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« La Justice ne se mesure pas au bruit médiatique » : La réponse aux critiques de Jean-Claude Mubenga

Depuis quelque temps, Jean-Claude Mubenga multiplie les prises de position publiques particulièrement critiques à l’égard de certains membres du Gouvernement. Une posture qui, au-delà de la liberté d’expression inhérente au débat démocratique, suscite désormais des interrogations sur la cohérence de ses interventions avec les orientations défendues par le Président de la République, Félix Tshisekedi.

Mubenga s’est lui-même présenté à plusieurs reprises comme un communicateur proche du pouvoir. Dès lors, ses attaques répétées contre certains responsables gouvernementaux chargés de mettre en œuvre la politique présidentielle apparaissent, aux yeux de certains observateurs, comme une démarche pour le moins paradoxale.

Il ne saurait être question d’affirmer, sans éléments de preuve, que Jean-Claude Mubenga agirait pour le compte d’une puissance étrangère. Une telle accusation nécessiterait des faits établis. En revanche, chacun est en droit de s’interroger sur la portée et les conséquences de certaines de ses déclarations, notamment lorsqu’elles ciblent des responsables engagés dans la mise en œuvre des orientations du Chef de l’État.

Une politique présidentielle centrée sur la défense de l’intégrité territoriale

Depuis son accession à la magistrature suprême, le Président Félix Tshisekedi a fait de la restauration de la paix dans l’Est de la RDC, de la défense de l’intégrité territoriale et de la lutte contre l’agression attribuée au Rwanda et à ses alliés du M23 l’une des priorités de son action. Cette politique implique plusieurs fronts : diplomatique, judiciaire, politique, sécuritaire et communicationnel.

Dans ce dispositif, différents membres du Gouvernement sont appelés à jouer des rôles complémentaires. Le ministre d’État Guillaume Ngefa, dans le domaine de la Justice, et le ministre Patrick Muyaya, dans celui de la Communication et des Médias, figurent parmi les responsables dont les actions s’inscrivent dans la mise en œuvre des orientations du Chef de l’État.

C’est dans ce contexte que les critiques répétées de Jean-Claude Mubenga contre ces 2 responsables apparaissent particulièrement sensibles.

Guillaume Ngefa et le dossier judiciaire contre le Rwanda

Sur le terrain judiciaire international, la RDC a engagé une démarche devant la Cour internationale de Justice concernant les violations qu’elle attribue au Rwanda sur son territoire.

Cette procédure constitue l’un des volets de la stratégie de Kinshasa visant à obtenir la reconnaissance des responsabilités, la cessation des violations alléguées et la réparation des préjudices invoqués par la RD Congo.

Le 21 juillet 2026, une audience s’est tenue devant la Cour internationale de Justice dans le cadre de cette procédure. Le 4 août 2026, la juridiction internationale a ensuite rendu une ordonnance fixant les délais pour le dépôt des mémoires de la RDC et du Rwanda.

Au-delà des appréciations politiques, cette démarche mérite d’être examinée sur le terrain du droit, des faits et de la défense des intérêts de l’État congolais.

Plusieurs ministres se sont succédé à la Justice depuis 2006. Mais l’engagement d’une procédure judiciaire internationale de cette nature constitue une initiative suffisamment importante pour être évaluée à l’aune de ses enjeux et de ses résultats attendus.

Patrick Muyaya au cœur de la bataille communicationnelle

Autre cible récurrente des critiques de Jean-Claude Mubenga : Patrick Muyaya.

Dans un contexte marqué par la guerre dans l’Est du pays, le ministre de la Communication et des Médias est placé en première ligne dans la bataille de l’information et de la communication gouvernementale.

Son rôle consiste notamment à porter la parole officielle, à expliquer les positions de l’État congolais et à défendre, sur le terrain médiatique, les intérêts de la RDC face aux nombreuses narrations qui entourent le conflit.

Que l’on apprécie ou non sa méthode de communication, l’évaluation de son action devrait donc tenir compte de l’ensemble de ses responsabilités et de son mandat.

« La Justice ne se mesure pas au bruit médiatique »

Au ministère de la Justice, plusieurs réformes et actions sont par ailleurs engagées, notamment dans la modernisation de l’administration judiciaire, le renforcement de la coopération judiciaire internationale, le développement de la diplomatie judiciaire ainsi que la signature d’accords de coopération.

S’y ajoutent des initiatives relatives à la construction et à la réhabilitation de palais de justice, de prisons et de tribunaux de paix, à l’amélioration des conditions de détention ainsi qu’à l’encadrement des procédures d’arrestation.

Ces actions doivent naturellement être soumises à une évaluation critique et objective. Mais celle-ci doit reposer sur des faits vérifiables, des indicateurs précis et des résultats mesurables. C’est précisément là que se situe le débat.

Jean-Claude Mubenga semble parfois privilégier la visibilité médiatique comme principal indicateur de performance. Or, tous les ministres ne sont pas appelés à communiquer de la même manière.
Certains ont pour mission de porter la parole du Gouvernement. D’autres doivent conduire des réformes, négocier des accords, gérer des administrations ou piloter des dossiers judiciaires et diplomatiques complexes dont les résultats ne sont pas toujours immédiatement visibles dans l’espace médiatique.

La critique est légitime, les procès d’intention le sont moins

Dans une démocratie, la critique des responsables publics est non seulement légitime, mais nécessaire. Elle permet de renforcer la transparence et d’améliorer l’action publique.

Mais cette critique gagne en crédibilité lorsqu’elle s’appuie sur des faits, des documents, des résultats et une connaissance approfondie des dossiers.
À défaut, elle risque de se transformer en polémique personnelle ou en procès d’intention.

Jean-Claude Mubenga est donc en droit de critiquer l’action des membres du Gouvernement. Mais il lui appartient également d’expliquer clairement en quoi ses prises de position contribuent à la défense des intérêts de la République et à la réalisation des objectifs fixés par le Chef de l’État.

La question n’est finalement pas de savoir qui communique le plus ou qui fait le plus de bruit dans les médias. Elle est de déterminer qui produit des résultats et contribue effectivement à la mise en œuvre des politiques publiques.

Dans un contexte aussi sensible que celui que traverse la RDC, le débat public mérite mieux que des attaques personnelles : il exige des faits, des arguments, de la responsabilité et surtout une lecture objective des enjeux nationaux.

La défense de la République ne devrait pas être affaiblie par des polémiques personnelles.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET