Actualité
Kwilu/Acquittement des agents de la CENI : « Pourquoi les élections furent-elles annulées ? », s’interroge Kin-Kiey Mulumba
L’acteur politique Triphon Kin-Kiey Mulumba s’est posé un tas de questions après la nouvelle faisant état de la libération des prévenus arrêtés dans l’affaire « Fraude électorale dans le territoire de Massimanimba ».
Le professeur Triphon Kin-Kiey Mulumba, l’un des candidats invalidés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) dans cette affaire de fraude, dit ne pas comprendre pourquoi leur réputation a été sapée, leurs ambitions freinées, dans une affaire qui s’avère nulle par la suite.
« À Bulungu, au Kwilu, la justice en Grande Instance acquitte les prévenus arrêtés dans la fraude électorale à Masimanimba. Pourquoi ces élections furent-elles annulées ? Pourquoi l’opprobre jetée sur des personnalités ? Pourquoi la CENI avait-elle fait arrêter ses agents ? », s’est-il interrogé.
Dans l’affaire « Fraude électorale », la CENI avait invalidé 82 candidats députés nationaux avant la publication des résultats.
Il est important de noter que les provinces de Kwilu, de Nord-Ubangi…manquent actuellement de gouverneurs et une partie de sénateurs.
À titre de rappel, le chef d’antenne et le logisticien de la CENI Masimanimba recouvrent leur liberté. Ils ont été acquittés au procès en appel par le tribunal de Grande instance de Bulungu.
Condamnés au premier degré (Tribunal de paix de Masimanimba) à six mois de prison et au paiement de 10.000 dollars américains de dommages et intérêts pour délocalisation d’un centre de vote lors des élections du 20 décembre dernier, les deux agents ont été innocentés par le juge d’appel, faute preuves.
Willy Theway/ CONGOPROFOND.NET
Politique
Assemblée nationale : Sous la conduite de Boji Sangara et Djoli Eseng’Ekeli, le temple des lois retrouve sa rigueur constitutionnelle
En recevant, dans le strict respect des formes républicaines, le rapport annuel de la CENI des mains de Denis Kadima, le tandem Aimé Boji Sangara – Jacques Djoli Eseng’Ekeli a offert ce mardi 14 avril 2026 une magistrale leçon de droit parlementaire. Loin des tumultes et des improvisations du passé, le Palais du Peuple démontre qu’il est redevenu le sanctuaire intangible de la procédure.
Ce mardi 14 avril 2026 restera comme l’illustration éclatante qu’un État de droit se construit d’abord par la stricte observance des gestes prescrits. En recevant officiellement Denis Kadima dans l’antre du bureau de l’Assemblée nationale, le Président Aimé Boji Sangara n’a pas seulement ouvert sa porte ; il a ouvert la session de contrôle parlementaire à l’heure exacte où la loi l’exigeait.
Accompagné du rapporteur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, orfèvre constitutionnel dont la présence suffit à garantir l’orthodoxie juridique du moment, ce binôme a transformé une formalité administrative en une démonstration de force institutionnelle : ici, au Palais du Peuple, on ne badine plus avec le calendrier de la démocratie, et chaque échéance légale est honorée avec une rigueur qui force le respect de tous les acteurs politiques.
Le dépôt des 550 exemplaires du rapport annuel — un par député national, ni un de moins, ni un de trop — incarne à lui seul la révolution procédurale silencieuse en cours. Couvrant la période stratégique d’avril 2025 à mars 2026, ce document n’est pas un simple bilan technique ; c’est la feuille de route authentifiée des prochaines échéances électorales. Dans une tradition où les documents se perdaient parfois dans les couloirs ou n’arrivaient que tronqués dans les mains des élus, la précision mathématique exigée par le Professeur Djoli et orchestrée par le Speaker Boji Sangara envoie un signal limpide : le Parlement ne délibère plus sur des rumeurs, il légifère et contrôle sur pièces.
En remettant matériellement à chaque élu la totalité de l’œuvre de la Centrale Électorale, le duo dirigeant de la Chambre basse élève le débat à venir au rang d’examen rigoureux, là où régnait hier l’à-peu-près. Cette image d’un Parlement respectueux de ses propres règles jusqu’au détail protocolaire est la plus cinglante des réponses aux sceptiques de la gouvernance congolaise. La CENI de Denis Kadima n’a pas été convoquée comme un justiciable à la barre, mais accueillie comme une institution partenaire dans le cadre défini par la Loi fondamentale.
En verrouillant ainsi la procédure, Aimé Boji Sangara et Jacques Djoli Eseng’Ekeli ne protègent pas seulement la majorité ou l’opposition ; ils protègent la République elle-même contre ses vieux démons d’improvisation. Dans une Afrique centrale en quête de repères, le message porté ce 14 avril depuis Kinshasa est d’une clarté assourdissante : quand les hommes de droit sont à la manœuvre, les institutions respirent au rythme serein et inébranlable de la Constitution.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
