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La BAD et l’UA signent un protocole d’accord pour mieux renforcer les capacités des institutions de l’Union Africaine
La Banque Africaine de développement (BAD) et l’Union Africaine( UA) viennent de conclure, en date du lundi 12avril dernier, un protocole d’accord afin d’appuyer les réformes qui visent à accélérer la mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine. La signature dudit protocole d’accord est intervenue entre les deux institutions représentées par Mme Monique Nsanzabaganwa, vice-président de la Commission de l’Union Africaine, et Yacine Fal, vice-président par intérim du groupe de la Banque africaine de développement chargée du développement régional, de l’intégration et de la prestation de services.
En effet, cette signature devrait normalement renforcer les efforts de l’UA en vue de mettre en œuvre l’Agenda 2063 adopté en 2015 dont la vision de l’Union Africaine reste une Afrique intégrée, prospère et pacifique dirigée par ses propres citoyens et représentant une force dynamique sur l’échiquier international.
Bien plus que cela, le Conseil d’administration du Fonds africain de développement, le guichet de financement concessionel du groupe de la Banque africaine de développement avait approuvé en février dernier un don de 11,48 millions de dollars pour le coût du projet. Et cette signature marque donc le début de la phase de mise en œuvre du projet.
L’occasion faisant le larron, la vice-présidente Nsanzabaganwa a rappelé le processus de consultations qui a abouti à la signature de l’accord suite à une série d’interactions et de consultations entre la commission de l’Union Africaine et la BAD et d’autres parties prenantes depuis l’année dernière.
Elle a confirmé que ce projet va permettre de mettre à niveau et d’automatiser plusieurs systèmes de l’Union Africaine par rapport à la gestion d’information, de passation des marchés et de la gestion financière, des ressources humaines et de la gestion des résultats. Cela permettra aussi, de combler les lacunes du système continental d’alerte précoce de l’Union Africaine, un instrument essentiel dans la prévention et la gestion des conflits et de la fragilité.De son coté, Mme vice-présidente par intérim de la banque, Yacine Fal a précisé que ce jour constitue une étape importante.
Elle a salué à juste titre l’atteinte sans laquelle la confiance mutuelle et la collaboration qui ont fait preuve tout au long du processus. Elle a signalé que parmi les priorités clés de ses deux institutions figurent l’accélération de l’intégration régionale et renforcement des capacités des institutions et des entreprises africaines.
En outre, elle a fait savoir que les investissements de la banque comblent les lacunes en matière d’infrastructures régionales, mais ils renforcent également les capacités institutionnelles de l’UA, des communautés économiques régionales, du secrétariat de l’Accord de libre-échange continental africain ainsi que d’autres mécanismes régionaux.
Notons que lors de la dite signature Mme Yacine Fal a conduit une délégation de la banque qui était composé du directeur général adjoint pour l’Afrique de l’Est, Abdul Kamara et le directeur par intérim du Bureau de coordination de l’intégration régionale, Jean Guy Afrika.
Melba Muzola/CONGOPROFOND.NET
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Esclavage des enfants : A Kananga, l’urgence d’agir face au phénomène « Bayanda »
Au cours d’une ronde effectuée par CONGOPROFOND.NET, dans la ville de Kananga, un constat alarmant s’impose : de nombreux enfants et adolescents sont livrés à eux-mêmes dans les rues. Certains, encore en âge scolaire, sont contraints de travailler comme transporteurs à vélo, communément appelés « bayanda », pour subvenir à leurs besoins quotidiens.
Ces jeunes, qui devraient être assis sur les bancs de l’école, arpentent plutôt les artères de la ville, exposés à toutes les formes de vulnérabilité. Une situation qui illustre crûment une réalité persistante, bien loin des discours officiels.

Une Journée mondiale au goût amer
Le 16 avril, à l’occasion de la Journée mondiale contre l’esclavage des enfants, cette réalité a pris une résonance particulière. À Kananga, cette journée n’a pas été une simple commémoration, mais un révélateur d’un phénomène profondément enraciné.
Des acteurs de la société civile ont saisi cette occasion pour interpeller l’opinion publique et les autorités, appelant à une prise de conscience urgente face à ce qu’ils considèrent comme une forme moderne d’exploitation des enfants.
La société civile hausse le ton
Parmi les voix les plus engagées, celle de la structure La Voix des Jeunes du Grand Kasaï (VJKA-ASBL), dirigée par sa coordonnatrice Merveille Tshibola, dénonce une situation préoccupante. Selon elle, abandonner un enfant à la rue revient à compromettre l’avenir même de la République démocratique du Congo.
Elle souligne qu’au Kasaï-Central, de nombreux enfants sont arrachés à leur environnement naturel (la famille, l’école et les espaces de socialisation ) pour être plongés dans des activités pénibles, notamment dans les marchés, les carrières ou sur les routes.
Des pratiques assimilées à une forme d’esclavage
Pour plusieurs observateurs, cette situation tend à se banaliser, au point d’être tolérée dans certaines couches sociales. Pourtant, les conséquences sont lourdes : exposition aux dangers, mendicité forcée et travaux pénibles deviennent le quotidien de ces mineurs.
La présidente provinciale du Cadre de concertation de la jeune fille rappelle que le foyer doit rester un espace de protection. De son côté, Vincent Kayembe Tshiamumanya, coordonnateur provincial de la Commission nationale des droits de l’homme, condamne fermement ces pratiques, qu’il juge inacceptables.
Un appel pressant à l’action

Au-delà du constat, la société civile lance un appel clair : la lutte contre l’esclavage des enfants ne peut se limiter à des discours. Elle exige des actions concrètes, des politiques publiques adaptées et une responsabilisation accrue des parents.
À Kananga, derrière chaque enfant exploité se dessine une crise silencieuse : celle d’une génération privée de ses droits fondamentaux. Face à cette réalité, les acteurs locaux ne demandent plus ( ils exigent ) des mesures urgentes pour protéger l’enfance et restaurer sa dignité.
Mike Tyson Mukendi / Congoprofond.net
