Le député Jacques Djoli brandit Tocqueville : la souveraineté populaire foudroie l’imposture
L’Honorable Jacques Djoli Eseng’Ekeli n’a pas seulement démenti une rumeur : il a donné une magistrale leçon de grandeur. Par un tweet lapidaire convoquant la science, le Rapporteur de l’Assemblée nationale a refusé de descendre dans l’arène fangeuse où certains voulaient l’attirer. Il a choisi la verticale. Face à la manœuvre odieuse qui lui prêtait des propos imaginaires, il ne s’est pas justifié.
Il a surplombé, avec l’autorité souveraine de celui qui manie le droit comme on manie le glaive. Un silence calculé, puis une annonce : l’heure de la vérité sonnera, et elle sera sans appel. Car la riposte, c’est à Tocqueville qu’il la confie, élevant soudain le débat à des hauteurs où la calomnie ne peut plus respirer. Aux “chercheurs du Buzz” qui alimentent l’infamie, il assène la pensée centrale de l’article 5 de la Constitution.
Celle qui brûle toutes les impostures : “Au-dessus de toutes les institutions et en dehors de toutes les formes réside un pouvoir souverain : celui du peuple, qui les détruit ou les modifie à son gré.” Ce n’est plus un tweet, c’est un manifeste. Le pouvoir créateur, le pouvoir constituant originaire, est par essence illimité, inconditionné, indomptable. Placé au-delà des pouvoirs institués (simples créatures ), il détient la faculté sublime de tout refonder.
La faculté de briser les cadres établis et de redessiner, dans sa majesté absolue, le pacte national tout entier. Voilà la souveraineté populaire dans sa vérité nue, que le Professeur Jacques Djoli brandit comme une torche dans la nuit des manigances. Ainsi, en deux phrases et une citation, l’honorable rapporteur vient d’offrir à la nation congolaise bien plus qu’un rétablissement des faits : il lui restitue la puissance de son propre destin.
Là où les manœuvriers espéraient l’enfermer dans une polémique stérile, il leur oppose le granit des principes, rappelant que le peuple est le seul maître, le seul architecte, le seul juge. Par cette riposte éclatante, où Tocqueville éclaire le chemin de la RD Congo, Jacques Djoli Eseng’Ekeli lave son honneur sans une once d’aigreur, et du même geste réarme la démocratie avec une force conceptuelle rare. La calomnie n’a pas été vaincue : elle a été dissoute, dans la lumière d’une vérité plus haute. Magistral.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
