Culture
La Clinique Littéraire de Kinshasa a reçu l’auteur Steve Aganze, prix de la vocation littéraire, lors d’un Diagnostic d’une grande profondeur critique à la 11ᵉ Fête ne du Livre
Dans le cadre majestueux de la 11ᵉ Fête du Livre de la République Démocratique du Congo, un rendez-vous devenu incontournable pour les passionnés de littérature, la Clinique Littéraire de Kinshasa (CLK) a tenu, le jeudi 13 novembre 2025, une séance exceptionnelle de sa célèbre rubrique « Le Diagnostic ».
L’événement, organisé au Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa/Gombe, a mis à l’honneur le jeune et prometteur écrivain congolais Steve Aganze, invité pour présenter et approfondir son roman Bahari-Bora, une œuvre poignante au cœur de l’expérience humaine.
Dès l’ouverture de la séance, l’atmosphère s’est révélée électrique, portée par un public nombreux, curieux, avide d’analyse littéraire et manifestement désireux de dialoguer avec l’auteur. Les membres de la Clinique Littéraire, réputés pour la rigueur, la finesse et l’audace de leurs critiques, ont décortiqué le roman dans toutes ses dimensions : narrative, stylistique, psychologique et symbolique.
Le public a été saisi par la profondeur du thème central de l’ouvrage : l’histoire d’une femme violée, obligée de porter et d’élever un enfant né de cette tragédie, et qui doit trouver en elle la force d’aimer cet enfant au cœur de Goma, ville symbole à la fois de douleur et de résilience.
La CLK a mis en lumière la construction subtile du récit, la maîtrise du rythme, les nuances psychologiques des personnages et la capacité de l’auteur à donner voix à des douleurs souvent tues. Cette lecture critique a permis à l’auditoire d’explorer des aspects parfois insoupçonnés de l’œuvre.
Très touché par la démarche, Steve Aganze n’a pas manqué de saluer la qualité de cet exercice unique :
« J’ai énormément appris de leur manière pédagogique d’aborder une œuvre littéraire. Leur analyse m’a ouvert de nouvelles perspectives sur mon propre texte. »
Un témoignage qui a profondément ému les participants et a confirmé l’importance de ce type d’espace critique dans la valorisation de la littérature congolaise.
En intégrant Steve Aganze parmi ses invités, la Fête du Livre confirme sa vocation : donner visibilité, reconnaissance et profondeur à la nouvelle génération d’hommes et de femmes de lettres. L’édition 2025, qui a ouvert ses portes le 8 novembre et se clôturera le samedi 15 novembre, s’inscrit dans cette dynamique de promotion culturelle et de célébration du génie créatif congolais.
Le directeur de la Clinique Littéraire de Kinshasa, M. Marc Bamenga, et son promoteur, le très respecté écrivain Pat Le Gouru, ont tenu à féliciter l’auteur pour la sensibilité, l’élégance et la puissance narrative de son roman. Ils ont salué une œuvre « belle, dense et esthétiquement remarquable », et ont encouragé Steve Aganze à poursuivre avec détermination son parcours littéraire.
Ce Diagnostic restera dans les annales comme un moment d’échanges intenses, de réflexion profonde et de communion autour des mots. Un instant où la littérature a encore prouvé qu’elle pouvait panser, éclairer et unir.
Barca Horly Fibilulu Mpia
Provinces
Gemena : impatiente face au blocage du chantier de modernisation, la jeunesse hausse le ton contre IMMO-SERKAS
À Gemena, l’attente commence à peser lourd. Alors que les travaux de réhabilitation et de modernisation de la ville devaient redessiner le visage urbain, le ralentissement du chantier suscite une vague de mécontentement, particulièrement chez les jeunes.
Depuis plusieurs jours, des messages et vidéos circulent sur les réseaux sociaux pour dénoncer le retard et la qualité perçue des travaux. « Certains individus récidivistes et instrumentalisés diffusent des messages et vidéos de désinformation et désorientation à des fins inavouées », dénonce un communiqué récent de l’entreprise adressé à la population. Mais pour une partie de la jeunesse, ces accusations ne suffisent pas à masquer une frustration bien réelle.
« Depuis l’existence de cette ville, il n’y a jamais eu un seul mètre de route asphaltée », rappelle Me Rufis Enyela, coordinateur du mouvement citoyen lutte pour le changement (LUCHA) dans le Sud-Ubangi. C’est précisément cette promesse historique qui alimente l’impatience. Les jeunes de Gemena, qui espéraient voir enfin des routes praticables, des caniveaux fonctionnels et un éclairage public digne de ce nom, voient le chantier piétiner.
Selon la société IMMO-SERKAS SARL en charge de l’exécution, la responsabilité ne revient pas à l’entreprise. « Les travaux d’assainissement, de pose des bordures et le début des travaux de la chaussée sont exécutés selon les règles de l’art », affirme-t-elle. Le blocage viendrait d’ailleurs : « Cela fait près d’une année que plus de 4 factures de l’entreprise déjà introduites et ayant reçues l’avis de non-objection du Ministre des Finances, ne sont toujours pas payées par le BCECO ».

Conséquence directe : le matériel est à l’arrêt. « Plusieurs camions bennes, 33 conteneurs chargés de bitumes, les engins complets destinés à l’asphaltage proprement dit de nos routes, sont déjà importés » et restent bloqués dans les entrepôts de l’ONATRA en attente de déblocage des fonds. Pour les jeunes mobilisés, cette situation est difficile à accepter alors que les routes comme Gemena-Akula et Gemena-Songo restent « totalement impraticables ».
La colère s’exprime de plus en plus ouvertement. Certains y voient un manque de considération pour la province et une incapacité des acteurs politiques à défendre les projets locaux. « Les mêmes individus sont muets sur ces réalités beaucoup plus graves », souligne le communiqué, qui appelle à la vigilance.
Face à cette tension, l’appel à l’apaisement se fait insistant. « Restons concentrés, ne cédons pas aux informations non vérifiées et sans fondement. Notre rôle est d’assurer un atterrissage en douceur pour que Gemena bénéficie enfin de routes durables », peut-on lire.
Le message se termine sur une note d’espoir : « Gemena mérite mieux. Cela passe par la patience, la vérité et l’unité de tous ». Reste à savoir si cette patience suffira à calmer une jeunesse qui attend des actes concrets, et non plus des promesses.
Blaise ABITA ETAMBE
