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Kwango : un journaliste meurt dans la délégation du gouverneur Peti-Peti
Un membre de la délégation qui accompagne le gouverneur du Kwango dans sa tournée est décédé ce jeudi matin à Kasongo-Lunda.
Djo Nolo Mafwanikisa Mvunzi, animateur des émissions à la Radio Kimvuka na Lutondo (RKL), une station de radiodiffusion émettant à Kenge (chef-lieu de la province du Kwango), a trouvé la mort dans des conditions non encore élucidées, alors qu’il arrivait en équipe d’avance à la Cité de Kasongo-Lunda, après l’étape de Popokabaka.
Selon des membres de la délégation, l’infortuné a vomi alors que le convoi arrivait à Kasongo-Lunda et a été admis à l’hôpital général de Kasongo-Lunda. Vers la levée du jour ce jeudi 17 juin, il a rendu l’âme.
Ancien de la radio Radeco à Popo, Djo Nolo Mafwanikisa Mvunzi s’est installé à Kenge, évitant des conflits.
Les habitants de Kenge retiennent de lui un animateur de radio au franc-parler, qui disait la vérité crue sur l’évolution de la province du Kwango.
Malgré plusieurs témoignages à son hommage, des membres de la délégation du gouverneur assurent que le journaliste n’était pas dans l’ordre de mission des membres de la délégation officielle, et aurait embarqué comme tout bon journaliste à la quête de l’information.
Les responsables de la RKL de Kenge semblent également dire qu’ils n’ont pas déployé de journaliste dans la tournée du gouverneur Jean-Marie Peti-Peti.
Qu’à cela ne tienne, le président de la sous-section UNPC, Georges Kilunga, a invité les pairs journalistes dans une réunion pour échanger autour des obsèques de leur confère.
Émile YIMBU/CONGOPROFOND.NET
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Procès “des Enfants chillers” : Marie-Ange Mushobekwa réclame 3,4 millions de dollars !
Et si le mobile n’était pas seulement la justice ? La plaidoirie de la partie civile, ce jeudi 30 Avril 2026 aura duré une heure. Elle aura aussi produit un chiffre qui a fait réagir l’assistance jusqu’aux bancs de la presse : 3.400.000 dollars américains. Un million de dollars par enfant et 200.000 dollars pour chaque mère soit 7.898.200.000 CDF (taux de 2 323 CDF) c’est-à-dire sept milliards huit cent quatre-vingt-dix-huit millions deux cent mille francs congolais.
Un montant colossal, présenté comme la juste réparation de “douleurs et souffrances aiguës intentionnellement infligées”, selon les mots du conseil de Madame Marie-Ange Mushobekwa parlant au nom de toutes les parties civiles. Mais au-delà de l’effet d’annonce, ce quantum interroge. Et ouvre une brèche que les prochaines audiences ne pourront ignorer. Car le décalage est troublant. D’un côté, un récit d’horreur : torture, détention illégale, séquestration, cages à chiens.
De l’autre, un dossier médical qui, de l’aveu même du médecin traitant Docteur Yenga Mbuta Dosh Junior, ne révèle aucun traumatisme interne, aucune fracture, aucune lésion grave. Les vidéos projetées montrent des enfants certes éprouvés, mais que l’on voit debout, capables de se mouvoir, sans trace visible de saignement (alors même que la plaignante Marie-Ange Mushobekwa affirmait que ses fils saignaient). L’écart entre la gravité alléguée et les constatations objectives interroge nécessairement la proportionnalité de la demande indemnitaire.
Quatre mois de procès, et ce constat implacable : personne n’a pu désigner Philemon Mambabwa comme le véritable architecte des violences, rien ne documente un ordre explicite sorti de sa bouche, et son récit, livré avec constance depuis le premier jour, demeure à ce jour sans contradiction. Dès lors, une question s’invite dans les couloirs du prétoire : ce procès était-il mû par la seule quête de justice, ou ce chiffre de 3,4 millions de dollars soit 7.898.200.000 Francs Congolais, trahit-il un objectif plus lucratif ?
Les parties civiles ont le droit de solliciter réparation. Mais lorsque la somme réclamée semble décorrélée de la matérialité des faits établie à l’audience, c’est la crédibilité même de la démarche qui est en jeu. La défense, qui se dit prête à plaider, ne manquera certainement pas de le relever.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
