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Justice

Kwango : le journaliste Paz Miluta interdit de sortir de Kenge !

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L’épopée sur l’arrestation du journaliste Paz Miluta n’est pas loin de finir. L’effervescence des jeunes à l’issue de sa sortie de prison jeudi 10 juillet dans la soirée aura été une joie éphémère au regard des décisions et précautions prises autour de sa situation.

Les jeunes autour du CPJ et le Collectif des journalistes du Kwango, structures qui ont milité pour sa liberté n’ont pas été informés des contours de la liberté provisoire du journaliste.
CONGOPROFOND.NET vient d’être informé que le journaliste Paz Miluta a bénéficié d’une liberté provisoire assortie de quelques conditions auxquelles il doit se soumettre sans broncher. La plus importante étant le fait qu’il ne peut pas bouger de la ville de Kenge (chef-lieu de la province du Kwango), où il s’est installé depuis près de trois ans.

Le journaliste dit avoir accepté et signé les conditions pour retrouver d’abord sa liberté et discuter une fois dehors.

Mais s’il veut aller de faire soigner à Kinshasa, il doit adresser une demande expresse auprès du Tribunal de Paix de Kenge.

Il lui a également été imposé le silence sur le sujet (son arrestation). Il ne peut pas partager sur ce sujet en public (dans la rue, autour d’un verre). C’est ce que les responsables du Tripaix appelleraient « faire du triomphalisme ».
Pour les observateurs, c’est un piège qui peut se refermer à tout moment, car ces mesures de restriction sévère laissent une manœuvre à ses adversaires du Parquet de Grande Instance de Kenge pour le recoffrer à la moindre escarmouche. Déjà dans les commentaires, il se dit que Paz bénéficie d’une liberté provisoire piégée.

D’autres pensent que c’est des mesures fantaisistes mises sur papier pour contenter les magistrats du PGI qui sont déterminés à voir le journaliste croupir sempiternellement en prison. On va voir !

Émile Yimbu/ CONGOPROFOND.NET

Actualité

Responsabilité introuvable : À ce stade du procès, personne n’a établi que Philémon Mambabwa a ordonné de frapper ou séquestré qui que ce soit

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Alors que la Cour militaire s’achemine vers la phase des plaidoiries, un constat factuel s’impose avec une acuité dérangeante : en près de huit audiences, aucun témoignage ni aucune pièce versée au dossier n’a permis d’établir un lien direct et univoque entre Philémon Mambabwa et les violences physiques subies par les enfants Mushobekwa.

L’audition des deux principaux renseignants, Sakina R. et Claudien Likulia, loin de clarifier la chaîne de commandement, a plutôt semé le trouble sur l’implication personnelle du prévenu. Sakina a été formelle devant le Ministère Public : “Est-ce que Monsieur Philemon Mambabwa avait donné l’ordre de la brutalité ? Non. Les policiers ont pris leur propre initiative” a-t-elle répondu. Une déclaration capitale, prononcée par une très proche du fils aîné de la principale partie civile, qui fragilise considérablement l’accusation de complicité ou d’instruction de torture.

De son côté, si Claudien maintient avoir entendu l’expression “petite correction”, les policiers commis à la résidence affirment sous serment n’avoir reçu que l’ordre de “garder” les jeunes gens jusqu’à l’arrivée des parents. Cette absence de preuve d’un ordre explicite de violenter les enfants se double d’une zone d’ombre juridique concernant le chef de séquestration. L’audience a confirmé que Philémon Mambabwa, après avoir découvert la présence clandestine de trois garçons majeurs ou quasi-majeurs dans la chambre de sa fille mineure à 4 heures du matin, a d’abord envisagé de les faire conduire à la 7ème Direction de l’ANR – service d’investigation dépourvu de cachot.

Cependant, il est établi et reconnu par toutes les parties que cet ordre n’a jamais été exécuté. Les enfants n’ont jamais quitté la résidence. Ils ont été retenus dans la guérite, dans l’attente, selon la défense, d’une confrontation parentale à une heure décente. Philémon Mambabwa a justifié cette rétention temporaire par un souci de responsabilité : “S’il leur était arrivé quelque chose à 5h du matin dehors, j’aurais été fautif de les avoir exposés”.

Dès lors, la question centrale qui se pose à l’orée des réquisitions est la suivante : la responsabilité pénale de Philémon Mambabwa peut-elle être engagée sur la seule base d’intentions supposées ou d’un environnement sécuritaire dont il aurait mal évalué le zèle ? La partie civile martèle que les cris des enfants étaient audibles depuis le salon et que le prévenu Philemon Mambabwa aurait dû intervenir.

La défense rétorque que ce dernier, après avoir entendu les explications des filles, a réévalué la situation en temps réel et a précisément renoncé à envoyer les garçons à l’ANR pour privilégier un dialogue parental. À ce stade du procès, si le comportement des enfants et des policiers est sévèrement questionné, la matérialité des faits principaux reprochés à Philémon Mambabwa – ordre de frapper et séquestration arbitraire – reste, sur le strict plan factuel et objectif, désespérément non établie.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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