Littérature
La Clinique Littéraire de Kinshasa ausculte Les Confessions d’un inadapté à l’amour des femmes
Le dimanche 14 décembre, la Clinique Littéraire de Kinshasa (CLK) a livré son diagnostic critique autour du roman Les Confessions d’un inadapté à l’amour des femmes de Guillaume Mandjolo, lors d’une rencontre tenue au Manoir Mutumbu, dans la commune de Ngaliema, à Kinshasa.
L’événement, riche en enseignements et en échanges intellectuels, a pleinement tenu ses promesses. Les participants ont bénéficié d’analyses pointues, disséminées avec rigueur et pédagogie, dans l’esprit qui fait la réputation de la CLK. L’auteur, visiblement ému, s’est dit agréablement surpris par la profondeur, la minutie et le sérieux de l’approche critique portée sur son œuvre. Le rapport diagnostic, fruit de cette séance, sera rendu public dans les jours à venir.
Fidèle à ses habitudes… mais sachant aussi s’en affranchir, la Clinique Littéraire de Kinshasa s’est exceptionnellement déplacée de sa tanière habituelle de Debhonomme, à Matete, pour investir la résidence de l’auteur, au Joli-Parc, transformée pour l’occasion en véritable salle d’opération littéraire. Objectif : passer au scalpel critique le roman de Mandjolo.
Sous la direction de son emblématique directeur, l’écrivain congolais Le Marc Bamenga, assisté de son promoteur Pat le Gouru, surnommé à juste titre le Gardien du Temple, la cérémonie a réuni un parterre restreint mais averti d’aficionados de la littérature. Ensemble, ils ont procédé à une véritable chirurgie textuelle de l’œuvre.
Esthétique, BBL critique ou méthode traditionnelle au billard — voire une tradi-pratique assumée — rien n’a été épargné à ce texte, soumis aux bistouris aiguisés de la critique constructive, marque de fabrique de la CLK. Une opération menée avec rigueur, humour et exigence, dans le strict respect des principes littéraires et éthiques.
Au final, cette rencontre s’impose comme un modèle d’analyse littéraire contemporaine, alliant rhétorique, dialectique et professionnalisme, dans une dynamique qui confère à la scène littéraire kinoise une portée résolument internationale.
Barca Horly Fibilulu Mpia
Littérature
Littérature : Ketsia Mavinga en tournée européenne, une plume engagée qui brise les barrières du handicap
De Kinshasa à Paris en passant par Bruxelles, l’écrivaine congolaise Ketsia Mavinga impose une voix singulière, portée par la résilience, l’engagement social et la foi en la puissance réparatrice de la littérature.
Contactée par la rédaction culture de Congoprofond.net, Ketsia Mavinga poursuit une tournée littéraire remarquée en Europe. Femme vivant avec handicap, elle transforme son parcours de vie en une force créatrice et militante. À travers ses œuvres et ses rencontres, elle sensibilise à l’intégration sociale et lutte contre les discriminations dont sont encore victimes les personnes vivant avec handicap.
De Kinshasa aux grandes capitales européennes, son périple s’impose comme une véritable odyssée littéraire où la parole devient outil d’émancipation.
À Bruxelles, lors d’une escale marquée par une rencontre autour du livre congolais avec Bookutani, l’écrivaine a défendu avec conviction la place de l’engagement dans l’écriture. Pour elle, la littérature ne saurait être dissociée du vécu : « Mon premier livre est né du désir de donner espoir à ceux qui traversent des moments difficiles. C’est une manière de leur rappeler qu’il existe toujours une porte de sortie », confie-t-elle. Une démarche profondément personnelle, nourrie par ses propres épreuves, et tournée vers les autres, notamment les plus vulnérables.
Cette même logique d’engagement irrigue son second ouvrage, Kodjo et le trésor de la forêt, inspiré notamment par les enfants d’un orphelinat dirigé par sa mère. Face aux interrogations existentielles de ces jeunes, Ketsia Mavinga a choisi l’écriture comme passerelle pédagogique et émotionnelle.
« L’écriture m’a sauvé la vie. À travers ce conte, je veux montrer aux enfants que la littérature peut aussi être un refuge et un chemin », explique-t-elle, convaincue du rôle thérapeutique des mots.
Son passage au Salon du livre africain de Paris, du 21 au 22 mars, a constitué un autre moment fort de cette tournée. Elle y a présenté et dédicacé son premier ouvrage, Les histoires rencontrées à raconter, tout en annonçant officiellement la sortie de son nouveau livre.
Accueilli chaleureusement par le public parisien, Kodjo et le trésor de la forêt confirme l’intérêt croissant pour une littérature africaine engagée et incarnée.
Enfin, le 27 mars 2026, Ketsia Mavinga a pris part au Salon du livre au féminin organisé au Centre culturel congolais de Bruxelles.
Une tribune supplémentaire pour cette auteure en pleine ascension, qui ne cesse de faire entendre une voix authentique et nécessaire dans le paysage littéraire contemporain.
À travers cette tournée européenne, Ketsia Mavinga ne se contente pas de promouvoir ses ouvrages : elle incarne une littérature de combat, d’espoir et de transmission, où chaque mot devient un acte de résistance et de reconstruction.
Barca Horly Fibilulu Mpia
