Santé
*La crise silencieuse : L’impasse des professionnels de la santé en RDC face au vide des politiques publiques en matière de production pharmaceutique*
Au cœur de l’une des économies pharmaceutiques les plus lucratives en Afrique, les professionnels de la santé en RD Congo se retrouvent en proie à une réalité déconcertante : le manque criant de politiques publiques efficaces en matière de production et d’innovation pharmaceutique.
Cette carence non seulement freine le progrès médical dans le pays, mais elle ouvre également la voie à des privilèges inéquitables accordés à des proches amis de son excellence Monsieur le ministre de la santé et de la prévention Monsieur Samuel-Roger Kamba Mutamba, plongeant ainsi la nation dans une spirale de pertes multiples.
Au sein d’un marché pharmaceutique évalué en milliards de dollars, les acteurs de la santé en RDC se retrouvent confrontés à des défis monumentaux. L’absence de cadre réglementaire adéquat et transparent favorise une atmosphère où les intérêts personnels l’emportent sur la santé publique, mettant en péril non seulement la qualité des produits pharmaceutiques, mais également l’accès équitable aux soins pour la population congolaise.
Les professionnels de la santé, contactés par notre rédaction, dénoncent unanimement avec vigueur le favoritisme et la corruption qui gangrènent le secteur pharmaceutique en RDC, conduisant à des pratiques douteuses et à des produits de qualité souvent questionnable. L’absence de volonté politique pour promouvoir la recherche et l’innovation locale prive le pays d’une souveraineté médicale essentielle, le laissant dépendant d’importations coûteuses et parfois inefficaces.
Les conséquences de cette apathie politique se font ressentir à tous les niveaux de la société congolaise. Des vies sont mises en danger par des médicaments contrefaits ou de qualité inférieure, tandis que les ressources financières du pays s’évaporent dans des circuits douteux, alimentant une spirale de pauvreté et de sous-développement.
Face à ce tableau alarmant, il est impératif que le ministre de la santé et de la prévention Samuel-Roger Kamba Mutamba, première autorité concernée et personnellement impliquée par des liens familiaux, prenne des mesures urgentes pour réformer le secteur pharmaceutique, en mettant en place des politiques transparentes et équitables qui favorisent la production locale, l’innovation et la qualité des soins de santé pour tous les citoyens. L’avenir de la santé en RDC dépend de la capacité du pays à surmonter les intérêts égoïstes de l’autorité sectorielle et à œuvrer collectivement pour un système de santé plus juste et durable.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Santé
Santé maternelle : Le monde manque d’un million de sages-femmes, un défi majeur aussi pour la RDC
Plus de 3 000 sages-femmes, responsables politiques, chercheurs et acteurs du secteur de la santé issus de plus de 115 pays sont attendus à Lisbonne, au Portugal, à l’occasion du 34ᵉ Congrès triennal de la Confédération internationale des sages-femmes (ICM), qui s’ouvrira le 14 juin prochain. Au centre des débats, un constat préoccupant : le monde a besoin d’un million de sages-femmes supplémentaires pour répondre aux besoins croissants des femmes et des nouveau-nés.

Selon les dernières données relayées par l’ICM, 181 pays sont confrontés à une pénurie estimée à près de 980 000 sages-femmes. Ce déficit compromet l’accès aux soins de santé sexuelle et reproductive, aux consultations prénatales, à l’assistance qualifiée lors de l’accouchement ainsi qu’au suivi postnatal.
Pour les spécialistes, investir dans la formation et le déploiement des sages-femmes constitue l’une des stratégies les plus efficaces pour réduire la mortalité maternelle et néonatale. Une couverture adéquate en personnel qualifié permettrait de prévenir des millions de décès chaque année, tout en consolidant les systèmes de santé de première ligne et en favorisant des soins davantage centrés sur les besoins des femmes et des familles.
Un appel mondial à l’action
Placée sous le thème « Le monde a besoin d’un million de sages-femmes supplémentaires », cette 34ᵉ édition du Congrès se veut un véritable appel à l’action lancé aux gouvernements et aux partenaires techniques et financiers. Les organisateurs plaident notamment pour un renforcement des investissements dans la formation, le recrutement, l’emploi et la reconnaissance professionnelle des sages-femmes.
Un enjeu crucial pour la RDC
Cette problématique résonne particulièrement en République démocratique du Congo, où les défis liés à la santé maternelle et néonatale restent considérables, notamment dans les zones rurales et les régions affectées par les crises humanitaires et sécuritaires. L’insuffisance de personnel qualifié, les difficultés d’accès aux structures sanitaires et les disparités territoriales continuent de limiter la prise en charge des femmes enceintes et des nouveau-nés, contribuant à des indicateurs de santé maternelle encore préoccupants.
Le Congrès de Lisbonne devrait ainsi offrir une plateforme d’échanges pour partager les expériences, promouvoir les bonnes pratiques et mobiliser les décideurs autour d’un objectif commun : faire des sages-femmes un pilier incontournable des systèmes de santé et un levier essentiel pour atteindre la couverture sanitaire universelle.
Bibiche Mbete/CONGOPROFOND.NET
