Religion
La dérive théocratique : La RD Congo sous l’emprise des églises de réveil
Depuis plusieurs années, la RD Congo semble être confrontée à une transition inquiétante, passant d’un état laïc à une théocratie chrétienne. Cette évolution est marquée par l’influence croissante des églises dites de réveil dans les plus hautes sphères du pouvoir, soulevant des questions cruciales sur la séparation entre l’État et la religion.
Alors que la laïcité était censée garantir la neutralité de l’État vis-à-vis des croyances religieuses, les églises dites de réveil semblent exercer une emprise de plus en plus prononcée sur les décisions politiques en RD Congo. Leur influence s’étend non seulement dans les institutions gouvernementales, mais également au sein des cercles de pouvoir les plus restreints, la première institution du pays.
Cette montée en puissance des églises de réveil soulève des interrogations sur la démocratie et les libertés individuelles en RD Congo. En effet, la consolidation d’une théocratie chrétienne risque d’entraver la liberté de conscience et de culte pour l’ensemble des citoyens, en favorisant une seule vision religieuse au détriment des autres.
Face à cette évolution, il est impératif pour les autorités congolaises de garantir le respect de la laïcité et des principes démocratiques inscrits dans la constitution du pays. Il est essentiel de préserver la diversité des croyances et de protéger les droits fondamentaux de chacun, indépendamment de son affiliation religieuse. Nul besoin de faire de quel que fait que ce soit un évènement institutionnel.
Le glissement de la RD Congo vers une théocratie chrétienne, sous l’emprise des églises de réveil, constitue un défi majeur pour l’avenir démocratique du pays. Il est primordial de rester vigilant et de défendre les valeurs de la laïcité et de la liberté religieuse pour assurer un avenir respectueux des droits de tous les citoyens.
Aux désordres actuels et à l’occupation étrangère chronique, le pire serait de lancer la nation sur le sentier d’une confrontation religieuse. Les guerres continueront tant que l’homme congolais n’aura pas constaté que la nature humaine est identique à n’importe quel endroit du pays comme de la terre, et que tout le restant est un simple vernis superficiel.
Au lieu de cela, on nous enfonce dans la tête des prédications ne reposant que sur des intérêts spirituels partisans jusqu’au jour où les hommes tuent et mutilent pour leur église, leur religion, leurs opinions, leur foi. Tout cela durera tant que la politique se mêlera de ce qui ne la regarde pas en divisant la nation en groupes séparés et opposés.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Actualité
Butembo : Les musulmans célèbrent l’Aïd al-Adha dans le strict respect des mesures barrières contre Ebola
Les fidèles musulmans de Butembo, au Nord-Kivu, ont célébré ce mercredi 27 mai 2026 la fête de l’Aïd al-Adha, communément appelée Tabaski ou fête du mouton, dans le respect des mesures barrières contre Ebola afin de se prémunir contre cette épidémie.

C’est à l’esplanade de Kalemire, située dans la commune de Bulengera, qu’ils se sont réunis pour la grande prière, dans la stricte observance des gestes préventifs, selon le représentant de la communauté musulmane de Butembo-Lubero, le Cheikh Muhindo Luhavo Agayo Arafat.
« Comme vous l’avez constaté, la majorité des musulmans sont venus avec des moyens de protection tels que les cache-nez. Si vous étiez arrivés plus tôt, vous auriez vu les dispositifs de lavage des mains ainsi que le contrôle de température installés à l’entrée », a déclaré le Cheikh Muhindo Luhavo Agayo Arafat.
Cette autorité religieuse a profité de cette célébration pour appeler les fidèles musulmans à poursuivre le respect des mesures de prévention afin de barrer la route à cette épidémie de la souche Bundibugyo. Il a également insisté sur la sensibilisation communautaire, alors que les cas confirmés continuent d’augmenter à Butembo.
L’Aïd al-Adha, ou fête du mouton, est une célébration musulmane commémorant le sacrifice d’Abraham. À cette occasion, il est recommandé aux fidèles d’immoler un mouton, une chèvre ou encore un bovin, avant de partager la viande avec leurs proches et les personnes démunies dans un esprit de convivialité et de solidarité.
Le responsable de la communauté islamique de Butembo-Lubero a, par ailleurs, invité tous les musulmans à prier pour le retour de la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Dalmond Ndungo / CONGOPROFOND.NET
