Politique
Kwango : Les coulisses du gouvernement Bitwisila…
Enfin l’équipe gouvernementale du Kwango, sous le leadership de son Gouverneur, Willy Bitwisila, est là. Une équipe qui s’est faite quelque peu attendre, mais qui, de par sa composition, met finalement tous les Kwangolais d’accord. Les cinq territoires se retrouvent, les jeunes ont leur place, la femme est largement représentée, c’est toute la classe politique de cette province qui se reconnaît dans le premier casting de Willy Bitwisila.
Mais comme tout gouvernement, sa composition n’a pas été sans coups.
Dans les couloirs de Kenge, il se raconte que le gouverneur Willy Bitwisila a refusé plusieurs noms lui proposés par les députés provinciaux, principaux partenaires politiques de sa gouvernance. Il aurait laissé aux députés provinciaux le soin de lui proposer des noms. Avec à la clé, bien sûr, des critères et des exigences. Les députés ont d’abord tenté de se présenter eux-mêmes. Chacun voulait laisser sa place à l’assemblée provinciale à son suppléant pour « aller bouffer » à l’exécutif.
Rappelés à l’ordre, les députés ont dû refaire le travail. Nombreux ont présenté des membres de famille. Pour le compte de Popokabaka, par exemple, les députés Denis Nzonkantu et le chef Ikomba auraient dû se taper les nerfs, puisque les deux voulaient chacun présenter son fils à des postes ministériels. L’ancien ministre des Finances sous Peti-Peti, qui a échoué à l’élection du Bureau de l’assemblée, et soutien du gouverneur Willy Bitwisila, aurait réussi à faire passer son propre grand-père pour le succéder à son poste. Monsieur Muhong Tshibwet Fabien. Un poste très juteux qu’il ne voulait vraisemblablement pas libérer !
Les bonnes langues assurent que le gouverneur Willy Bitwisila a subi d’intenses pressions de certaines personnalités et partis politiques, notamment la CRD et l’Udps, qui voulaient des ministères « régaliens ». Dans sa sage théorie, Willy Bitwisila a fait comprendre qu’il n’existe pas de ministère régalien, que tous les ministères étaient égaux et avaient les mêmes opportunités politiques.
Une autre difficulté que l’ingénieur technocrate a pu esquiver est la pression du parti politique ABG de Jonathan Wata, qui a cherché à bloquer la nomination de l’un de ses membres, à savoir Dr Yumba Apollinaire Tiabakwau, sous prétexte que le parti n’était pas contacté au préalable, arguant que toute nomination l’était à titre privé de l’intéressé.
Il y a aussi la nomination de madame Pétronie Vunza, la tante paternelle d’un proche au gouverneur, au poste de ministre aux affaires foncières, urbanisme et habitat, innovation des villes et tourisme. A Popo, le bastion politique de Willy Bitwisila, cette nomination n’est pas très acclamée. Pétronie Vunza est présentée dans l’opinion comme une personne qui a mené sa vie entière en dehors des choses politiques, à la faveur de sa foi brahnamiste. Pour certaines personnes, Willy Bitwisila a fait un mauvais casting sur cette femme, car elle n’est pas faite pour ce genre de travail. Cette opinion pense que le gouverneur Willy Bitwisila aurait mieux fait de nommer à la place un politicien qui l’aiderait à s’imposer à Popo-Cité, en perspective des enjeux politiques, au regard des réalités de milieu politiquement tendu. Ceux qui défendent cette thèse estiment que Willy Bitwisila a raté de donner le pouvoir à Samuel Kialungila ou à Edgar Mahunda, deux enfants terribles qui l’aideraient à tenir de main de fer la rude cité de Popokabaka.
Willy Bitwisila a simplement désillusionné certains prétendants ?
On le saura bien assez tôt! Mais les milieux politiques disent que le gouverneur du Kwango a signé finalement son arrêté sur un coup de colère, après des pressions et des caprices de certains politiciens. D’autres sources assurent que cette équipe gouvernementale est pour le gouverneur comme une théorie politique, mais qu’il va miser son activité sur ses conseillers, qui auront un grand rôle à jouer, par rapport à des ministres nommés rien que pour satisfaire les députés provinciaux et autres politiciens.
Joseph Malaba/CONGOPROFOND.NET
Actualité
Exclu pour avoir défié Jacquemain Shabani : Lady Yangotikala, le député qui prive le VPM de sommeil
L’annonce a fait l’effet d’une onde de choc dans les couloirs feutrés du Palais du Peuple. L’Honorable Lady Yangotikala Senga, élu de Kisangani sous les couleurs du regroupement AB, a été frappée le 1er avril 2026 d’une exclusion temporaire pour “dérogation à la règle de solidarité” au sein de l’Union sacrée. Son crime ? Avoir simplement exigé du Vice-Premier Ministre Jacquemain Shabani Lukoo qu’il assume son devoir de protection envers les électeurs de la circonscription PR 05.
Une requête aussi légitime que dérangeante, qui a visiblement troublé les nuits du patron de l’Intérieur et de la Sécurité. Mais loin de plier sous le poids de la sanction disciplinaire, le député de la Tshopo l’a reçue avec la sérénité des justes, prenant acte de cette mise au ban sans en reconnaître le fondement. Dans une déclaration empreinte d’une ironie mordante, l’élu a tenu à adresser ses remerciements les plus sincères… au Président du Sénat, Sama Lukonde.
“Je le remercie de m’avoir permis d’être libre d’exercer mon pouvoir constitutionnel de contrôle”, a-t-il sobrement fait savoir. Un rappel cinglant du principe fondamental de la séparation des pouvoirs et de l’immunité d’action parlementaire. Lady Yangotikala n’a violé ni la Constitution ni le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, il le martèle avec force. Il n’a fait que tendre le micro des sans-voix de Kisangani vers les oreilles d’un membre du gouvernement sourd aux grondements de l’insécurité.
Cette exclusion révèle au grand jour l’inconfort grandissant d’un exécutif allergique à la moindre question gênante, préférant museler ses propres élus plutôt que de répondre de ses actes. En assumant cette exclusion comme un brevet de liberté, Lady Yangotikala Senga s’impose désormais comme un symbole d’intrépidité. Là où les calculs politiciens du Regroupement AB espéraient éteindre une voix critique, ils ont allumé un contre-feu médiatique dont Jacquemain Shabani aura bien du mal à se dépêtrer.
Pendant que le VPM Jacquemain Shabani Lukoo cherche un sommeil qu’on devine agité, l’intrépide député de Kisangani Lady Yangotikala continue de veiller. Cette affaire rappelle cruellement que sous la coupole du Palais du Peuple, il est encore permis de préférer la défense de sa population aux soubresauts disciplinaires d’un présidium aux abois.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
