Société
« La femme n’est pas une tendance : elle est une fondation de la société » : Lettre ouverte aux femmes et aux jeunes filles
Lettre ouverte aux femmes et aux jeunes filles
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes
« La femme n’est pas une tendance : elle est une fondation de la société »
Chères femmes,
Chères jeunes filles, futures femmes, mères, épouses et éducatrices,
En ce jour où le monde célèbre la Journée internationale des droits des femmes, je me permets de vous adresser ces quelques mots, non seulement comme un hommage à votre dignité, mais aussi comme un appel à la conscience.
Car cette journée ne doit pas seulement être une célébration. Elle doit être un moment de réflexion, de responsabilité et de réveil collectif.
Depuis des décennies, la lutte des femmes a permis des avancées importantes : la reconnaissance de leurs droits, leur participation dans les espaces de décision, leur présence croissante dans les domaines scientifique, politique, économique et culturel. La femme d’aujourd’hui n’est plus seulement spectatrice de l’histoire ; elle en est devenue une actrice incontournable.
Mais une question demeure essentielle : Quelle femme sommes-nous en train de devenir pour construire quelle société demain ?
Car si l’histoire nous a appris que la femme est source de vie, gardienne des valeurs et première éducatrice de l’humanité, notre époque nous confronte aussi à de nouveaux défis.
La République démocratique du Congo est une nation riche de ses ressources, mais surtout riche de ses femmes courageuses. Des marchés de Kinshasa aux villages les plus éloignés du pays, la femme congolaise travaille, lutte, éduque et porte souvent sur ses épaules le poids de la famille et de la société. Elle est mère, éducatrice, entrepreneure, gardienne de la vie et de la dignité.
Cependant, notre époque expose aussi les jeunes filles à des illusions dangereuses : Le monde numérique et les réseaux sociaux
En effet, le monde numérique, surtout les réseaux sociaux ont ouvert des espaces d’expression et d’opportunités extraordinaires. Mais ils ont également créé des dérives inquiétantes : la banalisation de la dignité, la recherche excessive de visibilité, la réduction parfois de la valeur de la femme à l’apparence, à l’exposition du corps ou à la validation virtuelle.
Les réseaux sociaux imposent parfois des modèles de réussite superficiels où la valeur semble se réduire à l’apparence, à la popularité ou à la recherche de visibilité.
Mais l’avenir du Congo ne se construira pas avec des illusions numériques. Il se construira avec des femmes instruites, responsables, conscientes de leur dignité et engagées dans la transformation de la société. Car la femme congolaise n’est pas appelée seulement à survivre. Elle est appelée à bâtir la nation.
La véritable valeur d’une femme ne se mesure ni en « likes », ni en abonnés, ni en tendances numériques.
Elle se mesure à son intelligence, à sa dignité, à sa capacité d’éduquer, d’inspirer et de transformer la société.
L’avenir du Congo ne se construira pas avec des illusions numériques. Il se construira avec des femmes instruites, responsables, conscientes de leur dignité et engagées dans la transformation de la société.
Car la femme congolaise n’est pas appelée seulement à survivre. Elle est appelée à bâtir la nation.
Chères jeunes filles,
Vous êtes les mères de la nation de demain, même lorsque vous ne portez pas encore d’enfant. Vous êtes les premières architectes de la conscience humaine, car la société de demain se construit aujourd’hui dans votre manière de penser, de vivre et de vous respecter.
La question n’est donc pas seulement de savoir quels droits la société vous accorde, mais aussi quelle responsabilité vous choisissez d’assumer dans la construction de la société.
Une nation ne devient pas grande uniquement par ses richesses naturelles ou ses institutions politiques.
Elle devient grande par la qualité morale, intellectuelle et spirituelle de ses femmes.
Car derrière chaque grande civilisation se trouve toujours une femme qui a su transmettre des valeurs.
Chères femmes,
Vous êtes appelées à être bien plus que des consommatrices de modernité. Vous êtes appelées à être des bâtisseuses de conscience.
