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Kwamouth: Les Teke en colère après un nouveau massacre près de Kinshasa
Fatigués de « mourir dans le silence », les membres de la communauté Teke ont exprimé ce lundi à Kinshasa leur profonde indignation face à la recrudescence des violences meurtrières dans leurs villages. Dans un geste d’une rare intensité symbolique, plusieurs familles endeuillées ont transporté et déposé devant le ministère de l’Intérieur les corps de leurs proches tués ce week-end.
Une manière de forcer l’État à regarder en face une tragédie qui, selon eux, est trop longtemps restée ignorée.
Selon des sources locales concordantes, plus de vingt personnes ont été massacrées dans la nuit de samedi à dimanche au village Nkana, dans le territoire de Kwamouth, à proximité de Kinshasa. Les assaillants auraient attaqué sans distinction, semant la panique au sein de la population et accentuant un climat d’insécurité déjà lourd. Des survivants décrivent une attaque brutale, rapide, qui n’a laissé aucune chance à plusieurs familles.
La colère est désormais palpable. Les Teke pointent directement du doigt le Vice-Premier Ministre et ministre de l’Intérieur, accusé de n’avoir pris aucune mesure urgente pour enrayer ces violences qui se répètent depuis plusieurs mois. Pour eux, l’absence de réaction concrète des autorités équivaut à un abandon pur et simple.
Face à l’insécurité persistante, de nombreux habitants n’ont eu d’autre choix que de fuir. Certains ont traversé le fleuve Congo pour trouver refuge en République du Congo, laissant derrière eux maisons, terres et espoirs d’un quotidien paisible.
La communauté Teke lance désormais un appel pressant au gouvernement : agir sans délai, protéger les civils et mettre fin à ces tueries qui se déroulent dans une dangereuse indifférence.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET