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Analyses et points de vue

Kiseguro, un nouveau Kishishe : le silence complice face au carnage du RDF/M23

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Le sang des innocents coule encore dans l’est de la RD Congo ce 5 Août 2025. À Kiseguro, dans le territoire de Rutshuru, plus de 200 civils ont été massacrés en juillet 2025, selon des sources locales et des organisations de défense des droits humains sous le regard impuissant mais complice de la fameuse communauté internationale. L’heure n’est plus aux condoléances mais à la justice.

Un bilan macabre qui rappelle les horreurs de Kishishe, et qui expose, une fois de plus, l’impunité criminelle dont jouit le RDF/M23, ce mouvement terroriste rwandais. Ce massacre, d’une brutalité inouïe, exige une réponse internationale immédiate. Pourtant, le silence assourdissant des instances régionales et onusiennes laisse craindre que ces victimes ne rejoignent la longue liste des oubliés de l’histoire. Ce crime prémédité est une stratégie de terreur.

Les témoignages recueillis décrivent une opération systématique : des hommes, des femmes et des enfants, pour la plupart des agriculteurs, traqués comme du bétail, exécutés sommairement ou torturés. Le RDF/M23, sous couvert de traquer les rebelles hutus des FDLR, a transformé Kiseguro en un abattoir à ciel ouvert. Les corps, mutilés, abandonnés dans les champs ou entassés dans des fosses communes, racontent l’indicible.

Certains survivants évoquent des scènes de torture, des otages forcés à assister à l’exécution de leurs proches avant d’être libérés – ou liquidés. Ces méthodes ne sont pas nouvelles. Depuis des mois, le RDF/M23 multiplie les exactions : exécutions extrajudiciaires à Goma, centres de détention clandestins où règnent la torture et les disparitions forcées, déplacements massifs de populations.

Pourtant, malgré les preuves accablantes, la communauté internationale se contente de timides condamnations, tandis que Kigali continue de nier son implication, malgré les rapports accablants d’ONG et d’experts. Où est la MONUSCO, dont le mandat est pourtant de protéger les civils ? Où est la Force régionale de l’EAC, dont les soldats sont cantonnés dans leurs bases alors que les massacres se multiplient ?

Où est la SADC, dont les promesses d’intervention tardent à se concrétiser ? La RDC doit exiger, sans délai, la création d’une commission internationale indépendante, composée de la MONUSCO, de l’EAC et de la SADC, pour enquêter sur ce crime contre l’humanité. Kinshasa ne peut plus se contenter de dénoncer : il doit user de ses prérogatives constitutionnelles pour exiger des actes.

Le gouvernement congolais, s’il n’a plus d’autorité sur ces zones occupées, a le devoir de porter ce dossier devant la Cour pénale internationale (CPI), dont le procureur a pourtant annoncé, dès 2024, une enquête sur les crimes du Nord-Kivu . Pourquoi ce silence ? Ce massacre n’est pas un « dommage collatéral » de la guerre. C’est une stratégie délibérée de terreur, visant à vider les territoires conquis de leurs habitants, pour mieux les contrôler.

Le RDF/M23 et ses parrains rwandais jouent la montre, comptant sur la lassitude médiatique et la realpolitik des grandes puissances, plus soucieuses de minerais que de vies humaines. La RDC doit rompre ce cycle infernal. Elle doit exiger une enquête internationale indépendante, avec des experts neutres, pour identifier et poursuivre les commanditaires.

Elle doit porter plainte devant la CPI, en s’appuyant sur les preuves déjà recueillies par HRW et Amnesty et sanctionner diplomatiquement le Rwanda, en mobilisant l’Union africaine et l’ONU pour un embargo sur les soutiens militaires à Kigali et restaurer l’autorité de l’État, en conditionnant toute négociation avec le RDF/M23 à son désarmement total et au retrait rwandais.