Dans un monde marqué par les crises morales, sociales et identitaires, la femme doit redevenir :
– gardienne de la dignité humaine,
– éducatrice des générations futures,
– voix de la justice et de l’équilibre social.
Une femme consciente de sa valeur devient toujours une force de transformation pour toute la société. Et l’avenir de notre nation dépend aussi de la réponse que les femmes et les jeunes filles donneront à cet appel.
Le thème « Droit, justice et action » nous rappelle que les droits ne prennent tout leur sens que lorsqu’ils conduisent à une action responsable et constructive.
Le combat pour la dignité de la femme ne consiste pas seulement à réclamer une place dans la société.
Il consiste aussi à honorer cette place par la sagesse, la responsabilité et l’exemplarité.
Car une femme consciente de sa valeur ne se réduit jamais à ce qui la dégrade. Elle élève, Elle construit et Elle éclaire.
Alors, en ce jour symbolique, permettez-moi de vous poser cette question simple mais essentielle :
Quelle femme et quelle jeune fille voulons-nous être aujourd’hui pour construire quelle nation demain ?
Une nation forte naît toujours de femmes fortes dans leurs valeurs.
Puissiez-vous être cette génération de femmes qui ne se contente pas de suivre le monde, mais qui le transforme par la dignité, la sagesse et la responsabilité.
À toutes les femmes et à toutes les jeunes filles, recevez aujourd’hui non seulement des félicitations, mais surtout un appel à être les bâtisseuses conscientes de l’avenir de notre société.
Avec respect et espérance,
Régis MBUYI NGUDIE KULONDI
(Penseur, Éducateur, Consultant en Communication)
Actualité
Butembo : Les jeunes s’engagent en première ligne pour la paix après 2 jours de forum
Le Forum des jeunes pour la paix s’est clôturé ce samedi 2 mai 2026 à Butembo. Au terme de cette activité organisée par l’organisation Bénévolat pour l’enfance (Benefance Congo), tenue durant deux jours au Centre de lecture et d’animation culturelle (CLAC/Butembo), les jeunes participants ont pris l’engagement de contribuer activement à la paix et à la résolution pacifique des conflits.
« Nous avons appris à gérer les conflits de manière pacifique, et cela nous a beaucoup aidés. En tant que jeunes, nous sommes au cœur de ce qui se passe dans notre République. Nous avons donc décidé de nous impliquer davantage dans la résolution pacifique des conflits », a déclaré Onswald Mumbere, membre du mouvement Anti-gang.
De son côté, Me Héritier Vagheni, tout en remerciant les organisateurs, s’est engagé à promouvoir la paix au sein de sa communauté en sensibilisant ses pairs aux actions citoyennes.
Les organisateurs attendent désormais des participants qu’ils restituent les connaissances acquises au sein de leurs structures respectives. « Nous attendons de ces jeunes qu’ils aillent vulgariser et partager ces acquis dans leurs milieux respectifs. Ils ont été sélectionnés dans différentes structures afin de permettre une large diffusion des messages, avec l’appui également des médias », a expliqué Patrice Auma Torres, officier de projet chez Benefance Congo, dans le cadre du projet De la base au monde.
Durant ces deux jours, les jeunes ont été sensibilisés aux résolutions 1325 et 2250 relatives respectivement à Femmes, paix et sécurité et Jeunesse, paix et sécurité. Ils ont également été formés au contrôle citoyen de l’action publique (CCAP), afin de renforcer leurs compétences en matière de gouvernance, à travers notamment des travaux en groupes.
Ce Forum des jeunes pour la paix s’inscrit dans le cadre du projet « De la base au monde », mis en œuvre dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ainsi que dans la ville-province de Kinshasa, par un consortium d’organisations composé de Search for Common Ground, Benefance Congo, Justice Plus et Ebuteli, avec l’appui financier du ministère des Affaires étrangères du Royaume des Pays-Bas.
Dalmond Ndungo / CONGOPROFOND.NET
