Connect with us

Analyses et points de vue

La Balkanisation de la RDC n’est plus une utopie

Published

on

En 2025, le scénario cauchemardesque que redoutaient les Congolais s’est matérialisé : Goma et Bukavu, capitales provinciales du Nord et Sud-Kivu, sont désormais des protectorats déguisés du Rwanda, administrés par les terroristes du RDF/M23 avec une brutalité méthodique. Pire encore, cette occupation s’appuie sur une frange de Congolais prêts à légitimer la mainmise de Kigali.

Ils ont troqué souveraineté et dignité contre des postes dans une administration fantoche. Les rapports de l’ONU et les témoignages sur le terrain ne laissent aucune place au doute : le Rwanda construit un État parallèle, avec la bénédiction tacite ou active de collaborateurs locaux. Les experts de l’ONU ont établi que le RDF/M23 n’est qu’une façade. Le Rwanda exerce un contrôle direct sur ses opérations.

Il fournit troupes, drones, missiles sol-air, et même des instructions stratégiques pour capturer ou abandonner des territoires. Le rapport de juillet 2025 révèle que 6 000 soldats rwandais opèrent en RDC, avec des milliers d’autres en attente à la frontière. À Goma et Bukavu, le RDF/M23 a installé ses hommes à tous les leviers du pouvoir : gouverneurs, maires, douanes, et même la police.

Les mines sont pillées, les taxes perçues par des milices, et les populations déplacées de force pour « nettoyer » les zones stratégiques. Le RDF/M23 a même créé des « cours de justice » et des systèmes fiscaux illégaux, signe d’une occupation durable. Certaines figures politiques et militaires congolaises ont rallié le RDF/M23, arguant d’une « protection » contre les FDLR. Pourtant, leur rôle dépasse la simple survie.

Ils participent activement à la légitimation de l’occupation, occupant des postes clés dans l’administration parallèle. Certains hommes d’affaires et chefs traditionnels ferment les yeux sur les exactions, préférant la « stabilité » offerte par le RDF/M23 au chaos. À Bukavu, des commerçants ont même financé les milices pour sécuriser leurs routes commerciales, scellant une alliance toxique avec l’occupant.

Des voix congolaises, y compris dans les médias, répètent le discours rwandais : « Le RDF/M23 ramène l’ordre ». Pourtant, cette « paix » est un leurre : elle s’accompagne de déportations massives (1 500 civils transférés de force au Rwanda en mai 2025 ), de travail forcé dans les mines, et de la suppression de toute dissidence. Le Rwanda joue la montre avec la paix comme alibi.

Malgré les résolutions de l’ONU exigeant un retrait, Kigali a clairement indiqué que le RDF/M23 ne quitterait pas les territoires conquis. Les « accords de paix » (comme celui signé à Washington en juillet 2025) ne servent qu’à geler le statu quo, légalisant l’occupation. L’UE et les États-Unis, tout en condamnant verbalement le Rwanda, continuent de financer ses forces (43 millions d’euros pour les RDF au Mozambique, malgré leur implication au Congo ).

Cette ambivalence encourage Kigali à durcir son emprise. L’Est du Congo est le théâtre d’une tragédie où collaborateurs locaux et occupants étrangers se partagent le butin. Les Congolais qui soutiennent le RDF/M23 ne sont pas des « réalistes » : ils sont les fossoyeurs d’une nation déjà meurtrie. Leur choix n’est pas entre la guerre et la paix, mais entre la résistance et la soumission à un ordre colonial déguisé. Quand un peuple préfère les chaînes dorées de l’occupation aux incertitudes de la liberté, il signe son arrêt de mort.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Actualité

Le député Jacques Djoli brandit Tocqueville : la souveraineté populaire foudroie l’imposture

Published

on

L’Honorable Jacques Djoli Eseng’Ekeli n’a pas seulement démenti une rumeur : il a donné une magistrale leçon de grandeur. Par un tweet lapidaire convoquant la science, le Rapporteur de l’Assemblée nationale a refusé de descendre dans l’arène fangeuse où certains voulaient l’attirer. Il a choisi la verticale. Face à la manœuvre odieuse qui lui prêtait des propos imaginaires, il ne s’est pas justifié.

Il a surplombé, avec l’autorité souveraine de celui qui manie le droit comme on manie le glaive. Un silence calculé, puis une annonce : l’heure de la vérité sonnera, et elle sera sans appel. Car la riposte, c’est à Tocqueville qu’il la confie, élevant soudain le débat à des hauteurs où la calomnie ne peut plus respirer. Aux “chercheurs du Buzz” qui alimentent l’infamie, il assène la pensée centrale de l’article 5 de la Constitution.

Celle qui brûle toutes les impostures : “Au-dessus de toutes les institutions et en dehors de toutes les formes réside un pouvoir souverain : celui du peuple, qui les détruit ou les modifie à son gré.” Ce n’est plus un tweet, c’est un manifeste. Le pouvoir créateur, le pouvoir constituant originaire, est par essence illimité, inconditionné, indomptable. Placé au-delà des pouvoirs institués (simples créatures ), il détient la faculté sublime de tout refonder.

La faculté de briser les cadres établis et de redessiner, dans sa majesté absolue, le pacte national tout entier. Voilà la souveraineté populaire dans sa vérité nue, que le Professeur Jacques Djoli brandit comme une torche dans la nuit des manigances. Ainsi, en deux phrases et une citation, l’honorable rapporteur vient d’offrir à la nation congolaise bien plus qu’un rétablissement des faits : il lui restitue la puissance de son propre destin.

Là où les manœuvriers espéraient l’enfermer dans une polémique stérile, il leur oppose le granit des principes, rappelant que le peuple est le seul maître, le seul architecte, le seul juge. Par cette riposte éclatante, où Tocqueville éclaire le chemin de la RD Congo, Jacques Djoli Eseng’Ekeli lave son honneur sans une once d’aigreur, et du même geste réarme la démocratie avec une force conceptuelle rare. La calomnie n’a pas été vaincue : elle a été dissoute, dans la lumière d’une vérité plus haute. Magistral.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Continue Reading