Les Congolais en ont assez des communiqués de condoléances et des promesses non tenues. Kiseguro ne doit pas devenir un autre Kishishe, un crime de plus noyé dans l’indifférence. Plus jamais ça ? La communauté internationale a une dette envers la RDC : celle de la justice. Le temps des mots est passé. Celui des actes est urgent.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Analyses et points de vue

RDC : Quid de la réinsertion familiale et la protection des enfants ? (Par Zagor Mukoko Sanda)

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Le profil social de Kinshasa est caractérisé par la pauvreté, les inégalités, les disparités dans les conditions de vie entre les différentes couches de la population. Dans la Ville de Kinshasa, on compte plusieurs catégories de groupes vulnérables : enfants et femmes en situation difficile, personnes du troisième Age, personnes vivant avec le VIH, personnes avec handicap, déplacés, malades mentaux, les personnes victimes de sinistres et calamités naturelles.

Les activités dans ce secteur sont assurées par le Ministère des Affaires sociales, en partenariat avec les Organisations non gouvernementales avec l’appui des organisations humanitaires internationales. Ces activités visent principalement l’assistance sociale, la récupération, la réinsertion socio-professionnelle.

En optant pour l’accompagnement des acteurs sociaux dans le travail social , le CEPEF s’est orienté principalement dans l’analyse des phénomènes sociaux et des pratiques professionnelles ,la vulgarisation des normes et standards de prise en charge des enfants en situation difficile et les activités de renforcement des capacités des acteurs sociaux dans le domaine de réinsertion et la protection des droits des enfants et leurs familles dont certaines ont élues domicile dans la rue.

CEPEF, structure de réflexion pour des pratiques innovantes

Il faut noter que le CEPEF est une organisation non gouvernementale initiée par les Chercheurs, les Experts en travail social qui œuvrent pour la promotion des droits et la protection de l’enfant et de la famille et la réinsertion socioéconomique des enfants et jeunes de la rue.

Le CEPEF a pour ambition de faire le point sur les savoirs et des pratiques professionnelles du travail social au profit de ses bénéficiaires. Il se focalise sur les rôles et les fonctions des travailleurs sociaux dans les structures publiques et dans celles du mouvement associatif congolais. Le CEPEF s’appuie sur les réalisations professionnelles dans une perspective actualisée qui permet d’entrevoir ce qui est effectivement reconduit aujourd’hui et ce qu’il faut impérativement faire advenir demain pour une coresponsabilité dans la protection de l’enfant dans la société.

Le Processus de Réinsertion

Un des objectifs du CEPEF est, d’une part, de renforcer les compétences de l’acteur social à mieux accompagner l’enfant en rupture familiale à s’intégrer réellement dans la société et rétablir la relation entre cet enfant et dans sa famille grâce au processus de réinsertion « IDMRS » à travers la scolarisation, l’intégration des enfants dans les différents mouvements de jeunesse.

A propos de l’aspect « rétablir la relation entre l’enfant et la famille « , il importe de faire remarquer qu’il renvoie au départ de la relation entre l’enfant et l’éducateur social ou l’assistant social. Le premier contact avec l’enfant, selon les acteurs sociaux, est très déterminant car il peut favoriser la réussite du processus en cas d’acceptation mutuelle. Pour parvenir l’acteur social utilise ses techniques professionnelles de base marquées par sa disponibilité à savoir : l’observation, l’entretien et l’écoute. Grace à l’identification de l’enfant, le travailleur social prend connaissance de l’enfant puisque ce dernier est appelé à décliner son identité, celle de ses parents, ses ambitions et son problème.

Par les enquêtes sociales, l’acteur social prend connaissance de la famille biologique ou élargie, jauge la possibilité de réunification familiale, établit un contact direct avec la famille, cherche l’implication effective de la famille au projet de réinsertion à court ou long terme de l’enfant.

Le processus de réinsertion demande beaucoup des moyens humains, matériels et psychologiques. Chaque enfant est un cas qui demande des moyens selon la gravité de sa situation car chaque enfant à son histoire spécifique.

Suivi psychologique pour les violences

Les cas les plus difficiles pour l’aboutissement de la réinsertion sont dans l’accompagnement psychosocial des enfants victimes des violences psychologiques, verbales ou physiques. L’apport des psychologues cliniciens est très déterminant pour redonner la confiance en soi annulée. L e CEPEF s’appuie l’expertise de l’équipe des psychologues cliniciens sous la responsabilité de la Sœur Professeur Jacky BUKAKA PhD et de la CT Etiennette Mukwanga.

La formation continue ou le renforcement des capacités est très indiqué, gage d’un bon résultat dans la protection de l’enfant dans les centres d’hébergement du territoire.

Zagor Mukoko Sanda

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