Justice
Kwango : le journaliste Paz Miluta interdit de sortir de Kenge !
L’épopée sur l’arrestation du journaliste Paz Miluta n’est pas loin de finir. L’effervescence des jeunes à l’issue de sa sortie de prison jeudi 10 juillet dans la soirée aura été une joie éphémère au regard des décisions et précautions prises autour de sa situation.
Les jeunes autour du CPJ et le Collectif des journalistes du Kwango, structures qui ont milité pour sa liberté n’ont pas été informés des contours de la liberté provisoire du journaliste.
CONGOPROFOND.NET vient d’être informé que le journaliste Paz Miluta a bénéficié d’une liberté provisoire assortie de quelques conditions auxquelles il doit se soumettre sans broncher. La plus importante étant le fait qu’il ne peut pas bouger de la ville de Kenge (chef-lieu de la province du Kwango), où il s’est installé depuis près de trois ans.
Le journaliste dit avoir accepté et signé les conditions pour retrouver d’abord sa liberté et discuter une fois dehors.
Mais s’il veut aller de faire soigner à Kinshasa, il doit adresser une demande expresse auprès du Tribunal de Paix de Kenge.
Il lui a également été imposé le silence sur le sujet (son arrestation). Il ne peut pas partager sur ce sujet en public (dans la rue, autour d’un verre). C’est ce que les responsables du Tripaix appelleraient « faire du triomphalisme ».
Pour les observateurs, c’est un piège qui peut se refermer à tout moment, car ces mesures de restriction sévère laissent une manœuvre à ses adversaires du Parquet de Grande Instance de Kenge pour le recoffrer à la moindre escarmouche. Déjà dans les commentaires, il se dit que Paz bénéficie d’une liberté provisoire piégée.
D’autres pensent que c’est des mesures fantaisistes mises sur papier pour contenter les magistrats du PGI qui sont déterminés à voir le journaliste croupir sempiternellement en prison. On va voir !
Émile Yimbu/ CONGOPROFOND.NET
À la Une
Meurtre du policier “Me Bic Rouge” : Le ministère public requiert la peine de mort contre le militaire Kaseba Katembwe
L’audience publique dans l’affaire du meurtre du policier Mumposa Ngetadidi Joslain, alias « Me Bic Rouge », s’est poursuivie ce vendredi 13 mars 2026. Le principal prévenu, Kaseba Katembwe, militaire de la Garde républicaine, continue de rejeter toute responsabilité dans ce drame.
À la barre, le prévenu a de nouveau déclaré ne jamais avoir connu la victime de son vivant. Il affirme également ne s’être jamais rendu à l’hôpital de l’Amitié sino-congolaise et nie catégoriquement toute implication dans la mort du policier.

Le ministère public évoque des témoignages accablants
De son côté, le ministère public soutient que les éléments de l’enquête contredisent la version du militaire. Selon les renseignements recueillis, un témoin cité dans le dossier, Manituka, affirme que Kaseba Katembwe et Itani Félicien se trouvaient bel et bien au poste de police Révolution au moment des faits.
Toujours selon l’accusation, les deux hommes auraient ouvert le feu sur le policier Ngetadidi Joslain, qui a succombé à ses blessures. Le corps de la victime se trouve toujours à la morgue en attendant la suite de la procédure judiciaire.
Une intervention qui vire au drame
Les faits remontent au samedi 14 février 2026, une date qui reste gravée comme un jour de deuil pour la famille de la victime.
Policier en service, Mumposa Ngetadidi Joslain, surnommé Me Bic Rouge, a été mortellement atteint par balle lors d’une intervention qui semblait pourtant ordinaire.
D’après les témoignages recueillis par la famille, le policier aurait été abattu par un militaire de la Garde républicaine.
Une tentative d’extraction forcée au cœur de l’affaire

Selon les premières reconstitutions des faits, tout serait parti de l’arrestation d’un jeune homme présenté comme Kuluna, soupçonné du vol d’une moto. Peu après son interpellation, son frère ( un militaire) se serait présenté au poste de police accompagné d’autres soldats armés afin d’exiger sa libération.
La situation aurait rapidement dégénéré en vive altercation entre les militaires et le policier Mumposa Ngetadidi Joslain, qui était alors en service au poste de police Révolution.
C’est au cours de cette dispute que l’un des militaires aurait fait usage de son arme, tirant à bout portant sur le policier, qui s’est effondré grièvement blessé.
La peine capitale requise, verdict attendu
Au regard de la gravité des faits, le ministère public a requis la peine de mort contre Kaseba Katembwe, ainsi que contre les membres présumés de son groupe, notamment Manituka Ditumene et Tambwe Kasongo.
L’audience ayant été renvoyée, le tribunal devra poursuivre l’examen du dossier afin d’établir les responsabilités dans ce drame qui a profondément choqué l’opinion à Kinshasa. La famille de la victime, quant à elle, continue de réclamer que toute la lumière soit faite sur les circonstances de la mort du policier Me Bic Rouge.
Glody Bukasa/CONGOPROFOND.NET
